^4^fT^^ Smithsonian fc: ^ Institution ^S(^^J^ Libraries Gift of (Dr, T. Christian and (Betty T^liompson 1 T S LES INSECTES TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE D'ENTOMOLOGIE COMPÏIENANT L'HISTOIRE DES ESPÈCES UTILES ET DE LEURS PRODUITS DES ESPÈCES NUISIBLES ET DES MOYENS DE LES DÉTRUIRE L'ÉTUDE DES MÉTAMORPHOSES ET DES MŒURS LES PROCÉDÉS DE CHASSE ET DE CONSERVATION PAR MAURICE GIRARD Docteur es sciences naturelles Ancien délé,t;iié île l'Académie des sciences Hrofesseur de sciences physiques et naturelles au Collège municipal Rollin ProfesseiU' de zoologie appliquée à l' École d'horticulture de Versailles «-n'ic" jirQ-;.l..it de la Société eutomologique de France Secrétaire du Conseil dt la Société zoologique d'acclimatation Lauréat de la Société centrale d'agriculture de France, etc. HYMENOPTERES TERÉBRANTS M AGROLÉPIDOPTÈRE S TEXTE TOME III — FASCICULE PREMIER (PAGES 1 A 640) PARIS LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE et FILS RUE UAUTEFEUILLE, 19, PRÈS DU BOULEVARD SAINT-GERMAIN 1882 Tous droits réservés. I Prix du TOME III, Fascicule 1 : Figures Toires, 20 fr.— Figures coloriées, 40 fr. Déjà publié : tome I" , les Coléoptères, 1 vol. in-8 de 800 p.'^vec Allas de (iU pi., lig. col., OOfr. — fig. noires, 30 fr. — Tome II, les Orthoptères et les Névvoptéres, 1 vol. iii-S de 850 p. avec Allas de !5 pi., lig. col,, 30 fr. ;fig. noires, 20 fr. — Sous presse : Xome III, 2" fasc paraîtra en 1882. -' s O '^ " Ai h; '/ TRAITE D^ENTOMOLOGIE ORDRE HYMENOPTERES llyniiénoptcrcK férébrants à abdomen pédicule. Tribu des ClIRYSIDlENS. Les Clirysidiensont été appelés Guêpes dorées en raison de leurs vives couleurs, qui en font les plus beaux Hyménoptères, non par la forme, qui est assez ramassée et trapue, mais par l'éclat métallique de leur tète et de leur thorax, ordinairement verts ou bleus, et de l'abdomen, le plus souvent d'un rouge de feu, ou d'un bronzé doré rappelant les cuirasses les plus éclatantes. Ces insectes sont répandus par toute la terre et ne renferment qu'un petit nombre de genres. On trouve les espèces de notre pays du milieu d'avril à la fin de septembre. On voit ces jolis insectes, sans cesse en mouvement, parcourir les troncs d'arbres et les creux de l'écorce, courant sur les murs, les palissades, sur les fleurs et les feuilles, surtout celles des Ombellifèrcs, les terrains pierreux exposés à l'ardeur du soleil, avec une agitation rapide et alternée des antennes, caractère que nous retrouvons chez les Hyménoptères enfo- mophages, parasites carnassiers inférieurs des insectes vivants, et qui indique des espèces en quête perpétuelle d'une proie animée. Au moindre bruit, les Chrysidiens s'envolent vivement, et, en cas de danger et comme moyen de défense, se roulent en boule plus ou moins complète, de façon à offrir partout à l'ennemi des surfaces dures et polies sur les- quelles glissent les mandibules et s'émousse l'aiguillon. Le péril passée 2 HYMÉNOPTÈRES. ils fuient très-vite. L'abdomen est le plus souvent creux en dessous et s'applique contre la poitrine ; les pattes se logent sous une saillie du thorax, les antennes se replient dans une cavité de la face, les ailes seules restent en dehors et se placent l'une contre l'autre. On peut dire que les Chrysidiens établissent un passage, dans les Hyménoptères à abdomen pédicule, entre les Aiguillonnés et les Téré- brants, et appartiennent réellement à ces derniers. Le nombre véritable des anneaux de l'abdomen est plus grand que le nombre apparent, car les derniers, rudimentaires, rentrent invaginés, chez les femelles, les uns dans les autres, comme un tuyau de lunette, ne s'allongcant en tube flexible qu'au moment de la ponte ; d'où le nom de Tubulifères de Lepeletier de Saint-Fargeau. Au bout de ce tuyau rétractile est un dard, qui semble au premier abord un aiguillon, car il perce notre peau dans les grandes espèces de Chrysidiens, mais qui est en réalité une tarière de ponte, car il ne s'y joint pas de glandes à venin (West- wood). De même la tarière de certains Iclmeumoniens, ainsi les Ophions, pique, mais sans venin. La tarière-aiguillon offre les pièces habituelles à cet organe, qui est le même anatomiquement dans tous les Hyméno- ptères : deux fourreaux ou valves, divisées en deux pièces placées à la suite l'une de l'autre; une pièce moyenne ou organe de ponte, le (jur- geretj formée de deux gouttières soudées ; et enfin deux stylets pointus {spicules de Westwood), qui glissent dans une rainure de la pièce moyenne. Latreille plaçait les Chrysidiens à l'extrémité de ses Pupivores. Ils se rattachent en efiet aux Ichneumoniens, et surtout aux Braconiens, par la nervation des ailes supérieures, et à certains genres de ces derniers par la forme de l'abdomen, le nombre d'anneaux de la portion dorsale, la forme et les dents du métathorax; aux Chalcidiens, par les antennes coudées, les ailes postérieures sans nervures, les couleurs générale- ment métalliques; aux Proctotrupiens, par la forme tubulée de l'ovi- scapte, et aussi par l'absence de nervures aux ailes postérieures, et ressemblant notamment au genre Dryimis. Le régime des Chrysidiens en fait des parasites carnassiers des Hymé- noptères sous leur premier état. Leurs larves, pseudo-parasites des nids, y vivent, soit aux dépens des larves des Apiens et des Vespiens qu'elles dévorent, soit des provisions d'insectes, de larves molles anesthésiées, de IHicerons, rassemblées dans les nids par les femelles des Euméniens, des Crabroniens et des Sphégiens pour la nourriture de leurs propres larves. On voit les femelles entrer à reculons dans les nids (posture de ponte), et déposer leur œuf, soit contre la paroi de la cellule de l'Apien et caché sous la pâtée, soit sur une larve déjà grande et sur le dos de laquelle on ne tarde pas à voir une larve de Chrysidien qui la ronge. On a trouvé par exception des larves de Chrysidiens provenant d'd'ufs pondus sur le corps de fausses chenilles de. Tenthrédiniens, et qui avaient vécu aux dépens des tissus de ces fausses chenilles : ainsi des larves du Nematus Grossulariœ pour lesClepfes scmi-aiiratus et nitidulus CHIiYSIDIENS. 3 et pour ÏOmalus auratus. Les femelles de Clirysidiens n'ont aucune ana- logie trompeuse de parure avec les mûres de leurs victimes, guettent leur absence pour entrer dans les nids, et subissent leurs attaques en se rou- lant en boule, si elles sont surprises. On a cité, très-exceptionnellement, le Chrysis igiiita, Linn., parasite d'un Coléoptcre buprcsticn, le Ptoshna novcmmaculata {Ami. Soc. cntom., 2^ sér., 1869, t. VIF, Bull. p. xxviii). Les mâles des Clirysidiens sont plus courts et plus étroits que les femelles ; leur anus est mutiquc et non tubifère ; le nombre des segments apparents de leur abdomen est parfois plus grand que dans les femelles d'un même genre : ainsi li dans les Parnupes, contre 3 des femelles, 5 dans les Clopfrs, contre li des femelles. Les femelles sont plus grandes et plus robustes, mais ont rarement d'autres couleurs que les mâles. Leur anus est muni d'un tube annelé, retraclile, de segments supplé- mentaires, terminé par un style (tarière-aiguillon), et pouvant s'étendre d'une longueur égale à la moitié ou à la totalité de la longueur du corps, ou plus encore. Cette disposition, qui permet la ponte dans les profondeurs reculées des nids, explique le nom de Tubulifères donné par Lepeletier Si-Fargeau aux Chrysidiens. Les Clirysidiens ont été vus très-rarement en copulation ; on cite toutefois dans ce cas les Cleptes semi-auratus, Hcilychrum lucidulum, Hoopyga ovata et Chrysis ignita. La durée ordinaire de la vie de ces Hyménoptères est d'un an. Leurs œufs sont ellipsoïdaux et pâles, leurs larves apodes et subvermiformcs, leurs nymphes tantôt nues, tantôt en cocons. Dalilbom, d'après les caractères des pièces buccales, la forme du der- nier segment dorsal apparent de l'abdomen et les ongles des tarses, a divisé les Chrysidiens en six familles, dont les types sont les genres : Cleptes, Elampns, Hedyclnum, Chrysis, Euchrrvus et Parnopes. G. Dalil- bom groupe circulaireinent tous les Chrysidiens autour du genre Chrysis placé au centre. Il remarque que le genre Parnopes établit une transition aux Apiens ou genre Apis de Liniueus, et le genre Omnlus aux Chalcidiens ou genre Chalets, Fabr. f 'araef CI-OS généraux. — Corps de taille médiocre, petite ou très-petite, ovalaire oblong ou arrondi, glabre ou pubescent, ponctué, le plus souvent voûté en dessous en demi-cylindre ou presque en demi-sphère, parfois subcylindrique en dessous (Clcptos). Tête arrondie et subtrian- gulaire, de la largeur du thorax ou plus large, avec le chaperon frans- versc et court, le front et le vertcx déprimés-convexes. Antennes géni- culces et filiformes, rapprochées à leur insertion, qui se fait presque à l'ouverture de la bouche ; sur les sujets secs, souvent courbées et plus ou moins enroulées. Trois ocelles en triangle sur le vertex ou en ligne courbe; yeux latéraux, très-entiers, ovales et plus ou moins saillants. Labre petit, tantôt subsemilunaire, tantôt linéaire et obtus, le plus sou- vent caché et plus ou moins cilié, à bord sous-apical; mandibules le plus souvent trigones, incisées au bout, tantôt à deux ou trois crans, tantôt U HYMÉNOPTÈRES, denticulées; maxilles ordinairement cornées et peu prolongées; lèvre le plus souvent membraneuse, petite et conique, portée sur un menton subcylindrique souvent rétréci à la base. Dans le genre Parnnpcs, mâ- choires et lèvre très-allongées et avancées en rostre grêle et filiforme, bifide au bout de la lèvre, ressemblant à la trompe des Apiens et réflé- chie au repos sous la poitrine; palpes grêles, les maxillaires de la plu- part de cinq articles et plus longs que leslabiauv, qui en ont deux ou trois ; dans les Parnopes les palpes des deux sortes sont biarticulés et très-petits, comme de courtes soies rigides. Thorax subcylindrique, plus ou moins convexe, tronqué en arrière; écusson et poslécusson tantôt mutiques et convexes, tantôt coniques, tantôt mucronés; méta- notum diversement rugueux, ayant l'angle latéral postérieur prolongé de chaque côté en dent ou en éperon. Ailes à peu de nervures et sur- tout de cellules, les antérieures n'ayant d'ordinaire que trois cellules complètes, lacostale, une cubitale, une discoïdale;lacelluleradialeleplus souvent ouverte au sommet et très-rarement fermée, les autres cellules discoïdales et cubitales oblitérées ; les ailes inférieures n'ayant qu'une seule cellule costale étroite et obsolète et très-peu de nervures. Pattes propres à la course et de longueur médiocre, les jambes tantôt mutiques, tantôt munies de soies ou d'épines, les antérieures avec un calcar unique, les postérieures avec deux; tarses à articles subfiliformes et munis d'ongles très-caractéristiques, mutiques en dessous, ou unidentés, ou serrulés ou pectines. Abdomen d'aspect subsessile, à très-court pé- dicule, ovale, arrondi, ou subcarré, ou subhémisphérique, convexe en dessus, plan et bordé en dessous et paraissant concave et voûté après la mort par la dessiccation des viscères, convexe dessus et dessous chez les Cleptes; segments apparents le plus souvent au nombre de 3, parfois It ou 5, d'autant plus développés, surtout le second, qu'ils sont moinsnombreux. Le troisième segment, qui est d'ordinaire le dernier segment dorsal apparent, est le plus souvent très-caractéristique par son bord apical, tantôt entier [Hedychrum), tantôt légèrement excisé en son milieu (Elampus), très-souvent découpé en arrière en plusieurs dentelures {Chrysis, Pyria, Stilbuin). On remarque parfois en outre, au bout de ce troisième segment, un bourrelet très-saillant (Stilbitm) et suivi d'une rangée de très-gros points, simulant un quatrième anneau. La bibliographie des Chrysidiens est peu nombreuse. On consultera : G. Dahlbom, Monograplna Chrysididarum Sueciœ, 1829. — W. E. Shuc- kard. Description of the (iencra and Specirs of the Brilish Clirysididœ {Ëntom. Maijaz., 1837, IV, p. 156-177). — Wesmacl, Xolicc sur Us Chry- sides de Bclyique {Bulletin Acud. royale des sciences et belles-lettres de Bruxelles, 1839, VI, !'<= partie, p. 167 à 177). — Arnold Fiirster, Eine Centurie neuer Hymenopleren ( V erhandlungen des naturhistorischen Vereines der preussischcn Rheinlande und Westfalens, Bonn, 1853, t. X, b. Neue Arten aus der Familie der Chrysiden (genres Chrysis et Hedychrum, nombreuses espèces nouvelles), p. 30i et suiv. — Fr. Smith, A Révision CLEPTES. 5 of the Hymenopterous gênera Ci.eptes, Paiînopes, Anïiiracias, Pyria and Stu.bum, ivith Descriptions of new species of two gênera, and aho of neiv species of the genus Curysis fmm Xorlh China and Australia {Trans. Soc. Entomol. of London, 187/i, \[|I). — G. Dalilbom, Hynienoptera eurupœa, prœcipue borealia, Berlin, 185/t, t. 11. Ce volume traite des Chrysides de tous pays, européennes et exotiques, contrairement au plan général de l'ouvrage ; c'est une monographie complète des clirysidiens ou du genre Chrysis de Linnanis, accompagnée de bonnes figures sur cuivre et sur bois. — Fr. Chevrier, Description des Chrysides du bassin du Léman, in-8°, Genève, 1862. Nous citerons aussi un catalogue utile pour tous les Hyménop- tères : L. Kirchner, CatnJogus Hymenopterorwn Europœ, Vienne, 1867, et 0. Radoszkovsky, Énumération des: Chrysides de Russie (Hnra> Soc. ento- molog. liossicœ, Saint-Pétersbourg, t. III, 1865-1866, p. 'J95 à 310). GENRES PRINCIPAUX. C'LKPTE**, Fabr. — Corps oblont,'. Antennes insérées tout près du bord extrême de la bouche. Mandibules très-fortes, tridentées à leur sommet. Prolhorax en cou allongé, plus étroit que la tète et le niésolliorax; poslécu:son en gros point convexe. Ailes avec une cubitale large et courte et une discoïdale très- petite. Pattes à cuisses renflées et un peu comprimées : crochets des tarses avec une dent en leur milieu. Abdomen en forme de toupie, de 4 segments apparents chez les femelles, 5 chez les mâles. Les espèces du genre Cleptes sont rares, et les mâles d'autre colora- tion que les femelles. Nous citerons C. nitiduhis, Fabr. (pi. lxxvi, fig. i I, femelle), ayant la tête et les antennes noires ; le prothorax d'un brun jaunâtre assez clair, le mésothorax d'un noir brillant, le métathorax, avec l'écusson et le postécusson, d'un bleu plus ou moins verdàtre ; les ailes enfumées, avec des écailles brunes ; les cuisses noires, les jambes elles tarses fauves; l'abdomen a\ecles trois prerrtiers segments fauves, le quatrième noir ; l'oviscapte plus court que l'abdomen. Le mule a la tète, le thorax et ses côlés entièrement bleus^ souvent tour- nant au violacé, rarement au vert, les écailles bleues ou verdâtres, les cuisses bleuâtres ou verdâtres, l'abdomen fauve, avec le segment U bleu en partie, et le segment 5, qui est petit, bleu ou noirâtre. Le C. semi-auratus, Fabr. a le mâle très-semblable à celui de l'espèce pré- cédente et souvent confondu avec lui; la femelle avec la tète d'un vert doré, les antennes eu partie cuivrées et fauves, le prothorax et le méso- thorax très-cuivrés, comme la tète, le métathorax bleu, le reste de l'insecte comme la femelle précédente. Ces deux Cleptes, de France, de Belgique, de Suisse, des îles Britanniques, se montrent ça et là, principalement autour des habitations, et se trouvent parfois en abon- 6 HYMÉNOPTÈRES. dance dans les jardins plantés en Groseilliers épineux, car leurs larves vivent aux dépens de celles des Némates, qui dévorent les feuilles de ces arbrisseaux. 11 y a quelques autres Clcptes d'Europe et un du Brésil. HEDVCHRr.'H, Latr. — Corps plus court, plus large et plus aplati que chez les C/irï/sfs. Mandibules larges, avec le sommet bidenté, déserte qu'elles semblent tridentées au côté interne. Palpes maxillaires beaucoup plus lonijs que les labiaux. Angles externes du métathorax très-aigus ; écusson sans prolonge- ment. Atrophie presque complète des nervures de la seconde moitié des ailes antérieures. Crochets des tarses bifides à leur sommet; parfois l'une des divi- sions plus forte que l'autre et légèrement dentelée [H. ardens et roseum). Abdomen large, subhémisphérique, de trois segments apparents, le bout du troisième arrondi et sans dentelures. Les Hédychres comptent vingt-cinq espt^ces en Europe, dont une douzaine en France, et des espèces exotiques, d'Algérie, du Brésil, d'Asie Mineure, du Chili, du Cap. Les différences sexuelles sont peu saillantes ; l'oviscapte des femelles, bien que très-extensible chez les insectes vivants, est à peine visible après la mort. Une des espèces des environs de Paris, de Belgique, de Suisse et très-répandue en Europe, est 17/. lucidulum, Fabr. (syn. nv/m?;i, Fabr., pour le mâle), de 5 à 8 millim., à larve dévorant les larves des Osmies et de Chalicodoma muraria. La tète est bleue ou verdàtre, ainsi que les antennes ; le pro- thorax et le mésothorax d'un doré cuivré, pur et brillant, l'écusson, le postécusson et le métathorax bleus ou verdàtres ; les ailes enfumées ; les pattes d'un bleu verdàtre, à tarses bruns; l'abdomen d'un doré cuivré, finement ponctué. Il y a des sujets de beaucoup plus grande taille, où le bleu domine, sans mélange de vert. Se trouve surtout sur les fleurs des Ombellifères. Cette espèce est aussi de toute l'Algérie, au printemps et dans une grande partie de Tété. Une petite espèce, de ix à 6 millim., de France, de Belgique, de Suisse, est 1'//. ardms, Latr. (flg. 10, pi. 1.XXVI, sa mandibule), espèce en entier d'un vert doré brillant. D'après Chevrier, cette espèce n'est autre que H. minutum , L. S'-F., parasite du Tachytes unicolor. Citons encore, de France et de Suisse, H. cœrulescenSy L. S'-F., en entier d'un bleu verdàtre et violacé, sansreflet doré ou pourpré, et H. roseum, Hossi, de France, de Bidgique, de Suisse, d'Allemagne, d'Italie, qu'on recoimaît immédiatement à son abdomen d'un rouge de brique, rarement un peu rosé. CllRYt4l«it, Linn. — Mandibules variables, soit munies d'une deut au côté interne, soit simples. Palpes maxillaires de cinq articles, labiaux de trois; trompe rarement visible. Angles externes du métathorax précédés souvent d'une fissure transverse. Ilésoau de l'aile nettement dessine; la radiale géné- ralement fermée, la cubitale peu allongée, non fermée, la discoïdale se ter- CHRYSIS. 7 minant en pointe. Crochets des tarses simples. Abdomen subcylindroïde, à ventre plus ou moins concave, formé de trois segments apparents, le troisième à sommet très-variable, soit entier, soit sinué, soit angulé, soit muni d'un nombre variable de dents. Les Chrysis forment de beaucoup le genre le plus nombreux en espèces des Chrysidiens. Les mâles ressemblent tout à fait aux femelles: on reconnaît celles-ci à l'oviscaple, toujours un peu visible. Il y a près de cent espèces en Europe, dont plus de cinquante en France. D'autres sont d'Egypte, d'Asie Mineure, d'Algérie et du Maroc, de Guinée, d'Afrique australe et du Cap, des Indes orientales, de .lava, de Madagascar, des États-Unis, de la Havane, de la Guyane, du Brésil, du Chili. Une des espèces les plus communes dans toute l'Europe est C. ignita, Linn., de 7 à 12 millim. (pi. Lxxvr, 9 a, antenne; 9 b, mandibule; 9 e, lèvre inférieure et palpes). La tête est bleue, avec la face verdàtre, le thorax bleu et souvent nuancé de vert doré, avec le prothorax portant une tache centrale ronde et deux taches triangulaires d'un bleu foncé, les écailles bleues ou d'un vert doré; les ailes médiocrement enfumées ; les pattes verdàtres, plus rarement bleuâtres; l'abdomen d'un doré cuivreux, avec le troisième segment muni de quatre dents. Cette Chry- sis est un pseudo-parasite carnassier des larves des Odynères et des Osmies. 11 y a çà et là, comme l'avait déjà reconnu Linna^us, de très- grands sujets, dépassant en dimensions l'Abeille domestique. On ren- contre C. ignita très-abondamment partout sur les palissades, les murs, les feuilles et les fleurs, les troncs exposés au soleil, dans toute l'Europe et l'Asie Mineure, jusqu'au fond de laLaponie et du Finmark: ainsi à Alten, près du cap Nord. Latreille dit avoir vu souvent la femelle guettant la sortie du Philanthe apivore hors de son terrier pour s'y introduire et poursuivre fréquemment la femelle de celui-ci. Walckenaer l'a vue entrer dans le trou du Cerceris ornata et lui jeter du sable, probablement pour l'étourdir. Elle s'introduit surtout dans les nids des Osmies et des Odynères, c'est-à-dire indifférem- ment chez des Apiens et chez des Fouisseurs. Nous citerons encore C. bidentata, Linn., espèce commune en France, en Angleterre, en Belgique, en Suisse, se prenant surtout dans les clairières, de 9 à 11 millim., très-reconnaissable par l'abdomen, dont les deux premiers segments sont d'un doré cuivreux, et le troisième bleu en totalité, et C. cijanea, Liim., des mêmes pays, dont tout l'abdomen est d'un bleu verdàtre, aussi pronoucé que celui de la tête et du thorax. C. bidentata a, comme C. ignila, le dernier segment apparent quadridenté, et il est tridenté chez C. cyanea. Le genre Parnopcs, Fabr., a quatre segments apparents à l'abdomen du mâle et trois seulement chez la femelle, à cela près du même aspect. On reconnaît tout de suite ce genre à son labre très-apparent et surtout à une trompe arquée, noirâtre, subcornée, au moins aussi longue que 8 HYMÉNOPTÈRES. la moitié du corps. Les tarses, très-épineux dans les deux sexes, ont les crochets simples et sans pelote. Il y a dans TEurope méridionale une belle et rare espèce, le P. carneiis, Rossi, de 10 à 12 millim., à tète et corselet verts et chagrinés, à mandibules d'un brun rouge, les ailes hyalines à nervures noires, les cuisses vertes avec le reste des pattes d'un testacé rougeûtre, l'abdomen avecle premier segment vert comme le thoraxetlesautresd'une couleur de chair rougeàtre.C'estdansles terrains sablonneux qu'il faut chercher cet insecte, car la larve vit en pseudo- parasite dans les nids du Bembex rostratus, Fabr., et l'on peut le rencontrer partout où vit ce Crabronien, ainsi aux environs de Paris. Il y a trois autres espèces de Parnopes d'Egypte. Hyménoptères à abdomen pédicule entomopbagcs. Les Hyménoptères des tribus qui vont suivre : Ichneumoniens, Bra- coniens, Évaniens, Chalcidiens et Proctotrupiens, sont compris sous la dénomination générale d'Entomophages ou Entomospheces. Ce sont, pour l'agriculture, et de beaucoup, les plus utiles de tous les auxiliaires zoologiques. Tous, en etfet, pondent leurs œufs, au moyen de la tarière, dans le corps même des larves des Insectes, rarement à sa surface {Ophion, etc.). Les larves nées de ces œufs vivent des tissus mômes de leurs victimes, se nourrissant d'abord du réseau graisseux et n'attaquant qu'en dernier lieu les organes vitaux essentiels. La larve ne parvient dès lors au plus qu'à l'état de nymphe, et l'insecte qui est le siège de ce pseudo-parasitisme interne se trouve par cela même condamné à mort et arrêté dans tout le développement futur de son espèce. Si nous ne rangeons pas les Chrysidiens dans ce groupe, bien que leur rôle harmo- nique soit analogue, c'est que leurs œufs, d'après ce qu'on sait de leurs mœurs, ne paraissent pas toujours déposés à l'intérieur même du corps des larves qui habitent les nids où les femelles viennent pondre. Ils peuvent être placés dans la pâtée mielleuse des Apiens et des larves qui en sortent, ne pas dévorer nécessairement toutes les larves du nidifiant, ou bien, chez les Euméniens et les Fouisseurs, les larves des Chrysi- diens ne font peut-être leur proie que des insectes anesthésiés mis en réserve, ce qui permet la vie, ou de toutes les larves du Fouisseur, ou d'un certain nombre. Tribu des ICHIVEUilOMlElVS. Les Ichneumoniens comprennent les plus grandes espèces des Hymé- noptères entomophages, celles par conséquent sur lesquelles notre attention se porte le plus. Ce sont des insectes agiles et défiants, très- ICHNEUMONIENS. 9 prompts à s'envoler ou à fuir à la course quand on veut les saisir. Réaumur appelait les Ichneumoniens A/oHc/ies vibrantes^ parce que, chez presque tous, les antennes, organes d'odorat et d'audition, sont dans un mouvement de vibration presque continuel, indice d'insectes en quâte d'une proie vivante; cependant chez les Ophionides les antennes restent dans le calme. Certains Ichneumoniens ont été nommés Mouches à trois soies {Muscœ tripiles), à cause de la forme de leur tarière, quand elle est très-saillante et très-longue, parfois plus longue que le corps {Epliialti's, Rhyssa, certains M esostenm); on voit alors un filet central ou tube propre de la tarière, d'où s'écartent latéralement deux filets aussi longs, qui sont des valves. Ce caractère n'a rien de général et disparaît si la tarière devient trop courte. Elle ne dépasse pas la lon- gueur du corps dans les Cryptus, et elle est souvent plus courte {Pimpla, et surtout lchninn. — Tête courte. Yeux convexes, proéniiiiciits, ovales, par- lois subréniformcs un peu en dedans. Antennes de longueur et d'épaisseur médiocres, subnioniliformes ou subsctacécs, ordinairement plus grêles et plus droites dans les mâles que dans les femelles, chez lesquelles elles s'enroulent d'iiabiludc plus ou moins après la mort. Mandibules bidentécs à l'extrémité. (1) Brullé, Etudes zoologiques sur la famille des Ichneumonides (Mémoires de l'Académie de Dijon, 1856, p. 171 et 258). ICHNEUMON, ETC. 17 Thorax gibbcux, rarement cylindrique; écussoii peu ou pas saillant, triangu- laire ou subcarré. Ailes médiocres, avec aréole le plus souvent quinquangle, parfois pyramidiforme, souvent subtriangulairc. Pattes médiocres. Abdomen beaucoup plus long que le tliorax, à premier segment globuleux et rude; le pétiole linéaire et arqué; un tubercule de chaque côté du point où le pétiole se rattache à la partie antérieure de l'abdomen; bout de l'abdomen ordinairement aigu, itarfois obtus, vu de côté chez quelques femelles. Tarière cachée. Un nombre considérable d'espèces composent le genre Ichnewnon propre. On en compte plus de 250 pour l'Europe, dont une cinquantaine au moins en France. Nous citerons dans les plus communes : 17. extenso- rius, Grav., fréquent sur les Chênes, à thorax noir, Técusson jaune, l'abdomen d'un rouge fauve, noir au bout avec point jaune, lesanlcunes de la femelle avec un anneau jaune ; 1'/. jlavatorius, Wesmael, entière- ment fauve avecFécusson pâle et le bout de l'abdomen d'un noirbleuû- tre, parasite du funeste Liparis dispar; 17. luctatorius, Grav., à thorax noir, l'écusson jaune, l'abdomen jaune, noir au bout, parasite du Vanessa Urticœ; I. grossorius, Grav., d'Angleterre, de France, d'Allemagne, d'Italie (pi. Lxxvn, fig. 8), à corselet et pattes noirs variés de jaune, l'écusson jaune, les ailes un peu enfumées, l'abdomen à pédicule noir, puis deux anneaux d'un rouge ferrugineux, les autres noirs tachés de jaune au milieu. Pour les collections, on subdivise les Ichneumons d'après les couleurs noire, rouge, jaune, blanche, au moins en partie, de l'écusson et de l'abdomen. Us sont carnassiers internes de Lépidoptères. A côté se trouve le genre Trogus, Gra.\., à antennes médiocres etséla- cées, avec un écusson subcarré et élevé plus ou moins en pointe (carac- tère distinctif essentiel), les ailes le plus souvent diaphanes, le pétiole abdominal grêle et linéaire, canaliculé, le premier segment de l'abdo- men gibbeux et dilaté au bout et, le plus souvent, avec deux lignes élevées, la tarière cachée. Les Trognes n'ont que très-peu d'espèces de grande taille vivant dans de grandes chenilles : le T. lutorius, Grav., à tête et thorax noirs et roux, avec l'abdomen fauve ou roussâtre, la larve vivant dans les Sphingiens [Sphinx Ligustri, Macroglussa Stcllatarum, Sphinx PinaslrijSineriiitlius Tilidi et ocellalus); le T.flavatorius, Panzer, en entier d'un jaune testacé, mêlé de fauve et de ferrugineux, sorti du Liparis Monacha, espèce parfois très-nuisible aux forêts de Conifères ; le T. exaltatorius, Panzer, sorti de la chrysalide de Sphinx Ligustri : c'est une très-grande espèce à thorax noirâtre, l'écusson roux, les ailes jaunes avec le bout enfumé, l'abdoinen roux, noir au bout ; le T. lapi- dator, Grav., de la chenille du Papilio Machaon, etc. Les Jappa, Fabr., sont formés d'ichneumonides exotiques des régions tropicales ou chaudes des deux Amériques, avec quelques espèces des Indes, de Java, du Sénégal, du Cap. L'écusson est élevé, comme chezlcs Trogus; les antennes des mâles d'aspect noueux, car elles sont formées GIRARD. III. — 2 18 HYMÉNOPTÈRES. d'articles étranglés au milieu de leur longueur et renflés avant l'extré- mité, celles des femelles tantôt élargies en palette avant l'extrémité, la partie élargie formée d'articles courts et aplatis, tantôt plus grosses et plus ou moins comprimées vers le bout, l'aréole de l'aile antérieure ordinairement pentagonale, parfois quadrilatère ou même subtriangu- laire, la tarière cachée. Nous figurons le /. picta, G.-Mén., femelle (pi. Lxxvn, fîg. 7), du Brésil, varié de noir et de jaune, les ailes rembru- nies au bout, les pattes noires en dessus, l'abdomen avec six taches jaunes et les jambes postérieures avec deux. CRYPTIDES. Tète transverse. Écusson plan ou convexe. Abdomen convexe et pétiole, avec le pédicule étroit et allongé. Tarière longue et sail- lante. Dans le genre Cryptm, Graw, le?, antennes sont longues et grêles, souvent épaissies vers l'extrémité dans les femelles; les yeux ovales, plus ou moins proéminents; l'écusson plus ou moins convexe, triangulaire ou subcarré; les ailes médiocres, avec l'aréole pentagonale ou qua- drangle ; les pattes longues et grêles, surtout les postérieures; l'abdomen des mâles long et étroit, ovale et élargi chez les femelles, le premier segment hsse et subarqué, avec deux lignes élevées distinctes; la tarière longue et saillante, partant d'une proéminence du sixième segment ventral, se plaçant au repos dans la fente des segments 7 et 8, puis em- boîtée par les valves, lesquelles sont fixées au bout de l'abdomen, quel- quefois plus courtes que la moitié de l'abdomen, le plus souvent plus longues, rarement de la longueur de tout le corps. Les Cryptes, qui ont près de 200 espèces en Europe, sont parasites de larves variées, telles que des Saperdes (Coléoptères), des chenilles de Vanesses, de Smérinthes, de Zygènes, de Bombyciens, de la Noctuelle des Pins, etc.; d'Hyménoptères des genres Osmia, Eumencs, Odynerus, Tripuxybu, Pclo- pœus, Crabro; de Tenthrédiniens, tels que les Cimbex, les Lophyres du Pin, etc. Citons C. tarsolcucm, Grav., à tarses blancs, attaquant les nui- sibles chenilles de Trachea l'iniperda, etc. Les Mesostenus, peu nombreux en espèces européennes, ont l'aréole petite et subcarrée; les pattes grêles et longues, surtout les postérieures; le corps généralement long et étroit, principalement chez les mâles; la tarière de longueur très- variable. L'espèce type et fort répandue est le M. ijladialor, Scopoli, dont la tarière est beaucoup plus longue que le corps, noir, avec les appendices variés de roux, les tarses en grande partie blancs, parasite des larves d'Osmia, à'Aminophila; d'autres espèces attaquent les chenilles des genres Acronijcta, Itarpyia, Zijgcma, etc. Les l'ezuniachus, Grav., offrent des espèces de petite taille, qui se dis- CUYPTIDES. — TRYPl ION IDES. 19 tinguent immédiatement des autres Icliucumuniens par leurs courtes ailes impropres au vol, ou même nulles. Le corps est grêle; la tête rétrécie en arrière ; le thorax gibbeuxà divisions très-profondes, l'écusson suivant les variations de développement des ailes ; les pattes assez fortes ; l'abdomen des femell»^.s en ovale assez large, aussi long que la tête et le thorax réunis, avec le pédicule coudé en arrière, comme chez la plupart des Cryptus; la tarière médiocre, plus courte que l'abdomen, ou tout au plus aussi longue que lui. On trouve les Pezomachus, qui comp- tent en Europe près de deux cents espèces, courant à terre dans les lieux secs, pierreux ou sablonneux. Ainsi, aux environs de Paris, le /*. pedicularius, Panz., à ailes très-étroites, velues, sans nervures appa- rentes; les P. pedestris, Fabr., et agilis, Fabr., n'ayant pour ailes que des moignons blanchâtres; le /'. formicarius, Linn., noir varié de roux, absolument sans ailes, ayant l'aspect d'une longue Fourmi. Les l'ezu- machus vivent à l'intérieur des larves de Tortricides, de Tinéides, de Psychides, dans des galles de Cynipiens, dans des nids terreux d'Arai- gnées, etc. (1). \.c?, Heinitelcs, Grav.,sont des Cryptides de taille petite et très-petite, au nombre de près de cent espèces en Furope, reconnaissaliles à leur aréole pentagonale et ouverte en dehors, à leurs ailes rayées de bandes brunes dans beaucoup d'espèces, notamment celles qui sortent des fourreaux des Psyché gramincUa, calvella, etc. (ce caractère semble général pour les Ichneumoniens parasites des Psychides), à leur tarière parfois aussi longue et plus longue que l'abdomen, souvent plus courte. On cite les yit'j/iïïe/es comme parasites internes des Papillons rliopalo- cères et hétérocères, notamment des Psychides, des M icrog aster {double parasitisme), des Cécidomyies (Diptères), des Chrysopes (Névroptères propres;, des Rhoditrs (Cynipiens), des cocons à œufs d'Araignées, etc. 11 faut respecter dans nos maisons des llemiteles à longue tarière tripile, et certains autres genres, qu'on voit souvent courir sur les vitres des fenêtres et sur les rideaux, (les insectes ont vécu aux dépiiiis des chenilles funestes des Teignes domestiques, des larves des Anubiiun Coléoptères) destructeurs des bois ouvrés, etc. TRYPHOMDES. tête transverse. Antennes sétacéos, souvent un peu épaisses, n'attei- gnant pas la longueur du corps, formées d'articles courts. Fcussoii plan ou convexe; aréole très-variable, rhomboidale, triangulaire (ui subor- (1) Giraud et Laiioulbèae, U.i/n des ér/osions d'Inscefes, ctciAtm. Suc. cntcnn. France, 1877, p. 397). Cette note est Iros-intéressunte ù consulter iiour toulc^ les tribus d'Hyménoptères eutomopliajjes. 20 HYMÉNOPTÈliliS. biculaire, pctiolée ou scssile, oblitérée ou nulle. Abdomen à court pé- tiole ou d'aspect subsessile, convexe ou parfois déprimé. Tarière cachée ou à peine sortie. !tlETOB>il.'9IIO\, Falir. — Antennes sélaeées, aussi longues que le cor|is, les articles terminaux tronqués obliquement de liant eu lias. Ailes antérieures à aréole ou cellule cubitale intermédiaire nulle, la cellule cubitale interne recevant les deux nervures rccurrentes. Pâlies grêles, de loni,nicur médiocre, les crochets des tarses pectines et la pelote très-petite. Ab Ionien comiu-imé et tranchant à partir du troisième segment, les serments i et 2, et surtout 1, plus larges en arrière (pi'en avant. Tarière à peine saillaule. I.a brièveté de la tarière donne parfois quelques difficultés [)our dis- tinguer les sexes des Ophinns. (Ihez les femelles, le bout de l'abdomen est oblique de baut en bas et d'arrière en avant cbez les mâles et tron- qué cbez les femelles; les appendices génitauv des milles imitent assez exactement les valves de la tarière pour ((u'on puisse souvent s'y tromper. LTùirope compte environ 2.î espèces du genre Oiihioii , vivant presque exclusivement dans les chenilles des genres Buinlnjx, lldrpyia, Dicramira, CaUimorpha, CucuUia, Acronijcla, et divers Noctué- liens. Les Processionnaires et la Noctuelle piniperde rencontrent en eux d'utiles ennemis. On peut prendre comme type l'O. luteum, F.inn., commun dans presque toute l'Europe, d'un jaune testacé, à tète rous- sâlre, les mandibules noires au bout, deux lignes plus pâles sur le pro- tborax, l'écusson jaune, les ailes transparentes, très-légèrement enfu- mées, l'abdomen rembruni vers l'extrémité. Nous figurons une espèce voisine, l'O. marijinatiun, Jurine (pi. lxxvu, fig. 6), d'un jaune assez clair, les ailes jaunes dans leur partie antérieure et médiane. Le genre ylnomrt/o», firav., comprend un nombre d'espèces en Europe plus que double de celui des Ophions, et qui vivent dans des Spbin- giens, des Hombyciens, des Noctuelles, plus rarement chez des Zygènes ou des Papillons rhopalocères (.1. tenuicorne, (irav., dans les chenilles de Thais et de Don'tis). (le genre manque d'aréole aux ailes antérieures. Les pattes sont grêles et les tarses postérieurs sont épais et larges, les crochets tarsaux étant simples, l/abdomen très-long, à pédoncule long et grêle, est comprimé et tranchant à partir du deuxième segment. La tarière des femelles est courte et ses valves sont un peu élargies. Nous citerons A. circumjlexum, Linn., des environs de Paris, d'Italie, d'Alle- magne, d'Angleterre, du sous-gcnre Exochilum, Wesmael, parasite de chenilles de Bombyciens. Le genre Campoplex, Grav., compte en Europe plus de 1 00 espèces dont 22 HYMÉNOPTÈRES. les larves vivent dans les chenilles de Bombyciens, de Noctuéliens, de Tortriciens, de Tinéens (Yponomeutes et Coléophores), et aussi dans les fausses-chenilles des Cimbex et du Lophyre du Pin. Les antennes sont plus courtes que le corps, sétacées et assez épaisses. Les ailes de devant sont pourvues d'une aréole généralement triangulaire, quelquefois pentagonale, tantôt pédiculée, tantôt sessile, parfois nulle. Les crochets des tarses sont larges et pectines, parfois faiblement, avec la pelote presque aussi longue que les crochets eux-mêmes. L'abdomen est mé- diocrement comprimé, avec le premier segment globuleux à son extrémité. La tarière des femelles est tantôt courte, tantôt presque aussi longue que l'abdomen et un peu recourbée en haut. Nous citerons, comme communs aux environs de Paris et dans presque toute l'Europe, les C. inculcator, Linn., elpugillatoi-, Linn. Audouin donne, parmi les destructeurs de la Pyrale de la Vigne, le C. maialis, Grav., ou Limneria, Holragren, pour d'autres auteurs. Le C. sordidus, Grav., attaque les chenilles si nuisibles des Yponomeutes des Pruniers et des Pommiers. PIMPLTDES. Abdomen d'aspect sessile ou large à sa base, déprimé plus ou moins fortement dans toute son étendue. Tarière longue dans la plupart des genres, mais très-courte et cachée dans l'abdomen chez quelques-uns, Écusson triangulaire ou suborbiculaire. AC«I';\'1TES, Latr. — Tête courte et large. Antennes courtes, assez épaisses et filiformes. Ailes antérieures dépourvues d'aréole, avec la nervure moyenne sinueuse et se continuant avec celle qui gagne le bout de l'aile, une nervure perpendiculaire à sa direction la séparant de la cellule cubitale ou marginale. Pattes fortes, de longueur médiocre pour les paires 1 et 2, avec les cuisses postérieures épaisses et les pattes postérieures longues, les crochets des tarses bifides, la pelote assez longue. Abdomen ovoïde, de la même largeur que la tête et le thorax, avec le dernier arceau ventral des femelles en fer de lance; la tarière quelquefois aussi longue que le corps, quelquefois n'ayant que la moitié de la longueur de l'abdomen. Le genre Acœnites n'a que peu d'espèces, à peine 10 en Europe. Les deux espèces les plus communes sont \\i. dubitatur, Panzer, d'Alle- magne, de Piémont, de France, noir, à ailes diaphanes ci d'un jaune brun-llre, les pathis fauves, avec les hanches et les jambes posléricures noires, l'abdomen avec les segments 2 et 3 fauves, les autres noirs, 5, 6 et 7 bordés de blanc. Nous figurons VA. arator, Grav., d'Italie, d'Allemagne, de France et des environs de Paris (pi. i.xxvni, fig. 1, femelle : 1 o, tCte vue de face ; 1 6, mâchoire et palpe ; 1 c, lèvre infé- ACŒNITES, ETC. 23 rieiire de profil ; 1 d, id. de face ; 1 e, abdomen de profil, avec tarière et valves; 1 f, jambe et larse postérieurs). Cette espèce est noire, avec les ailes translucides d'un brun fauve, les cuisses postC'rieures fauves. Le genre Pimpla, Fahr., présente des antennes, tantôt de la lonj^ueur du corps, tantôt plus longues, le plus souvent très-minces dans les femelles et comme noueuses dans les mâles parle rétrécissement de la partie moyenne de chacun de leurs articles. Les ailes antérieures ont l'aréole triangulaire ; les cuisses sont généralement courtes et épaisses, ce qui donne un bon caractère distinctif, et les crochets des tarses simples; l'abdomen a les segments moyens généralement plus larges que longs et marqués de sillons ou de dépressions en travers, incisés, chez les femelles, d'une fente ventrale longitudinale, avec la tarière tout au plus aussi longue que le corps, et, dans la plupart des cas, beau- coup plus courte que lui. Outre des espèces exotiques des deux mondes et de l'Australie, les Pimples comptent en Europe près de quatre-vingts espèces, vivant dans les chenilles de diverses Piérides nuisibles et des Lépidoptères hétérocères de tous les groupes, et notamment d'espèces Irès-nuisibles de Bombyciens, de Géomètres, de Pyraliens et de Teignes, comme les Vponomeutes, dans les fausses-chenilles des Némates et des Lophyres, dans des larves de Cynipiens et de Cécidomyies (Diptères), celles des Saperdes (Coléoptères), dans des cocons à œufs d'Arai- gnées, etc. C'est un genre qui nous rend de grands services. Il faut citer le/*, instigalor, Panzer, espèce très-commune, à forte odeur acé- tique, type d'un groupe d'espèces noires, à ailes plus ou moins enfu- mées, à pattes roussâtres, à tarière de la moitié de la longueur d(^ l'abdomen. Ce Pimple m'est sorti en abondance des nids soyeux de la Processionnaire du Chêne; on l'a obtenu aussi des Liparis chrysorrhea et (lispar, du Bombyx Neustria, espèces si funestes, d'Orgyes, des four- reaux de diverses Psychides, et aussi de fausses-chenilles de Némates. Le P. stercorator, Fabr., est noir, à face et chaperon jaunes; les antennes noires, teslacées en dessous, avec le premier article jaune dans le mrde, un point blanchâtre à la base des ailes ; les pattes rousses; les jambes postérieures blanchâtres, noires aux deux bouts; l'abdomen noir en entier, avec la tarière de la femelle de sa longueur; des Bombyx Neustria, Liparis Monacha, Orgya antiqua, Yponomeula cofptatella, etc. Le P. (Javicans, Fabr. (sous-genre Theronia, Ilolmgren), est fauve, avec des lignes et taches noires; il est fréquent aux envi- rons de Paris. On l'a vu sortir de diverses chrysalides de Lépidoptères, notamment de celles de Vanessa polychloros. Le genre Rhy ssa, Gvav., comprend les plus grands Fchneumoniens, à antennes longues et sétacées, mais plus courtes que le corps, leur premier article olfrant une grande échancrure latérale ; le dos du méta- thorax ridé en travers, les ailes antérieures avec une aréole triangu- laire; écusson grand, peu élevé, presque carré, le postécusson court 2U HYMÉNOPTÈRES. et transversal; les cuisses et les jambes de devant arquées et contour- nées dans les deux sexes, les crochets des tarses simples. L'abdomen, très-allongé, n'est ni tuberculeux, ni sillonné en travers ; il est com- primé à l'extrémité dans les femelles, avec une tarière généralement beaucoup plus longue que le corps, dont la base est reçue dans une fente des derniers arceaux ventraux. 11 est cylindroïde ou filiforme chez les mâles, avec le huitième et dernier article portant une sorte de languette longue et étroite, en partie cachée par deux valves, dont chacune renferme une pièce terminée en pince, à la façon de la pince didactyle du Scorpion ou de l'Écre visse. iSous citerons R. perstiasoria, Linn., et R. clavala, Fabr., ce dernier du sous-genre Thalessa, Holm- gren {Monographia Piinplarum Sueciœ, 1860), espèces de grande taille, noires et jaunes, qu'on voit s'abattre sur les troncs des Ormes et des Chênes, cherchant à percer sous l'écorce, dans les profondeurs, les larves des Cérambyciens. Il y a deux gigantesques espèces américaines, R. atrata, Fabr., des États-Unis du Sud, noir, avec tète, pattes et antennes variées de jaune, dont la tarière atteint 120 millim. pour un corps long de ZiO, et R. limator, Fabr., des mêmes régions et de la Guadeloupe, à corps varié de brun et de jaune, avec des chevrons ou lunules jaunes sur les côtés de l'abdomen. La longueur du corps de la femelle est de 50 millim., avec tarière de 95. Le genre voisin, Ephialtes, Grav., présente les antennes plus courtes que les Rhyssa, l'écusson tantôt carré, tantôt triangulaire et subsail- lant, les crochets des tarses plus ou moins bifides, avec une très-petite pelote entre eux, les segments de l'abdomen à aspect tuberculeux, le reste des caractères des Rhyssa. L'Europe compte près de 20 espèces d'Ephialtes, qui peuvent se ranger parmi les protecteurs des forêts, occupés sans relâche, devant les troncs des arbres ou les amas de bûches coupées, à chercher à atteindre par leur longue tarière les larves lignivores profondément enfoncées. Le type est une grande espèce noire, à ailes plus ou moins enfumées, à pattes rousses en partie, commune dans tous nos bois, l'^. manifeslator , Linn., dont la larve vit dans celles du Xylotrupes Bajulus et du Bupreste des Pins {Ruprestis Mariana). L'E. tuberculatus, Fourcroy, espèce très-voisine, mais plus petite, attaque la larve d'un Charanson nuisible, le Cnjptu- rhynckus Lapathi. Enfin, \E. carbonarins. Christ, attaque les larves de grands Cérambyciens xylophages, les Saperda populnea et oculata, l'énorme larve du Cerambyx Héros, qui gâte les bois de Chêne, et les chenilles des Sésics à l'intérieur de leurs galeries dans les liges ligneuses. itii>iîojïrii|iiii4> «!<»s iciiiidimonitMiM. — (iravculiorst, Ichncumoloji/d eiirupœa, iireslau, 18129. C'est un ouvrage fondamenlal, publié aux frais de Fauteur. — J. C, Schiôdte, Ichneumonidarum ad faunam Danùe Ijcrtincntiitni gênera et species nuvœ {Revue zoubigique, 1838, t. I, p. lo9- RRACOMENS. 2.") I/|1 ; Morjasin do /nolonù, 18;j9 (Iiisiictes), pi. vi ;'i x; Knnicr Xalur. Tidsskr., IS/iO-il, t. III, p. 96 à 100). — Royer de l'oiiscoloinlx', Ichneu- mologie provençale (Ann. Soc. enloiii. de France, 18iG). — 0. XN'csiiiJicl, Tentamen dispositiunis nietliodicœ Ichncnuimum Beljiii tMcm. Acad. de Bruxelles, 18^5, t. XVIII); — Manlissa Ichneumonuin Bi'ltjii , Bruxelles, 18/i8; — Adnotationes ad descriptiones Ichneunionum Beli/ii, 18/i8. — Dans les Bulletins de VAcad. royale de Belgique : Revue des \\n- MAf.ox de Belgique, 18/i9, I. XVI, u" S, et NoUce sur les Ichneuino- nides de Belgique appartenant aux genres MetopiC'^, Banculs cl (;ol,l•;()(.l•:^- TRiîs, t. XVI, n^G; — IcJmeumones amblypygi europœi, 185o-185/i, Appen- dieo au Bulletin; — IcJineumologica Miscellanea, 1855, t.XXIi, u"9 ; Ichnen- mologica Otia, 1857, 2" série, II, w 6. — Arn. Forster, VerJmudl. des natur. Vereines der preuss. Bheinlunde und W'esl/dlcns, Bonn, 185."» à 18G0, — Ilolmgi'en, Monographiu Tnjphonidiun Suecia\ 1855; Manugr. Ophio- niduni Suecid', 1861). — .1. H. Ka\all, Sur les Iclineuintjtiides de Bussie et de Courlande (Bulletin de la Soc. impériale des naturalistes de Moscou, 18G5, 2"^ part., t. XXXVIII, p. 331)-; — Enneas Ichneumonidaruni Curoniœ quas descripsit novas (Description de neuf espèces nouvelles du genre Ichneumon), même Bulletin, 1868 (t. XM, 2^^ partie, p. 503). — Nous citerons dans les Verhandl. zooL-hotan. (iesellsrh. in M'ien : A. Forster, Die Gattung Campoplex, t. XVIll, p. 761. — C. Tscliek, UeOer Oesterrei- chische Pimplarien, 1868, t. XVIII, p. 260, /i/iO ; — Die Oesterr. Trypho- niden, t. XVIII, p. /|57 ; — Die Oesterr. Crypioiden, 1870, t. XX, p. 189, /i03 ; — Ueber einige Crypioiden, ineist aus der Oeslerreichischen Fauna, 1872, t. XXII, p. 231; — Ichneuniologische Fragmente, 1871, t. XXI, p. 37. — Slettin entomul. Zeilung : Tischbein, Ilymenopterulogische Beitrdge die Ichneumon in \V interquartier, 18G8, p. 2/iS ; 1871, p. 15."); — l'eber der Europaischen Arten desGenuslc]i-s.v.y}^OK (yiesvaaeX), 1873, p. /|17; 1871, p. lOi, 153, 288. — Krieclibaumer, Sur des ScJdupfirespen de ilclineu- ■niidugie eurupèoine, 1875, p. 39 ; Sur divers Ichncumoniens, p. 386 ; Iclineu- molugischcs, dans Entomol. Xachrichlen von I)'' F. Katlcr, 1878, n" 19. ïiunu DES UKAC'^^.^IE.^T^. F.es Braconiens sont restés longtemps confondus aves les Ichnenmo- niens, auxquels ils ressemblent beaucoup par l'aspect et complètement pour les mœurs. Les uns ont chez les femelles une longue larièn; saillante, plus longue ou plus courte que le corps, entourée de ses valves, ce qui les range d.nis les Muscœ tripiles, tout comme l(!s Icbneumoniens ; tandis que d'autres ont cette tarière à peine sortie, et d'autres tout à fait cachée. On comprend donc comment tous les anciens auteurs ont réuni les deux trii)us, qui n'ont été bien séparées que par dra- venhorst (1829), lequel n'a étudié qiu; les Icinieunioniens. Xees \on 26 HYMÉNOPTÈRES. Esenbeck, peu après , a cherché à faire un travail analogue sur les lira- coniens (1). En général, leur taille est moindre que celle des Ichneumoniens, ou, plus exactement, ils manquent, en Europe du moins, d'espèces de grande taille; aussi la plupart des Braconiens se développent en nombre considérable dans le corps d'un même insecte, qui ne donne, ordinairement issue qu'à quelques Ichneumoniens ou même qu'à un seul. Aussi Swammerdam rapporte, dans sa Biblia natiirœ, que de quatre chrysalides de papillo^is sortirent 5û5 mouches, toutes de la môme espèce (c'étaient des Braconiens). Imbu de la même erreur que Goedart, croyant à une transformation dans le sens des métamorphoses de la mythologie, il dit « que la vie et le mouvement de ces quatre chrysalides semblaient avoir opéré une transmigration dans la vie des 5Zi5 autres insectes » . Un certain nombre de Braconiens paraissent préférer pour leur ponte les larves de Coléoptères, ainsi de Charansons, et leurs larves filent leurs cocons attachés au corps même de leurs victimes. Des Bracon détruisent les Scolytiens ennemis des forêts; le Microctonus ter- minatus. Nées von Es., est sorti de l'adulte d'une Coccinelle, sous le cadavre de laquelle la larve a filé son cocon. D'autres attaquent les Timarcha (Chrysoméliens), les Cift des Bolets, et de très-petites espèces viennent dans les maisons pondre leurs œufs dans le corps des larves de Ptines. D'autres genres de Braconiens s'attaquent plus spécialement aux chenilles : ainsi le genre Microgaster, Latr., type delà famille des Microgastridœ, bien que sorti parfois de Chrysomèles ou de Charansons, nous est très-utile en vivant surtout dans les chenilles de Piérides, de Bombyciens très-nuisibles {Bombyx Neustria, Linn., Liparis chrysorrhea, Linn.)^ de Noctuelles, de Tortriciens, d'Yponomeutes, etc. Réaumur remarque que les larves sorties en trouant la peau de la chenille con- tinuent à être sociales, car elles filent leurs petits cocons à côté les uns des autres. Elles ont l'instinct d'abriter par une bave de soie flo- conneuse et plus grossière ceux des cocons qui ne seront pas recouverts par d'autres. Le jardinier doit respecter avec soin ces amas de cocons, tantôt jaunes, tantôt blancs, rarement testacés, et dont la couleur de la soie peut être plus ou moins pâle dans la môme espèce, étant peut- être influencée par l'espèce de chenille qui a servi à nourrir les larves du Microgaster. De là les noms d'iclmpumons à coton jaune ou à coton blanc donnés par Uéaumur et par Geoffroy à ces auxiliaires de l'hoi- ticulture. Tantôt ces amas de cocons sont à côté du corps de la chenille, toute vidée et mourante, ainsi ceux du Microgaster glomeraius, Linn., sortis de la chenille de la Piéride du Chou; tantôt ils entourent le corps desséché de la chenille et simulent un gros cocon d'un Bombycien séricigène : tels sont ces amas de cocons blancs du Microgaster pcrspi- (l)Nces von Esenbeck, Ibjmenoptcra Ichneumonihns affinin, 2 vol. in-8", 1834. BRACONIENS. 27 CHUS, Wosm., brillant dans la sombre vcrduro dos lAizerncs o,\ qno j'ai vu prendre pour une nouvelle espèce de Ver à soie vivant dans les ï-é,numincuses fourragères. Ces cocons de Microfjaster sont souvent hantés par des parasites de parasites, parfois de très-petites espèces d"Ichneumoniens, le plus souvent des Chalcidiens que leur bel éclat niétallique fait fout de suite distinguer des sombres Microfjaster. D'nuires Draconiens, des genres l'eriiifus, Nées von Es., et Metnnrus, lluliday, de la famille des Périlitides, affectionnent aussi les chenilles des Bombyciens {Bombyx NeHstria, Liim., procrssionea, Linn., etc.), des Zygéniens, et, moins souvent, des larves de Coccinelliens, de Serropal- pides {Orchesia). Ce qu'il y a de curieux, c'est que les cocons filés par les larves de ces Draconiens sont suspendus chacun à un fil de soie : ainsi Meleorus pcndiilator, Halid., ([ui en tire son nom. [.a larve se sus- pend probablement à un fil au moment où elle va commencer la fila- ture du cocon, et tous les fils de celui-ci prennent comme support ce fil fondamental. Réaumur connaissait très-bien ces cocons suspendus à l'extrémité des feuilles on des petites branches. Les anciens auteurs, I.euwenhoeck d'abord, remarquèrent aussi les mœurs de toute une famille de minuscules Draconiens, les Aphidiides (genres : Aphidius, Nées von Es., Elassus, Wesmael, Trioxijs, Haliday, etc.), qui semblent destinés par la nature à limiter la funeste multitude des Aphidiens. Ce sont les FlexiUventres de M. Westwood, en raison de l'habitude qu'ils ont de replier l'abdomen sous le thorax entre leurs pattes, de sorte que la tarière, dépassant la tête, pique le corps des fhicerons. On reconnaît très-bien, sur les espècesvertes du Rosier, les Pucerons piqués, dont la peau devient jaune et tendue, et qui restent immobiles sur les fouilles. La larve du Draconien vit courbée en cercle dans le corps du Puceron, sort en perçant la peau de celui-ci, qu'elle tapisse de soie blanche et qui lui sert de coque nymphale fixée à la feuille. L'adulte sorti de la nymphe aussi courbée en cercle s'envole par une ouverture qu'il perce dans la peau du Puceron. Ces ennemis des Pucerons font concorder leurs services avec ceux des larves de Coccinelles et de Chry- sopes, et celles-ci, par la rotation ordinaire du parasitisme, sont victimes de petits Proctotrupiens, que les PuceroTis, dit de Geer, devraient aimer comme leurs vengeurs, s'ils étaient doués de connaissance. On ne peut confondre les Draconiens qu'avec les Ichneumoniens; il nous suffira donc d'indiquer les caractères qui les séparent. Les antennes des Draconiens n'ont qu'un seul petil article, après le scape ou premier article visible, qui est toujours le plus grand ou au moins le plus gros de tous, chez eux et chez les Iclineumoniens, l'antenne de ceux-ci ayant au contraire toujours après le scape deux petits articles. Les Dra- coniens ont, aux ailes antérieures, la cellule discoïdale extérieure tou- jours ouverte, tandis qu'elle est toujours fermée chez les Ichneumo- niens, ou, en d'autres termes, les premiers n'ont qu'une seule nervure récurrente, l'cNlerne manquant, taudis qu'elle existe chez les Iclnieu- 28 HYMÉNOPTËIÎES. inoiiieiis, qui oui deux nervures récurrentes. Enfin, selon M. Wesivvood, les segments 2 et 3 de l'alKlnmen des Draconiens sont soudés et ne sont distincts que par une fausse articulation. Dans le plus grand nombre des espèces de Draconiens, l'ahdonien a les trois premiers segments plus grands que les autres, et chez le groupe des Cryptogastres (genres Chelonus, iuv'mc, Siiialphus, N. von Es., etc.), les trois premiers segments sont les seuls qui se voient en dessus, tous les autres, plus réduits encore que d'iiabitude, se cachant sous les précédents. On consultera, à titre de travaux spéciaux sur les Draconiens : C. Wes- mael, Motiofjrapkic des Braconidcs de Belgique (Méin. de l'Acad. royale de nriLvelles, 1835, t. IX; 1837, I. X; 1838, t. XI). —Arnold Fùrslcr, Synopsis der Familien und Gattungen der Braconen {Vevhandlungen des natur. Vereines der preuss. Bheinlande und Westfalens, t. XIX, 1862, p. 225-288, Donn). — H. Heinhard, Berliner entoinolog. Zeitschrift (G. Kraaiz, réd.) : Beitrcige zur Kenntniss einiger Braconiden Gatlungen, iSGli, t. VIII, p. 321 à 336; 1865, t. IX, p. 2/i3 à 267 ; mêmes .l/(«a/fs : J. F. Ruthe, Beitruge zur lùniitniss der Braconiden, 1858, t. II, p. 1 à 10 ; Deutsche Braconiden, 1860, t. iV, p. 105 à 160; 1861, t. V, p. 132 à 162. — S. C. Snellen van Vollcnhoven, PinacograpJtia : Illustrations d'Ichneu- monides (dans le sens llnnéen : Ichneumoniens, Draconiens, Procto- trupiens) du nord-ouest de l'Europe, en anglais et en hollandais, livrai- sons in-Zi'^; s'Gravenhage, 1875 à 1878, avec de fort belles planches coloriées. — Du même: Espèces nouvelles ou peu cumiues d'' Hyménoptères térébranis [Tijdschrijt voor Entomologie, ann. 1877-78, n"- 3 et /i, p. 153). G EN II }• S PRINCIPAUX. KR.%COi\, Fabr. — Amennes sétacées, longues et grêles, les derniers articles indistincts. Tête transversale. Palpes peu développés, les maxillaires de 5 ar- ticles, les labiaux de 3. Ailes supérieures ayant trois cellules cubitales. Patlcs grêles, terminées par deux crochets très-petits, entre lesiiuels est une pciole assez grosse. Abdomen d'aspect sessite, ovalaire, de six ou sejd segments, les premiers plus ou moins impressionnés. La tarière des femelles très-longue dans certaines espèces. Les Bracon constituent un genre très-nombreux en espèces de tous pays, les plus belles et les plus grandes des Draconiens. 1/Europe seule en renferme plus de 100. Ils appartiennent aux Draconiens endodontes, c'est-à-dire dont les dents ou l'extrémité des mandibules sont dirigées en dedans, ces mandibules se rencontrant lorsciu'elles sont fermées, (^1 aux cyclostomes, à chaperon profondément échancré, de sorte iju'il existe une ouverture à peu près circulaire entre lui et les numdibules. E(;s Bracon paraissent surtout attaquer, outre quelques chenilles de Tinéidcs et les fausses-chenilles des Némates (Uymén. Tenthrédiniens), RHYTIGASTER. 29 les larves de Scolyliens cl de Charansons. Ainsi, le Urucnn iiu'lialor, l'abr., (lu genre Cd'loUlrs, Wesmael, vit dans la kirve du l'issoilos nolatiis, et aussi des Astynomus pdili.s et Bhagium /nc/aiya/or (Cérambyeiens) , des liracon vivent dans lesBruehcs et les Apions. De très-utiles espèces s'at- taquent aux destructeurs des forêts : ainsi le Bracon palpebralor, Ualze- hnvg,au\ Pissodes iiotatus, Hijlesinus Piniperda, Toinicus Laricis et bidons; le, Bracon Hylesini, Fcirster, à divers Hylésines; les Bracon [Cadoides] fdifonnis, Ratz, et melanotus,V^'csm., à YHijlesinus Fraxini : le Bracon (Cn:loidcs) sculijticida, Wesni., aux Scolytus destructor et mulfistriatus, etc. Nous représentons une riche espèce exotique des environs diî Cayenne, le B. ornator,, Fabr. (pi, lxxviii, tîg. 3, femelle, 3 a, tète vue de face), d'un fauve rougeâtre, à ailes brunes aux Ixiuts et avec \n\Q bande noire, le bout de l'abdomen noir, ainsi que la longue tarière, et, même planche, deux espèces de France, le B. dcnicjralor^'S. von Es. (genre Ata- nycolus, Forster) (tig. h, mandibule; h a, mâchoire et palpe; /i b, lèvre inférieure et palpes), et le B. nom/nator, Fabr. (fîg. 5, femelle, à tarière bien plus longue que le corps, grandeur naturelle à côté, à droite ; 5 a, tète vue de face). Le B. dcnigrator est signalé comme para- site de la larve d'un Buprestien lignivore, Anthaxia Morio^ par Ed. l'erris. Le B. nominalor est une espèce de la plus grande partie de rEuro[)e et des environs de Paris, aimant à voler sur les Ombellifères. Cette espèce, longue de 8 à 10 millimètres, a le corps d'un fauve vif, le prolhorax et le mésothorax tachés de noir, le métatliorax noir, les ailes enfumées avec une bande transversale blanchâlre, les pattes rousses, variées de noir, l'abdomen roux, souvent avec des taches et bandes noires. llllt'TK^AiiiTlOR, Wesmael. — Ailes siipiTieurcs ayant une cellule radiale allongée et trois cellules cubitales^ la première recevant la nervure récurrente, la seconde subrectangle. Abdomen offrant au-dessus trois segments voûtés et reiifli-s, les autres flécbis en dessous. Tarière des remelles cacliée. Ce genre est formé par le /?. irroralm', Fabr., du n(U(l de l'Iùndjn' et des environs de I*aris (pi. i.xwui, tig. i); 9 r/, abdomen île la leniclle trôs-grossi cl \ii de jirofil), long di-' (Sa 10 nnilimèlres, noir couvert duw duvet grisâtre, le thorax rugueux, les ailes irisées, enfumées au boni, les pattes velues noires et testacéosau milieu, l'abdomen très-rugueux, l'extrémité couverte d'un duvet soyeux doré; attaque des chenilles de iNoctuelIes, notamment celles des Acranycta Psi et tridens. Ce genre, dans les Draconiens endodontes, appartient au groupe des Cryptogastres, ayant le chaperon entier, l'occiput convexe, l'abdomen n'ayant de visible en dessus qu'une sorte de carapace formée par les trois premiers S(!gm(!nls. Au même groupe se rapporte le genre Sigalphits, N. von Es., à tarière saillante, les antcmies sétacées, la tête avec deux grandes fos- settes en dessus du chaperon, les ailes à deux cellules cubitales, doni la première reçoit la nervure récurrente. Le type est le S.obscurus, X. von Es. , 30 HYMÉNOPTÈRES, noir en entier, les ailes diaphanes, les pattes variées de fauve, de France, des environs de'Paris, de Belgique. Les Sigalphes attaquent des chenilles de Tinéideset des larves de divers Coléoptùres, notamment du Charanson des Pins {Pissodes 7wtatus). C'est aussi aux Cryptoyastres qu'appartient le gem-e suivant. CIIKliO.\i«i>, Jiirine. — Yeux velus. Ailes à trois cellules cubitales, dont la pre- mière est confondue avec la discoïdale externe. Carapace de l'abdomen d'une seule pièce. Tarière cachée. 11 y a près de 30 espèces de ce genre en Europe. D'après Haliday et Léon Dufour, les femelles de Chelonus pondent leurs petits déjà par- venus à l'état de nymphe, par un fait analogue aux Diptères pupipares. Si ce fait, qui me semble douteux, est vrai, on peut se demander à quoi sert le parasitisme à l'intérieur de Charansons, de Saperdes et de Tor- deuses indiqué pour les Chélones de diverses espèces. Nous représen- tons une espèce commune en Europe et des environs de Paris, vol- tigeant sur les Ombellifères et les Graminées, le C. oculator, Fabr. (pi. i.xxvni, fig. 10), long de h millim., noir, très-rugueux, à ailes dia- phanes, à pattes rousses, l'abdomen subcylindrique, ayant à sa base une tache d'un jaune pâle de chaque côté. lllCItO(;.mTi']It, Latr. — Antennes sélacées et multiarticulées. Yeux velus. Mâchoires et lèvre sans prolongement. Ailes avec une cellule radiale grande, triangulaire et deux ou trois cellules cubitales ; dans ce cas l'intermédiaire très-petite. Pattes fortes avec les cuisses comprimées. Tarière cachée ou courte. Ce genre, ainsi que le suivant, Agathis, Latr., appartient aux Draco- niens aréolaires, ayant le chaperon entier, le vertex plus ou moins échancré en arrière, la seconde cellule cubitale des ailes supérieures très-petite et pouvant manquer, rappelant l'aréole des Ichneumonien?, Les Microgaster comprennent un grand nombre d'espèces de petite taille, près de 150 en Europe, de couleur sombre, attaquant jjeaii- coup de chenilles, d'où sortent les larves qui tilent en commun de petits cocons oblongs, de couleur jaune ou blanche. Une des plus utiles est le M. (jlomeraius, Linn., Ylchneumun a colon jaune de Geoffroy, de 2 à 3 millimètres, noir, à ailes diaphanes et irisées, les pattes tcslacées, l'abdomen noir, avec les bords latéraux d'un fauve testacé près de la bâte. Cette espèce rend les plus grands services à riiorticuUiue, dans les ijotagers du nord de la France et des environs de Paris, en limitant de la manière; la plus efficace l'extension du Pieris lirass/ar, Liiui., Lépi- doptère si nuisible aux Crucifères. Il y a des années où nous n'aurions pas de choux sans ce Microgaslre très-fécond ; on a vu souvent les che- nilles de Piérides saines ne subsister dans une éducation que 3 ou h sur 200. On aperçoit sur les murs des jardins les amas de petits cocons AGATHIS. — HELCON. 31 jaunes, qu'il faut respecter, à côté du corps flasque de la chenille inou- raute. Cette espèce attaque aussi les chenilles nuisibles de Liparis dispar, de Lasiocampa Eini, de Liparis aurijlua, de Notodonta zigzag, etc. lue espèce très-\oisine, le M. perspicuus, Wesm., entoure de ses cocons blancs les chenilles mortes de Clostera anastonwsis, de IHmia ChrijsitiSj de Zerene grossulariata (Phalénides), de Tortricides, de Ptérophorcs (1), etc. Kous représentons une troisième espèce, aussi des environs de Paris, le M. depriinator, Fabr. (pi. i.xxvin, fig. 6), long de h milli- mètres, noir, tres-ponctué, à grandes ailes diaphanes et irisées, à pattes rousses. Le M. alvcarius, Spinola, de* France, d'Italie, s'attaque aux fausses-chenilles de Némates. Ses détails sont représentés pi. i.xxvui (fig. 7, mandibule; 7 a, mâchoire et palpe; 7 6, labre; 7 c, lèvre infé- rieure et palpes; 7 (/, abdomen vu de protllj. AtilATIIIS, Latr. — Antennes loii;;;ues et liliformes. Yeux glabres. Mâchoires et lôvrcH prolongées en l'orme de bec. Ailes supérieures ayant une cellnlo radiale coni[ilète et lancéolée et trois cellules cubitales, la première conlondue avec la discoïdale externe, la seconde très-petite, triangulaire ou quadrangulaire. Tarière longue et filiforme. Les Agatliis ne comptent eu Lurope qu'une dizaine d'espèces. Nous rcpi'ésentons, d'Allemagne, de France et des environs de Paris, r.4. pur- (gator,N. \on Es. pi. lxxvui, fig. 2, mâle; 2 a, tète vue de face), entière- ment d'un fauve vif, avec les ailes très-rembrunies, les supérieures traversées par une large bande blanche, bordée de noir. lli'ïl.l'O.V, Nées von Esenbeck. — Antennes sétacées. Vertex convexe, ayant le bord supérieur de la face unidenté. Troisième article des palpes maxillaires large et irréguUer. Ailes antérieures à trois cellules cubitales, l'attes posté - • rieures longues et fortes, avec les cuisses très-renllées. Abdomen plat et allongé. Corps long et étroit. Tarière très-gréla, à peu près de la longueur du corps. Ce genre appartient au\ l>raconii;iis //o/(/;/;oryj/(c.v, qui ont le cliaperoa entier, la portion pustérieure du vertex convexe, la sec(nide cellnle cubitale grande et manquant quel([uefols, l'abdomen formé de six ou sept segments. 11 y a en Europe une dizaine d'espèces d'//e/con, parasites de larves lignivores de divers CalUdium (Côrambyciens), de chenilles de Liparis Monacha et de Tortrix. i\ous représentons une espèce des en\ i- rons de Paris, à corps noir, à ailes irisées, à cuisses postérieures fauves, 1'//. spinator, Andiiiet-Serville (pi. i.xxvin, fig. 8, femelle; 8 a, tète vue de face; 8 b, abdomen vu de prolii). (4) Maurice Girard, Les petits jirotecteurs des luzernes et des prairies arlifi^ cielles {Insectologie uyricole, Paris, Donnaudj 1869, 3" année). 32 HYMÉNOPTÈRES. ABiVmiA, Latr. — Tète courte, transversale^ échaiicrée en arrirre. Anlenncs multiarticulées, de la longueur du corps. Mandibules larges, trilobées ou tri- dentées. Thorax ovalaire. Ailes antérieures à stigma grand et triangulaire, à trois cellules cubitales et trois discoïdalcs. Pattes grêles, à cuisses un peu rcn- nées. Abdomen aplati, en ovale un peu élargi, avec le second segment très- grand. Tarière Ires-variable^ courte dans les uns, à peu près de la longueur de rabdomen dans d'autres espèces. Les Alysies comptent en Europe près de 80 espèces. Ce sont des car- nassiers internes d'insectes fort divers, de Charansons, de Saperdes et d'Altiscs (Coléoptères), de clienilles de Phalénides, et du Macroglo.Ksa SteUatarum, et surtout de larves de Diptères Musciens appartenant aux genres Sarcophaga, Lucilia, Anthomyia, Agromiza, Tephritis, etc. Ce genre Ahjsia fait partie des lîraconiens exodontcs, offrant les dents des mandibules dirigées en dehors ; celles-ci sont larges, fortement dentées, ne se touchant pas quand elles sont fermées et demeurant ordinairement ouvertes après la mort de l'insecte. Nous représentons une des espèces les plus répandues en France et en Allemagne, IM. anducator, Fabr. (pl. lxxviu, fig. 11; 11 a, tête vue de profil; 11 b, lèle vue de face). Ce Rraconien, long de 6 à 8 millimètres, a le corj)s noir, rugueux et ponctué, les ailes translucides et enfumées, les pattes rousses, l'abdomen d'un noir brillant. 11 est cité par Giraud comme sorti des asticots de Lucilia Cœsar. HTl'A*a\yit:r<î, Jurine. — Tète lubcrculée au sommet. Mandibules courtes et très-épaisses. Antennes très-minces et sétacées, à articles allongés. Palpes maxillaires exlrèmenient longs. Thorax rétréci à sa partie antérieure. Ailes supérieures ayant une radiale longue et étroite, atteignant le bout de l'aile, deux cellules cubitales, trois discoïdales, la première en parallélogramme, la seconde rectangle, la troisième ouverte et prolongée jusqu'au bout de l'aile. Pattes des paires 1 et 2 moyennes, à jambes un peu contournées, les posté- rieures liès-allongées et très-I'ortcs, à cuisses renflées et garnies de plusieurs dcnls en dessous, les jambes comprimées à la base, renflées au bout. Abdomen long, en ovale oblong, le premier segment en long pédoncule épais et cylin- droïde, inséré à la partie postérieure et suiiérieure du métathorax. Tarière plus longue que le corps. Le genre Stephanus est de classification difficile ; l'insertion abdo- minale le faisait placer par Brullé dans les Evaniens. M. E. Blanchard le range à la fin des Ichneumoniens. C'est aux lîraconiens que l(!s ouvrages les plus récents le rapportent. Les pattes des Stéphaiies peu- vent s'appliquer contre le corps, ce qu'atteste la présence de fossettes , obliques sur les côtés du thorax ; probablement ces insectes simulent ainsi la mort. En Europe sont trois espèces de ce genre, dont le type, qu'on voit voler sur les bois secs, en France, en Allemagne, en CHALGIDIENS. 33 Autriche, est le S. serrator, Fabr., en raison des dents des cuisses pos- térieures. Long de 16 à 20 millimètres, il est noir avec les ailes reml)ru- nies, ayant une tache hyaline, les jambes, les tarses et l'abdomen roux. Des espèces de grande taille (sous-genre Megischus, Brullé) appartien- nent aux régions chaudes des deux mondes, Indes, Brésil, etc. Nous représentons, pi. lxxvu, fig. 5, la femelle du S. furcatus, Aud.-.Serville, du Brésil (5 a, bord antérieur du prothorax et tète vus en dessus; 5 6, tète vue de face). Cette espèce, dont le corps atteint 3 centimètres et la tarière à, est noire, avec les joues et la base des mandibules rous- ses, les ailes d'une teinte bistrée avec les nervures noires, le second segment de l'abdomen lisse, les valves de la tarière noires. Tribu des CllAl.cmiE^'S. Les Chalcidicns forment, avec la tribu suivante, les Proctotrupiens, ces Hyménoptères entomophages, tous de faible taille, que Linnœus appelait les petits Ichneumons {Ichneumones minuti). Ils correspondent aux Pteroinalini de Dalman, aux Diplolépaires de Spinola, aux Chalci- didœ de Walker, aux PteromaU'dœ de C. G. Thomson. On rencontre ces petits insectes en très-grand nombre sur les plantes de toute nature, les femelles en quête de larves pour pondre, les mâles recherchant les femelles pour l'accouplement. On les ramasse en forte proportion en promenant le filet fauchoir sur les feuilles et les fleurs, surtout dans les prairies et dans les bois. On les obtient aussi en élevant des larves d'in- sectes, et c'est le seul moyen de connaître leurs mélamorphoscs. Le plus grand nombre des Chalcidiens vit dans les larves d'insectes de divers ordres, ne cherchant d'ordinaire que de la chair fraîche, et pre- nant leurs victimes non-seulement dans les espèces du même ordre, mais aussi d'ordres différents. Des Chalcidiens variés nous rendent de grands services en diminuant le nombre des Scolytiens si nuisibles aux forêts. Le fermier doit se réjouir quand il voit ses sacs de blé couverts de petits Chalcidiens d''un vert brillant destinés à anéantir la Calandre {Sitoijhilus çjranarius); un Encijrtus détruit l'utile Coccinelle à sept points. Beaucoup d'Hyménoptères nidifiants sont attaqués par les Chal- cidiens, aussi bien les Mellifiques que les Fouisseurs : ainsi j'ai vérifié qu'un Euryfoma détruit dans les tiges creusées de la Vigne la larve du Pempliredun luyubris A.cs Leitcaspis inlioùniscni, da.ns les nids des Abeilles maçonnes et dans les cellules à larves des Guêpes, leur longue tarière, portée au repos sur le dos, et que la femelle, soulevée sur le bout de ses tarses, fait passer en dessous, entre son corps et ses pattes, par la même manœuvre que les Pimples. Les Tenthrédiniens nuisibles sont les fréquentes victimes des Cliak'i- diens. Ainsi le Pteromaliis sulifumatus, Hatz.,vit dans les fausses chenilles GIRARD. m. — 3 3^ HYMÉNOPTÈRES. du Lophyre du Pin. Les chenilles des Lépidoptères sont la proie la plus ordinaire des larves de Clialcidiens : ainsi le Pteromalus puparinn, \Ànn., auxiliaire des cultivateurs de toute l'Europe, vit en société et subit sa nymphose dans le corps d'un grand nombre de chenilles, notamment de la Piéride du Chou, et plus de mille peuvent sortir du corps d'une grosse chenille. Les nichées d'adultes ainsi éclos offrent parfois les deux sexes mélangés, parfois un seul, mftle ou femelle, fait que nous retrouverons pour beaucoup dePsychides (Lépidopt.j, et qui est peut-être un moyen naturel d'éviter les unions consanguines. Parmi les Hémi- ptères, les Aphidiens sont la proie de divers Chalcidiens, ainsi du Ptero- malus Aphidis, Nées d'Es. ; plusieurs Eticyrtus et le genre Coccobius, Ratzeburg, vivent uniquement aux dépens des Cocciens. Les Diptères ne sont pas épargnés. Si ÏEupelmus Sijrphi, Bouché, donne pour nourriture à ses larves les larves utiles des Syrphus Ribesii et balteatus, les Ptero- malus sont de précieux agents contre les Diptères qui détruisent le blé, et les larves de Spalangia nigra, Latr., dévorent les entrailles des pupes de Musca domestica. 11 y a des Chalcidiens qui pondent dans les galles, ainsi surtout les Callimome à longue tarière, soit dans les galles des Cynipiens, et alors les larves sorties de leurs œufs mangent les larves féculivores des Cynips et des Synergus, soit dans les galles des Cécidomyies, où les larves des Chalcidiens dévorent les petites larves des Diptères; des Eulophus, ainsi E. gallarum, Linn., de toute l'Europe (genre Olynx , Fôrster); des Elachcstus, Spinola, pondent dans les galles où vivent les fausses Che- nilles des Némates (Tenthrédiniens). Il y a de très-petits Chalcidiens dont la ponte se fait dans les œufs des insectes : un Pteromalus pond dans les œufs de la funeste Galéruque de l'Orme; VEntedon ovuloruiu, Ratz., dans les œufs de Tenthrédiniens; un Eupelmus dans les œufs de VAttacus Yama-maï, G.-Mén. ; un autre, E. Cicadœ, Giraud, dans les œufs des Cigales. On voit éclore de l'oothèque de la Mante religieuse le rare Palmon pachymerus, Dalman, du type des Torymus, d'un indigo violet brillant, à pattes jaunes, avec les cuisses postérieures très-larges et dentelées, d'un bleu verdâtre brillant (pi. i.xxix, fig. 16; 16 a, cuisse postérieure très-grandie). La femelle enfonce sa longue arière dans les œufs de l'oothèque. Les Chalcidiens offrent les plus nombreux exemples de parasites de parasites, ou parasitisme du deuxième degré (le docteur Giraud a même constaté un cas de parasitisme du troisième degré). Les Braconiens entomophages sont les fréquentes victimes de Chalcidiens; on ne peut pas élever de chenille piquée par les Microgaster, sans voir éclore en outre des Chalcidiens; du corps des Aphidius renfermés dans divers Pucerons sort le Chrysolampus aphidiphagus, Ratz., etc. Il y a des Chalcidiens dépourvus d'ailes, surtout chez les femelles : ainsi les femelles de beaucoup à' Eupelmus et celles du genre Ccroce- phaUti Wcstw. ; parfois des espèces ordinairement aptères prennent des CHALCIDIENS. 35 ailes dans les automnes chauds, ainsi pour le Ckoreius ineptus, Dalman, par le même fait d'excès de développement que chez la Punaise des lits et la Lygée aptère. Le genre Monodontomerus, Westw., offre ce fait curieux, que les femelles ailées entrent pour pondre dans les nids des Anthophores et des Osmiens, soit sur leurs larves, soit sur un Acarien parasite qui les dévore, VUeteropus ventricosus, taudis que les mâles, qui n'ont que des rudiments d'ailes, par le même fait que certains mâles de Némoures (Névropt.), ne peuvent quitter le nid où ils sont nés. Il y a des Chalcidiens sauteurs, surtout ceux où les jambes intermé- diaires sont armées d'un grand éperon, ainsi dans les Encyrtus. Cette faculté du saut appartient à de très-petites espèces à pattes grêles, et des espèces à cuisses postérieures renflées, comme les Chalets, ne sautent pas. De même les Sagra (Chrysoméliens), à cuisses postérieures très- renflées, ne sautent pas. Foudras a donné, à propos des Attises (voy. 1. 1"^% p. 799), l'explication anatomique de ce fait. Il y a parfois de grandes variations sexuelles chez les Chalcidiens, outre une autre structure des derniers anneaux de l'abdomen et leur nombre différent, ordinairement sept chez les mâles et six chez les femelles. Les mâles de divers Eurytomides, ont les antennes noueuses et ornées de longs poils; dans les Eulophides, les antennes des mâles sont très-ramifiées, offrant 2, 3, Zi, 5, 6 et même 7 branches. Les Cero- cephala ont la tète surmontée de trois cornes dans les mâles; certains genres ont le dernier article des palpes des mâles grands et globuleux, ou les pçilpes maxillaires fourchus par prolongement de leur troisième article, etc. Parfois les Chalcidiens sortent adultes des larves ou des nymphes qui les ont nourris. Parfois leurs larves, ayant atteint leur développement, quittent la larve nourricière et se fixent à son corps ou aux feuilles voisines, à l'aide d'un enduit agglutinant. En général, les nymphes de Chalcidiens ne se renferment pas dans des cocons ; certaines espèces font entrer dans la construction de leur enveloppe les débris des larves dont elles ont vécu. Les espèces à longue tarière ont cet organe couché sur le dos pendant l'état nymphal, fait qu'offrent aussi les espèces à longue tarière des autres tribus d'Hjinénoptères entomophages. Les espèces à étroit pédicule abdominal sont pliées en deux dans la nymphose (Haliday). Les larves des Chalcidiens sont de très-petits vers apodes, le plus i^ouvent blanchâtres et d'aspect charnu. Leur forme est ovale- allongée, avec l'extrémité postérieure amincie et de légères traces d'articulations; la tète, petite et sphéroïde, pouvant rentrer dans le premier anneau du thorax. Parfois la face inférieure du corps présente deux tubercules par segments, rudiments d'autant de pattes. C'est ce qui arrive pour la larve de Sptilangia nigra vivant dans la Mouche domestique (Bouché). Nous verrons un fait analogue pour les larves apodes des Volucelles (Diptères, Syrphiens). 36 HYMÉNOPTÈRES. Caractères^ généraux des Cbaleidiens adultes. — Coips toujours petit, le plus souvent avec éclat métallique, vert, bleu, d'un bronzé doré ou rougeâtre, ainsi dans les types Perilampiis, Tonjmus, Eupelmus, Pteromalus, etc.; parfois terne et noir ou brun foncé, comme dans les types C/ioic/5, Eurytoma, Encijrtus, au moins pour la tète et le tho- rax, etc. Antennes brisées, éloignées des yeux, ayant au maximum treize articles, souvent épaissies au bout. Pronotum n'atteignant pas les écailles. Ailes supérieures n'ayant pas de cellules complètes, la nervure postcostale atteignant le bord antérieur de l'aile loin après la base et y formant un stigma le plus souvent linéaire, les autres nervures plus ou moins abrégées. Pattes à articles tarsaux en nombre variable (exception chez les Hyménoptères), les cuisses postérieures quelquefois renflées et dentées en dessous (Chalcis), les jambes intermédiaires parfois épaisses et armées d'un long éperon denté en scie au côté interne. Abdomen à segments libres, leur bord latéral non aigu, parfois étroitement et longuement pédicule, le plus souvent d'aspect sessile. Tarière des femelles le plus souvent droite et cachée sous la face ven- trale de l'abdomen, qu'elle ne dépasse pas, s'insérant à une gi-ande distance de son extrémité, parfois très-longue et grêle, ou bien saillante au dehors et rectiligne {Callimome), ou bien se recourbant en dessus sur le dos, par persistance de l'état nymphal (Leucaspis). M. C. G. Thomson (1) divise les Chalcidiens en deux sections : i° Ma- crocentri : Antennes le plus souvent multiarticulées; mésosternum parfois en bouclier; ailes supérieures ayant le stigma plus long que la côte, la nervure radiale souvent grande, parfois courbée; jambes anté- rieures armées d'un grand calcar recourbé, tarses pentamères. 2° Micro- cenin. Antennes le plus souvent de peu d'articles; ailes supérieures ayant le plus souvent le stigma long, parfois plus long que la côte, les nervures radiale et métacarpienne le plus souvent courtes; jambes antérieures n'ayant qu'un calcar grêle, court et droit ; tarses le plus souvent tétramères, rarement trimères, très-rarement hétéro- mères. Kous adopterons la division artificielle, commode, des catalogues de collections: Chalcidiens pentamères {Macroccntri), tétramères et trimères (Micrucentri). PENTAMKHblS. IjI'II «".*<*I»I«, Fabr., ou LeucosI'IS. — L;ibre allongé et échancré. Ailes anté- rieures pliées en long' au repos, comnie chez les Guêpes et ayant une cellule radiale. Jambes postérieures Ircs-arquées, caiialiculées en dessous, prol(»ni,^ées (1) S/ift/u/tnrwic'Hs liijmenuptcru, genre Vtcromulus, Swederus. Lund, 1875, I. IV, lasc. \. LEUCASPIS, CHALCIS, ETC. 37 en épine; cuisses postérieures très-renflées, ovalaires, dentelées en dessous. Tarière des femelles longue et grêle, recourbée au repos sur le dos de l'abdomen. Les Leucaspis sont les plus grands Glialcidiens, vivant des larves de Guêpes, de Chalicodomes, d'Osmies, ornés de taches jaunes ou rouges sur fond noir. Une quinzaine d'espèces du midi de l'Europe et du nord de l'Afrique. A citer deux espèces à taches jaunes : L. gigas, Fabr., de 12 millim.,du midi de la France et d'Algérie, en juin et juillet, sur les fleurs, et L. dorsigera, Fabr., de 8 à 10 millim. Nous représentons L. pediculata, G.-Méii. ^pl. lxxix, fig. 7, femelle), de Java, noire, à bandes d'un jaune fauve. caAL,rm, Fabr. — Antennes de 13 articles, insérées au milieu du front, plus ou moins fusiformes. Jambes intermédiaires avec un calcar au bout; jambes postérieures prolongées au bout en épine longue et forte ; cuisses postérieures très-larges, avec le bord inférieur en scie ou dentée. Abdomen brièvement pédicule. Les Chalcis comptent plus de vingt espèces en Europe et d'assez nombreuses exotiques. Les espèces d'Europe sont parasites de larves de Gassides, du Fourmilion, de Zygènes, etc. Nous représentons ('. Lasnieri, G.-Mén. (pi. i.xxix, fig. h), de Guba, d'un rouge écarlate, à ailes d'un brun noirAtre, et les détails d'une espèce d'un genre très-voisin, Smicra, Walker, à abdomen longuement pétiole, les jambes intermédiaires sans calcar, le S. sispes, Linn., de Suède, de France, très-rare auprès de Paris, attaquant les larves des Stratiumijs (Diptères), noir, à ailes enfumées, les pattes variées de roux (pi. lxxix, fig. 5, antenne du mâle ; 5 a, labre; 5 b, mandibule ; 5 c, mâchoire et son palpe; 5 d, abdomen vu de profil). Le genre \omn, Phasganophora, Westw., formé d'exotiques, à cuisses comprimées et ovales, à abdomen brièvement pédicule, à tarière droite et saillante, aussi longue que l'abdomen, est figuré par le P. caudata, G.-Mén., femelle, du Brésil (pi. lxxix, tig. G), noir, à ailes transparentes et jaunâtres, les tarses jaunes, les cuisses postérieures avec une tache jaune en croissant. Le genre Dirhinus, Dalman, compte deux espèces du midi de l'Allemagne, et le type d'Egypte et d'Algérie (H. Lucas), D. exmvatus, Daim. (pi. lxxix, fig. 10, tète vue de face avec les antennes; 10 a, tète vue en dessus), insecte noir, à ailes hyalines, les pattes variées de jaune tesfacé. Le genre se dismigue surtout des Chalcis par les mandibules très-proloiigées en avant et par la tète pro- fondément bifide. Le genre exotique Tlwracanlha, Latr., a le corps trèfi-épais et comme globuleux; la tète fort large; l'écusson prolongé de mp.nière ii recouvrir les ailes au repos, et l'abdomen, à la façon des Scut.ellériens (Ilémipl. hétéropt.), fendu au milieu et prolongé postéric:urement en deux pointes aiguës, et toutes les pattes grêles. Ex. : T. Latreillei, G.-.Mén., 38 HYMÉNOPTÈRES. du Brésil, entièrement d'un noir bleuâtre très-luisant (pi. lxxix, fig. 8; 8 a, corps de profil ; 8 6, tête vue de face ; 8 e, mâchoires et lèvre infé- rieure; 8 d, antenne grossie). On a rapporté de Sierra-Leone (Afrique occidentale) un Chalcidien des plus étranges, VAgaon pai-adoxum, Dalman (pi. lxxix, fig. 9, tôte vue en dessus avec les antennes ; 9 a, id. en dessous). Le corps, en entier d'un jaune testacé, a l'abdomen très-étroit, se terminant chez la femelle par une tarière sétiforme plus longue que lui. Les pattes sont très- grâles et le corselet muni de deux épines latérales ; les ailes supérieures larges, les inférieures très-étroites, ciliées postérieurement. La tôte surtout est très-singulière|: très-longue et subrectangle, recouverte infé- rieurement par deux lamelles quadridentées au côté interne, partant de la base des mandibules; les antennes avec le premier article en grande palette triangulaire, les suivants très-grêles, les trois derniers très-renflés et subrectangles, formant une massue allongée ; les palpes maxillaires nuls. PERII.AMPI'^, Latr. — Tête grande et arrondie; antennes courtes, de 13 ar- ticles. Thorax court et épais; écusson grand, prolongé en pointe postérieure- ment. Pattes médiocres, assez grêles. Abdomen d'aspect subsessile, court, sub- arrondi, les segments 2 et 3 les plus grands, U petit, les autres rétractés. Tarière cachée. Les Périlampes, à corps métallique et brillant, comptent près de vingt espèces en Europe et d'autres exotiques. Ex. : P. violaceus, Fabr. (pi. LXXIX, fig. 12, mâle; 12 a, antenne très-grossie ; 12 6, labre; 12 c et 12 d, mandibules; 12 e, mâchoire et palpes). Cette espèce, très-répandue en Europe, de France et près de Paris, d'Angleterre, d'Allemagne, de Suède, vole au printemps sur les fleurs des Rosacées. Longue de Il millim., elle a la tôte et le thorax d'un vert bronzé, l'abdomen et les pattes bleus, avec les genoux et les tarses ferrugineux; DECMTOM.v, Spinola. — Corps épais. Antennes courtes, de 11 articles, termi- nées par une massue de 3 articles, sans verticilles de poils chez les mâles. Ailes supérieures avec un stigma épais, subcarré ou oblong, au-dessous duquel est, le plus souvent, une marque enfumée transverse, dépassant souvent le milieu du disque. Pattes assez robustes, avec jambes postérieures ;\ deux cal- cars, souvent munies de soies raides au bord externe. Abdomen ayant dans les lieux sexes urt assez long pétiole, cylindrique, grêle et défléchi. Tarière des femelles un peu' saillante. Le genre Decaft oma compte en Europe une quinzaine d'espèces. Nous représentons, pi. lxxix, fig. 11, le I). s'ujnainm Nées d'Es., var. Coo- peri, Curtis, femel'j^e, de France et d'Angleterre (fig. 11 a, anlonne de la femellf'»; H />, tarse postérieur; 11 r, altdomen de profil). A côté DECATOMA, ETC. - EULOPHUS. 39 de ce genre se placent les genres Eunjtoma, Illiger, à antennes des mâles ornées de verticilles de poils (/:'. plumatum, Illig.), comptant soixante espèces européennes, et Isosoma, Walker, ayant plus do trente espèces en Europe. Ces genres offrent des espèces noires, rarement tachées de jaune, sans éclat métallique, vivant le plus souvent dans les galles de Cynipiens et de Diptères, et qui sont aussi parasites de Microgastres, d'Osmies et de divers Fouisseurs, de Scolytiens, etc. Dans le genre Cleonymus, Latr., les antennes sont de onze ou douze articles (pi. i^xix, fig. 13), terminées par une massue conique, et elles sont, dans le genre Encyrtus, Latr., filiformes et poilues chez les mâles, comprimées et se dilatant peu à peu vers le bout chez les femelles, en une massue largement tronquée (pi. lxxix, fig. l/i). Les Encyrtes, très- nombreux en espèces, ont le corps grand et robuste, avec la tOte et le thorax non métalliques, l'abdomen l'étant quelquefois. Le genre le plus nombreux des Chalcidiens pentamères est celui des Pleromalus, Swederus, ayant en Europe plus de six cents espèces, qui vivent dans les insectes de tous ordres. Leur corps, d'un vert bronzé ou bleuâtre, est un peu poilu, avec les cuisses grêles, les pattes pubes- centes, les antennes filiformes et grêles, de treize articles, le thorax large et court, l'écusson ovale, l'abdomen ovalaire, plus court que le thorax et beaucoup moins large, la tarière cachée ou à peine saillante. Le type est le P. puparum, Linn., le Cynips des chrysalides des papillons de Geoffroy, long de 3 millim., d'un vert bronzé obscur, à ailes hyalines, l'i jambes et tarses testacés, sortant fréquemment des chrysa- lides des Pieris Brassicœ et Rapœ et de nos Vanesses indigènes. TÉTRAMÈRES. EULOPHl'l^, Geoffroy. — Tête courte et large ; antennes de 9 articles chez les mâles, 3, 4 et 5 émettant une longue branche à leur base ; de 8 articles sim- ples chez les femelles. Pattes simples, droites, subégales. Abdomen déprimé, sublinéairc, un peu plus étroit que le thorax. Les Eulophes, qui comptent en Europe près de deux cents espèces, vivent surtout aux dépens des chenilles de Noctuelles et de Microlépi- doptères, et par suite nous sont fort utiles. ]/E. pectinicornis, N. d'Es., de 2 millim., est d'un brun noirâtre bronzé, à ailes diaphanes, à jambes et tarses jaunâtres (pi. i.xxix, fig. 15; 15 c, antenne du mâle-, 15 b, an- tenne de la femelle). L'^. ramicornis, GeolVroy, de même taille, est d'un vert cuivreux brillant, avec les appendices fauves en partie. Ces deux espèces, répandues dans presque toute; l'Europe, se prennent à la fin de l'été, en fauchant sur les fleurs. ÛO HYMÉNOPTÈRES. TRIMÈRES. Les Chalcidiens à trois articles aux tarses sont peu nombreux. Nous citerons seulement un fort curieux genre, de l'extrême midi oriental de l'Europe et des îles de l'Archipel, le genre Blastophaga, Gravenhorst, ayant des analogies avec le genre Agaoïi, à. mandibules munies à la base d'une lamelle cornée subovale, à palpes maxillaires réduits à une soie, à pattes des paires 1 et 3 courtes, avec grandes cuisses ovales et jambes triangulaires. Ce genre, de place incertaine, paraît se rapporter à l'ancien Cynips psenes de Linnœus. Un autre genre, Stjcophaga, Westw., a les mandibules ordinaires, les pattes comme les Blastophaga, et une longue tarière à trois soies égales. Tous ces insectes sont encore très-mal connus. On leur attribue le phénomène de la caprification, ou pratique par laquelle on fait grossir les figues dans le Levant, l'Archi- pel, la Grèce, le Tyrol, la Kabylie, etc., en suspendant de place en place entre les Fi'guiers des figues sèches d'où s'échappent ces petits Hymé- noptères qui s'introduisent dans les figues encore jeunes. On ne sait trop s'ils provoquent la fécondation des fleurs femelles, ou si leurs piqûres accélèrent la maturation, comme cela se remarque souvent pour les fruits percés par des insectes variés. Sont-ils attirés par des larves dans lesquelles ils pondraient? Toute cette question de la capri- fication est encore fort obscure et a besoin d'études cntomologiques sur place. Tournefort a décrit cette pratique dans son Voyage au Levant et âa.n%leè Mémoires de rAcad. des se. de Paris en 1705. On consultera sur cette question spéciale : J. 0. Westwood, On Caprification as practised upon the Figs in the South of Europa and the Levant, with Descriptions ofthe Insects employed for that pur pose, etc. {Entom. Soc.of London Trans., 1837-18Ù0, t. Il, p. 21/i-22Zi ; Revue zoolog., 18/|1, p. 13Zi). — G. Gaspar- rini, Ricerche sttUa natura del caprifico, e del Fico e sulla caprificazione (Naples, 18Zi5, in-Zi" avec 8 pi., 97 pages). — Colonel Marlin, Caprification du Figuier en Kabylie {Bulletin Soc. d'acclim., S'' série, 1869, t. VI, p. 62'2). Bibliographie dos €l\aiciAien». — Fr.\\a.\ker, MonographiaChalciditnm [Entomol. Magazine, 1 833, 1835, 1836, 1837, 1838).— Nombreux mémoires sur les Chalcidiens répartis dans les recueils suivants : Auîi. of Natui-al ///sforj/, 1838, 1839, 18/i0,18/|/4,18/t6,18i8,18Zi9, 1850, 1851, 1852; AVwmwn's Entomologist, 1 8/i0-18/t2 ; NewmansZoologist,i 8/i5, 18'|6 ; Linnœan Society Trans., iSài; Journal of Entomology , 1862. — Arnold Fcirster, Fine Cen- turie neuer Hymenopteren {Rheinlande und Westfalens Verhandlungen, Bonn, 1851). Hymenopterologische Siudien, 1856, t. II. — D'' G, Mayr, Die europœischen Torijmiden, biologische und systemaiische bearbeitet Verhandl. zool.-botan. Gesellschaft in Wien, 187/i, t. XXIV, p. 53 à lZi3). Die europœischen Encyrtiden (même recueil, 1875, t. XXV, p. 675 à 779). Ces deux mémoires énumôrent les divers insectes d'où proviennent les Chalcidiens. PROCTOTRlJPIE^S. 41 Tribu des proCTOTHIPIEHS. Les Proctolrupiens sont de très-petits Hyménoptères, connus également sous les noms de : Codrini, Dalman, Kees d'Esenb. ; d'Oa:)/»?'£'.v, Latr. ; dePsilotes, Fallen; de Proctotrypidœ, Stephens. Leur couleur est généra- lement obscure, noire ou bronzée. Ils se distinguent des Chalcidiens par leurs ailes très-délicates et fortement irisées, iténéralcment dépourvues de nervures, et par leurs antennes, de 10 à 15 articles, de longueur ^a- riable et moindre dans les femelles, mais qui ne sont jamais coudées, du moins à partir du second article, et le front n'ayant pas la fossette qui sert chez les Chalcidiens à loger le premier article. En outre elles ne se terminent jamais en massue bien marquée. Les mandibules sont plus longues que chez les Chalcidiens; les palpes maxillaires ordinaire- ment longs et pendants, filiformes, de trois à six articles, les labiaux de trois. Les ailes des Proctolrupiens sont parfois rudimentaires et même peuvent manquer (femelles des Gonatopus). Chez les Mymarides les ailes sont fort singulières dansbeaucoup d'espèces, les postérieures très-courtes en forme de soie, les antérieures en long stylet terminé par une spa- tule, le tout bordé de longs poils. Les pattes sont longues, avec les cuisses souvent un peu en massue et les jambes antérieures munies d'un calcar arqué ; les tarses ont habituellement cinq articles, rare- ment quatre dans quelques genres. Les femelles aptères des Gonatopus ont les tarses antérieurs armés de deux grands crochets, fonctionnant, comme les pinces d'une écrevisse, pour saisir des insectes. L'abdomen, de cinq à sept segments, de forme ovale ou conique, présente dans certains genres, comme les Proctotrupes, une longue tarière saillante, arquée et aiguë, parfois au contraire, dans beaucoup de genres, conique, tubulaire et rctractile à l'intérieur, sortant à la façon d'un aiguil- lon, ce qui a embarrassé pour la place de certains genres, comme les Betinjlus, Latr., les Sclerochloa, Fùrster, ou Schlerudcrma, Klug, L;itr., Westw. Les mœurs des Proctotrupiens sont entomophagcs, au moins jjourla très-grande partie, et pareilles à celles des Chalcidiens. Ce sont des' insectes agiles; quelques genres, en petit nombre, capables de sauter. Certains fréquentent les lieux sablonneux et dnauhi Gu}iatopus), d'autres courent à terie ; d'autres voltigent sur les céréales, sur les branches des arbustes, sur les plantes aquatiques, sur les plantes basses, etc., sui\anl riiabilation des larves dont ils se nourrissent. Certains ont leurs nymphes entourées de cocons filés par les larves, cocons très-minces, membra- neux, agglomérés les uns contre les autres, enveloppés de la peau des victimes (certains Plalygaster). 11 y a des espèces vivant de Pucerons ou dans les galles, et des genres qui semblent ne nourrir leurs larves que des œufs des insectes. C'est ce qui a lieu pour le genre Telcas, Latr., U2 HYMÉNOPTÈRES. dont certaines espèces sont très-utiles en détruisant les œufs de Bomby- ciens nuisibles, notanament des Bombyces neustrien et du Saule, de rOrgye antique, du Bombyce du Pin et aussi des Acronyctos (Noctuelles). Dans un genre voisin, les Telenomus 0';w?orum, Thomson, ci Phalœnarum, Nées d'Esenb., ont des mœurs analogues. Le premier est indiqué aussi comme pondant dans les œufs de la Punaise oruée (Strachiaornata,\Ann.), Hémiptère pentatomien qui ravage les Choux. D'après Haliday, plusieurs larves peuvent se développer dans un seul œuf de Papillon. Lq. Cosmocoma ovitlorum, Halid. (Mymarides), pond dans les œufs de la Piéride du Chou. Plusieurs Platygaster, qu'on voit voler en été sur les glumes des céréales, nous rendent des services signalés en pondant dans les larves granivores des Cecidomijia Tritici et destructor. D'autres Platygastres vivent dans les larves des Cécidomyies gallicoles de divers végétaux. Les Diapria, qui paraissent souvent sortir du sol, vivent en larves, d'après Nées d'Esenbeck, dans les larves de Tipules terricoles. Les Belyta, les Cinetus, certains Proctotrupes, qu'on rencontre souvent en automne sur les Champignons, sont carnassiers internes des larves de Tipules fongicoles et de Mycétophiles (Diptères). D'après Haliday, les Bethylus ont au contraire des habitudes de Fouis- seurs, enterrent les chenilles de Microlépidoptères, les entraînant à de grandes distances avec beaucoup de soins et de peines, et les enferman; avec leurs propres œufs dans des trous où, en naissant, leurs larves se trouveront entourées d'une nourriture propice. Le Catalogue Kirchner divise lesProctotrupiens en onze familles, dont les principales ont pour types les genres : Dryinus, Proctotrupes, Latr., Teleas et Sparasion, Platygaster, Galesus, Diapria, Mymar, Helorus. DRYIU'I'S, Latr. — Tête large et dilatée ; antennes de onze articles linéaires. Mandibules longues, étroites, dentelées nu côté interne; palpes maxillaires grêles et très-longs, de cinq articles. Corselet allongé. Ailes étroites, à cellule railiale allongée, atteignant le bout de l'aile ; lobule basai à l'aile inférieure. Pattes longues, à cuisses renflées, à tarses très-larges, à forts crochets. Abdo- men convexe, court et ovalaire. Une trentaine d'espèces d'Europe. Ex. : D. cursor, Haliday, d'Angle- terre (pi. Lxxvi, fîg. 1). Nous représentons en outre les détails d'une espèce d'un genre très-voisin, mais privé d'ailes, d'aspect de Fourmi, Gonatopus formioarius, Ljungh, de France et d'Angleterre (1 a, mandi- bule; 1 b, mâchoire et palpe; 1 c, lèvre inférieure et palpe ; 1 d, patte antérieure avec tarse en pince). HKliOHiitJi, Latr. — Antennes de quinze articles. Mandibules recourbées et tri- dentées au coté interne; palpes maxillaires de cinq articles. Ailes larges et pubescentes ; un lobule basai à l'aile inféiieure. Pattes simples et subégales. Abilonien convexe, à long pédicule cylindroïde, à tarière cachée. HELORUS, SPARASION, GALESUS, INOSTF.MMA. U^ Peu d'espèces en Europe, dont le type de presque tout ce continent, mais assez rare, est ÏH. anomalipes, Panzer, d'un noir brillant avec les pattes rousses en partie (pi. lxxvi, fig. 2 ; 2 a, antenne; 2 b, mandibule; 2 c, mâchoire et palpe; 2 d, lèvre inférieure et palpe; 2 e, labre). I^FAH.%!!ilO.\, Latr. — Corps allongé . Tète à face subtriangulaire ; antennes de douze articles, filiformes, un peu renflées au bout dans les femelles. Palpes maxillaires de cinq articles. Thorax rétréci en avant en cou. Pattes grêles. Abdomen long, à tarière cachée. Le type, d'Angleterre et de toute l'Europe centrale et méridionale, est le S. frontale, Latr. fpl. lxxvi, fig. 3; 3 a, tête de profil; 3 6, mâchoire et palpe). 11 est noir et ponctué, et la tôte a un tubercule cornu au-dessus des antennes. Ce genre compte très-peu d'espèces. Le genre voisin, Teleas, Latr., compte une quinzaine d'espèces en Europe, et il y en a une trentaine dans un autre genre très-rapproché, Prosacantha Nées d'Esenb. Nous représentons les détails du P. c/aiior, Halid., d'Angleterre (pi. Lxxvr, fig. 7, antenne du mâle; 7 a, antenne de la femelle, élargie au bout; 7 6, mandibule; 7 c, mâchoire avec palpe de trois articles; 7 d, lèvre inférieure avec palpes très-réduits). tiAl.ESlS, Curtis. — Antennes de quatorze articles dans les mâles et douze dans les femelles, se renflant au bout. Corselet très-rétréci antérieurement. Ailes sans cellules. Pattes grêles et longues, à cuisses renflées. Abdomen pédi- cule et ovalaire, la tarière caciiée. Très-peu d'espèces. Citons le G. fuscipennis, Curtis, noir, à ailes très- rembrunies (pi. lxxvi, fig. U; ha, antenne de la femelle ; U b, antenne du mâle), d'Angleterre et d'Allemagne. C'est probablement le même que le Basahjs fumipennis, Westw. Dans le genre Cinetus, Jurine, les an- tennes sont filiformes, sans renflement à l'extrémité. Ex. : C graciUpes, Curtis, d'Angleterre (pi. i.xxvi, fig. 8, antenne). lliOSTKlfl.lf.%, Haliday. — Antennes de dix articles, dont les quatre derniers en massue. Palpes maxillaires et labiaux très-courts et de 'deux articles. Ailes ayant une nervure sous-costale épaissie vers le bout. Pattes grêles, à cuisses renflées à l'extrémité. Abdomen très-aplati, allongé, en spatule, attaché au thorax par un très-long pédicule et ayant, chez la femelle, une sorte d'appendice arqué ren- fermant la tarière, partant du premier segment et remontant sur le thorax. Une douzaine d'espèces en Europe. Le type d'Angleterre, de France, d'Allemagne est 17. Bosci, Latr., noir, les bouts des pattes jaunes (pi. LXXVI, fig. 5; 5 a, abdomen de la femelle très-grossi). Le genre très- voisin, Platygaster, Latr., compte plus de cent espèces en Europe. 44 HYMÉNOPTÈRES. M"*'M.%R, Haliday. — Tête large; antennes longue^, surtout celles des mâles, qui ont trois articles ; celles des femelles de neuf articles, se terminant en massue inarticulée. Thorax convexe et ovalaire. Ailes antérieures très-longues et très- etroites, terminées par une palette membraneuse garnie de longs poils. Ailes postérieures réduites à un simple filet. Pattes très-grèles et très-longues, à tarses de quatre articles. Abdomen à pédicule aussi long que lui. Le genre Mymar donne son nom à une famille formée de plusieurs genres, avec la forme si bizarre des ailes. Nous représentons (pi. lxxvi, fig. 6) le M. pulchellus, Curtis, d'Angleterre et d'Allemagne, d'un jaune obscur, les ailes diaphanes avec leur extrémité noire. Bibliographie des Proctotrupiens. — Haliday, Entomolog . Magazine, 1833, t. I. — Fr. Walker, On the Species o/' Pi.atygaster, etc. {Entomolog. Magaz., 183G, t. III, p. 2l7-27Zi). On the Species o/' Tei.eas (isniom. Magaz., 1836, t. III, p. 3/IJ-370). Description of the Mymarid.e {Ann. Xatur. His- tonj, 18/i6, t. XVIII, p. /i9-5Zi). — Arn. Fiirster, Ueher die Familie der MymaridenlLinnœa entomolog ica, 18Zi7, t. II, p. 19i-133). Hijmenopterische Stiidien, t. II, pour les Proctotrupiens en général. — J. 0. Westwood, Further Notices of the British parasitic Hymenopterous Insects (fam. CHALCiDiihi:, Proctotrupid.«, etc.) {Magaz. of Natiir. History, 1833, t. VI, p. hiU-ll21). Tribu des ÉVAIWIEMS. Les Évaniens forment en entomologie un de ces groupes qui sont comme les points singuliers dans certaines courbes de la géométrie analytique. On ne sait trop où les mettre, parce qu'ils ont des carac- tères mixtes. Le Catalogue de M. L. Kischner, suivant complètement les idées de Latreille, place les Évaniens entre les Cynipiens et les Iclincu- moniens; ils seraient mieux, d'après les mœurs de certains genres et leur longue tarière, entre les Ichneumoniens et les Draconiens. Jurine, attachant trop d'importance à la singulière insertion de l'abdomen dans les genres les plus caractérisés des Évaniens, divise les Hyménoptères en trois principales sections : 1° abdomen sessile {Tentlurdinidœ et Siricidœ); 2'' abdomen pétiole, le pétiole placé au-dessus du thorax {Evania, Fœnits, Aulacus, etc.) ; 3" abdomen pétiole, le pétiole fixé après et derrière l'abdomen. Tout le reste de l'ordre. Les antennes sont fortes dans les Evania, Brachygastcr et Fœnus, grêles dans les autres genres. Les cellules alaires ofl'rent les plus grandes va- riations, très-complètes chez les AnUuus, Jurine, plus ou moins mar- quées chez les Evania, obsolètes dans les Pelecinus. La tarière des Evania et des Fcenus est très-longue; elle est cachée dans les Pelecinus : c'est un double fait analogue à ce que nous avons vu pour les divers genres des Ichneumoniens et des Braconiens. ÉVANIENS. — EVANIA. Û5 Il est très-probable que tous les Évaniens {Evaniadœ, Leacli, Eva- nialcs, Latr. , Evanidœ, Westw.) vivent à l'état de larves dans le corps d'autresinsecles; mais comnne ces Hyménoptèressonttoujoursassez rares, leurs mœurs sont mal connues. On sait que les Evania cboisissent les Blattiens comme victimes, et pondent, dit-on, dans la capsule ovigère des femelles. Comme certains de ces Orthoptères sont cosmopolites, il ddit eu être de même de leurs Évaniens parasites. Ainsi il est probable que les Brachygastpr minutus, Olivier, et Evania fulvipes, Curtis, sont indi- gènes, car on les a trouvés sous des pierres et dans les sols pierreux et pleins de plantes basses où courent nos petites Blattes silvatiques, notamment VEctobia lapponica. Au contraire, l'espèce type, E. appen- digaster, qui s'attaque au Periplaneta orirntalis, est probablement un insecte importé avec sa Blatte; on- le voit voler le long des murs des maisons et dans les appartements, et il faut respecter cet utile insecte, malheureusement trop rare. Les Fènes sont regardés depuis longtemps comme Parasites des Apiens et des Fouisseurs; on ne sait si les femelles s'introduisent dans les nids pour y pondre, ou si, comme le Mesosleniis (jladiator, elles en percent à l'extérieur les parois avec leur longue tarière. M. Westwood a rencontré dans la saison chaude le Fœnus jacu- lator (Fène lancier) voltigeant sur de vieilles murailles où se trouvaient des nids de VOsmia bicornis. Le docteur Giraud a obtenu le F. affcc- tator des nids de VOsmia tridentata, et le F. jaculator du Tripu.rijlun figulus. L'aspect des Évaniens, dans leur vol toujours lent, est fort curieux : l'abdomen, qui semble un organe accessoire et insignifiant, se tient relevé et étendu dans toute sa longueur, tandis que les pattes posté- rieures, également tendues, se rapprochent l'une de l'autre et se jettent en arrière, en contre-poids. Latreille dit que ces insectes au repos s'accrochent aux plantes par leurs mandibules, et restent alors verti- caux. GENKES PRINCIPAUX. r.VA.\l.%, Lalr. — Antennns de treize articles dans les deux sexes, filiformes, un peu jilus longues que le corps. Pattes assez grêles, les ])ostérieures très- longues. Forme générale courte l't trapue, due à un abdomen dépassant à peine l'origine des pattes postérieures, petit, comprime, le premier segment en pédi- cule fililorme et un peu arqué, attaclié près de la base du niétatliorax. Les Évanies, vues au \ol, ont un profil de l'abdomen ovalaire chez les mâles et tronqué en triangle chez les femelles, avec une tarière insérée en dessus, s'écartant de l'extrémité tronquée et à peu près de la longueur de l'abdomen. Ces insectes peuvent retirer les pattes et les anteiHies contre le cor[)s, dans de larges sillons creusés dans le thorax et la tète pour les recevoir. iNous représentons, planche Lxxvn, lig. 1, 66 HYMÉNOPTÈRES. VE. lœvigata, Oliv., espèce noire de Cuba, mâle (1 a, le même de profil ; 1 6, abdomen du mâle grossi, ovale et terminé par deux petits appen- dices coniques ; 1 c, abdomen de la femelle grossi et sécuriforme), et, fig. 2, l'abdomen du mâle de ÏE. appendigaster, Linn., espèce cosmo- polite comme la Blatte orientale, d'Angleterre, de France, d'Allemagne, d'Algérie, de l'île Maurice, de Mozambique, du Brésil. Il y a une tren- taine d'espèces d'Evania, des diverses régions des deux mondes et d'Aus- tralie. Le genre très-voisin Drachygaster, Leach (type B. minutus, Oliv.), d'Angleterre, de France, d'Algérie, présente de petites espèces à ailes à peine nervulées, à pattes plus épaisses, avec les postérieures moins longues que chez les Evania. PEIes larves vivent plusieurs mois dans la galle sans que celle-ci cesse de s'accroître. Parfois la galle est caduque et se détache de l'arbre avec son insecte; mais le plus souvent elle persiste us HYMÉNOPTÈRES. après sa sortie, indiquée par un trou rond sur la galle. Souvent la nym- phose et l'éclosion de l'adulte ont lieu dans la galle même, où l'adulte passe l'hiver pour ne sortir qu'au printemps; parfois les larves à leur grosseur quittent la galle pour se nymphoser en terre. Les galles sont dues à un grand nombre de genres de Cynipiens, les genres C//n«/w,Linn., Andricus, Hartig, Aphilotrix, Fcirster, Neuroferus, Ilartig, etc., Rho- dites, Hartig, faisant naître les bédégars ou galles chevelues des Églantiers; Biorhiza, Westwood (syn. ApuphyUiis, Hartig), produisant surtout des galles sur les racines des Chênes, d'où sortent des Cynipiens aptères, comme B. optera, Fabr., ressemblant à des Fourmis, sauf leurs longues antennes droites et mobiles. Ces producteurs directs des galles ont une tarière courte et droite. Il y a des Cynipiens commensaux, à tarière très-longue et enroulée au repos en spirale, perçant les galles déjà formées pour y pondre, et dont les larves vivent à côté de celles du fondateur de la galle et de la même nourriture végétale. Ce sont surtout les Syncrgns, Hartig, habitant indilleremment des galles d'espèce différente (on en a trouvé six pour la galle à teinture du Chêne), les Sapholytus, Forster, Ceroptres, Hartig. Enfin on voit sortir des galles des Chalcidiens, comme les Eurytoma, les Callimome, à longue ta- rière, etc., les larves de ces entomophagcs vivant indifféremment des larves de l'auteur de la galle et de celles des commensaux. C'est le Chêne (1) qui présente le plus grand nombre de galles et des formes les plus variées, ainsi que leurs positions; galles des racines, piriformes, accolées les unes contre les autres parleur extrémité étroite; galles des écorces; galles des bourgeons, et en particulier celles en artichaut des bourgeons d'attenie gonflés et déformés; galles des feuilles, tantôt en forme de petites pommes rondes, dures ou molles et rouges, tantôt triquètres et plates, tantôt en di.sques circulaires rougeâtres, attachées sous le bord inférieur des feuilles par un court pédicule, lisses contre la feuille, velues du côté opposé, et prises pour des plantes parasites [galles en champignon de Réaumur); galles des chatons mâles ou galles en groseille de liéaumur ; galles des fruits ou des glands. Ce sont des Cynips qui produisent sur les bourgeons des Chênes du midi de la France, de l'Espagne et d'Orient, ces galles dures et rondes, tantôt lisses, tantôt hérissées d'aspérités, si riches en tannin, qu'on peut retirer par déplacement au moyen de l'éther. Le commerce en fait un grand usage pour la préparation de l'encre et des teintures noires, en les traitant, pilées ou concassées, par le sulfate de protoxydc de fer, qui se peroxyde peu à peu à l'air, et donne du tannate et du gallate de peroxyde noirs. Ce sont là les 7ioix de galle. Le commerce appelle galles blanches, celles récollées après la sortie de Vinsccic; galles vertes, (l) G. Mayr, Die Ei/tmiet/ilfr ilei- vn'Ucli'uroïKr'ischrn EichcnguHcn (Ic-s Com- mensaux internes des galles du Clunie de l'Europe moyenne) (Ver/taru/i. zooL~ hoUtn. Gescllsch. in Wicu, 1872, t. XXll, p. GG9-726). CYNIPIENS, h9 blriii's (11! jc'n/jï'.v, l'clicà qui le l'cnrcrmciit, ciicoi'c. iin ;i ciic tlaii^ l'Amé- rique du Sud des galles doimanl une leiiilure vei'te. Il y a des ,!,^•^ll('s analogues à des boutons, à des pustules rondes ou piriforme?, sur la surface des feuilles du Mètre, de l'Orme, du Peuplier. Certaines iiallcs ne sont pas des productions exform^s, surajoutées, mais des rentli^- menfs de divers organes du végétal, ainsi des tiges de Honcc, de Char- don, de Scabieuse, etc. Vn petit Chêne des bords de la mei; .Morte porte des galles colorées dues à un Cynipien, ressemblant à des pommes ou à des poires, et qui ont beaucoup exercé les commentateurs de la lîible : ce sont les Pommos de Sodome (Mala Sodoriiiticu, Poiiia iii'i/cia(pl.Lxxx,tîg. il, tètegrossiej comptentune trentaine d'espèces en Europe, une nuisible aux Poiriers en espalier et en quenouille, une (L. silvatica, Linn.) à beaucoup d'arbres forestiers, plusieurs aux plan- tations d'arbres résineux. Les larves semblent glisser plutôt que mar- cher, car elles manquent des pattes transitoires. Elles se laissent tomber d'une feuille à l'autre, suspenducspar un fil de soie. Leur corps se ter- mine par deux pointes courtes, sous lesquelles sont deux longs appen- dices articulés dirigés en arrière. Elles sont assez faciles à détruire, car elles se rassemblent généralement en société sous des toiles à claire- voie, qui les laissent bien visibles. Il faut enlever ces toiles et les brûler avec leurs fausses-chenilles, ouïes flamber sur place à la torche de paille, ou projeter à la pompe un mélange d'eau et de pétrole, ou une lessive très-concentrée de savon noir. Elles se filent des cocons séparés dont l'ensemble est recouvert de feuilles assemblées avec des fils de soie. Il va dcsLyda à larves solitaires, enveloppées chacune dans une feuille enrou- lée et qui descendent sur le sol se filer un cocon mêlé de grains de terre. XVKïiA, Dalmann. — Corps petit, mou et glabre. Antennes de 12 articles, les trois premiers épais, le troisième le plus grand. Tète transverse. Ailes hya- lines, non ciliées, les antérieures avec trois radiales et quatre cubitales. Abdo- men arrondi sur les côtés, avec une longue et grêle tarière saillante. Très-peu d'espèces, du nord de l'Europe. Le type est le A', pusilla, Daim., d'Autriche, d'Angleterre, de Suède (pi. i.xxx, fig. 12, femelle; l'2 a, mandibules ; 12 6, lèvre inférieure et palpes; 12 c, palpe maxillaire ; 12 d, labre; 12 e, oviscapte). Cet insecte, long dé !i millimètres, a le corps d'un brun noirâtre, les pattes jaunâtres, la tète et le corselet irrégu- 58 HYMÉNOPTÈRES. licVement tachés de jaunâtre. La larve vit dans les Pins, ce qui, avec la longue tarière saillante, constitue un passage aux Siriciens. C'EPni'S, Latr. — Antennes à nombreux articles , épaissies au bout. Tète cuboïde ; mandibules tridentées. Ailes antérieures avec deux radiales et quatre cubitales. Pattes assez longues, à cuisses épaisses. Jambes antérieures à un seul éperon ; jambes postérieures et intermédiaires avec une petite dent au milieu ; crochets des tarses longs, un peu courbés, dentés. Abdomen à tarière un peu saillante. Une vingtaine d'espèces d'Europe. Nous figurons une espèce d'Egypte de 15 millimètres, à antennes, tôle et thorax noirs, les ailes très-enfu- raées, les pattes antérieures jaunes, les autres noires, l'abdomen d'un jaune d'ocre assez vif (pi. lxxx, fig. 13). La plus importante espèce, de toute l'Europe, est le C. pygmœiis, Linn.,de 6 à8 millimètres, noir, l'ab- domen annelé de jaune-citron, les jambes antérieures jaunes (pi. i.xxx, fig. IZi, larve grossie, vermiforme, à pattes très-réduites : Ik a, tête de l'adulte ; l/i b, lèvre Inférieure et mâchoires; lli c, mâchoire isolée et palpe; llid, mandibules; lie, labre). Cette espèce est souvent très-nui- si])le aux Blés et aux Seigles. Les femelles, lors de l'épiage, pondent dans la tige au-dessous de l'épi. Les larves, blanches, descendent de plus en plus, rongeant l'intérieur de la tige et les nœuds; les épis, avortés, restent blancs et droits, contrastant avec les épis pleins» encore verts et penchés. Au moment de la moisson, la larve est arrivée dans le chaume, tout près de la racine et s'y file un cocon pour passer l'hiver et devenir nymphe au printemps. Arracher et brûler les chaumes après la moisson et passer au rouleau compresseur, au besoin alterner la culture. Tribu des SïRICIEMS. Pour ne pas trop multiplier les divisions, nous réunirons sous le nom de Siricions trois genres assez disparates, présentant les caractères com- muns qui suivent : Corps à téguments durs, grand, allongé, subcylin- drique ; mésonotum séparé de l'écusson par une ligne transversc. Ailes antérieures ayant la nervure basale insérée dans la première cellule cubitale. Jand.)cs antérieures avec un seul éperon ou calcar. Antennes subglabres, leur base reçue dans un sillon placé entre les yeux et les mandibules tridentées. Ç<»IliF.X, Linn. (syn. llaocEiuis, Georfr.). — Tête dilatée derrière les yeux. An- tennes muUinrticulées, tiliformes ou subsétacées. Palpes maxillaires obsolètes, un peu en massuiï. Pronotnin brusquement déclive en avant. Ailes lijalines. Jambes intermédiaires à un éperon, les postérieures ordinairement à deux, très-allongées, ainsi que les tarses postérieurs ; crochets tarsaux avec une grande dent dressée. Abdomen long, cylindroïdc, arrondi latéralement. Le der- SIREX, XIPHYDRIA. 59 nier see^ment dorsal des femelles, le dernier ventral des mâles se terminant en éperon crénelé. Tarière droite, robuste, longuement saillante. Les Sirex sont des insectes des forêts de Conifères, très-abondants en certaines années dans le nord de l'Europe, volant avec un fort bourdon- nement. Les femelles déposent surtout leurs œufs sur les Sapins et les Mélèzes, choisissant de préférence ceux qui sont récenament coupés ou écorcés, dans un trou foré au moyen de la tarière, qui, grâce à des con- tractions répétées de l'abdomen d'avant en arrière, s'enfonce si profon- dément, que parfois l'insecte ne peut plus la retirer. Il en sort des larves longues, cylindroïdes, charnues, avec les segments plissés, atténuées postérieurement, à pattes rudimentaires, les thoraciques inarticulées, les abdominales réduites à des saillies charnues en dessous, le dernier segment grand, armé d'une pointe ou épine dure. Elles se creusent dans le bois do nombreuses galeries en toutes directions, au point de le rendre parfois impropre à tout service, et peuvent faire ainsi de grands ravages. Elles deviennent nymphes au fond de la galerie, dans un cocon où la soie est mêlée de débris ligneux: et d'excréments. L'adulte éclôt au bout d'un mois ou parfois l'année suivante, ou plus longtemps encore. La force des mandibules des Sirex adultes est incroyable : pour sortir au jour, on en a vu rongeant les bois les plus durs, et même des balles de plomb. Nous représentons S. Lcfebvrei, G.-Mén., mâle (pi. i.xxx, fig. 17 ; 17 a, sa tète), de patrie inconnue. Les espèces les plus fréquentes en France, de toute l'Europe septentrionale moyenne et de l'Amérique du Nord, soni S. juvcncus^ Linn., de 20 à oO millimètres, d'un noir bleu, les pattes et la base des antennes pâles, le huitième segment dorsal de l'abdomen roux chez le mâle, et S. gigas, Linn., de GOàZiO millimètres, d'aspect de Frelon, noir, avec une tache jaune de chaque côté du ver- tex, l'abdomen de la femelle jaune, avec les segments 3 à 6 noirs, celui du mâle jaune, avec la base elle bout noirs. (Détails de cette espèce: pi. Lxxx, fig. 18 , extrémité de l'abdomen de la femelle ; 1S(/, mandibule; 18 b, 18 r, id. de deux autres espèces; 18 d, lèvre inférieure et palpe maxillaire; 18 e, 18/", id. et palpe maxillaire rudimentaire de deux autres espèces; 18 g, labre.) X1I*IIVI>RI.%, Lalr. — Tète rebordée et globuleuse, unie au thorax par un cou très-long- et très-grèle (1). Ailes transparentes, les antérieures avec deux cellules radiales et quatre cubitales, la cellule lancéolée divisée par une nervure oblique. Jambes postérieures à deux cakars ; crochets tarsaux dentés. Abdo- men subdéprimé, à bords aigus; tarière grêle, ciimprimée, un peu arquée, saillante, mais moins que chez les Sii'cx. Peu d'espèces et rarc^s, des arbres résineux; mœurs des Sirex, ponte et larves analogues. Le ly[)e, de Suède, d'Allemagne, d'Anglelerrc, de (1) Âuiïi la tèle se détaclie souvent sur les sujets secs des collections. CO HYMÈNOPTliRES. France, très-rare près de Paris, est le X, Camelm, Linn. (pi. lxxx, flg. 15, tète et prothorax; 15 a, tète grossie; 15 b, mâchoire et palpe; 15 c, extrémité de l'abdomen de la femelle), long de 35 millimètres, dans les deux sexes, noir à. pattes rousses, écailles et angles du prono- tum blanchiîtres, ainsi que les taches latérales de la tète et de l'abdo- men. ORVSSUS, Fabr. — Antennes insérées contre la bouclie, de 11 articles ré- guliers chez les mâles, 10 irréguliers chez les femelles. P.ilpes maxillaires de 5 articles. Yeux convergents. Ailes à peu de cellules, une radiale, deux cubitales; tainbes postérieures à deux calcars, les jambes denticulées extérieu- rement. Tarses à crochets mutiques. Abdomen arrondi sur les côtés, avec tarière capillaire, roulée en grande partie en spirale à Tintérieur, le bout sor- tant du cinquième segment ventral. Ce genre insolite se rapproche des Cynipiens^ surtout des Figites, par la tarière et les ailes à peu de cellules. Le type, du midi de la France, d'Italie, de diverses parties de l'Allemagne, d'Angleterre, de Suède jusqu'en Laponie, est VO. Vespertilio, Fabr., syn. coronatus, Fabr. (pi. LXXX, flg. 16, tète du mâle; IG a, mandibule; 16 b, mâchoire et palpe; 16 c, patte antérieure du mâle). Les deux sexes ont 11 à 12 mil- limètres; l'insecte est noir avec des lignes blanchâtres, les ailes enfu- mées au bout, l'abdomen roux, noir à la base, il faut remarquer sur le front une couronne de tubercules. A consulter pour les Tenthrédiniens et Siriciens : Klug, Die Blatlwes- pen nach ihren (lattungen und Arten zusammengestrllt. Berlin, 1818-1819. — Lepeletier de Saint-Fargeau, Monographia Tenthredinrcn-um, 1823. Paris, in-S". — (i. Dahlbom, Conspecius Tenthredinum, Siricidum et Orys- sinoruin Scandinaviœ. Havnia', 1835. — Theodor Hartig, Die Familien der Blattwespen und Hollwespen, nebst ciner allgemeincn Einleitung zitr Naturgeschichte der Hymenopteren. Berlin, Ilaude et Spener, 1837, 8 pi. (Tenthrèdcs et Sirex a^ec leurs larves). — Arnold Forster, Einlge neite Arien ans der Familie der Blattwespen, in Stettin entomol. Zeitu7ig,lS[\h, t. V, p. 262-26/1, 287-290 (ce sont des Tenthrédiniens des genres D/neura, Cephus, Allantus, etc.). — C. G. Thompson, Ilg me nopter a Scandinaviœ [Tenthredo et Sirex, Linn.). Luud, 1871. Dans son très-récent Tm/t^ de zoologie, le D'"G. v. Koch {(Irundriss ziir Zoologie, Darmstadt, 1878, p. 75) partage les Hyménoptères en huit groupes du premier ordre : Terebrantia, Cynipidœ, Ichneumonidœ, For- micidœ, Scotiadœ, Fossoria, Vespidœ, Apidœ. R D l( E LÉPIDOPTÈRES fiK% w: R % 1. 1 T ■': f^. Les insectes connus liabiluellcment sous le nom de Papillons consti- tuent sans aucun doute l'ensemble le plus riche du Régne animal par l'éclat de leur parure, n'ayant de rivaux sous ce rapport que les Oi- seaux-mouches, dont la nourriture et les mœurs offrent autant d'ana- logies qu'on doit en attendre de groupes aussi ditférents. On peut dire de la plupart des Papillons que ce sont des fleurs animées, rivalisant de splendeur avec la corolle des fleurs immobiles. Ce sont des insectes dont l'aspect séduit au premier abord les gens du monde et les jeunes amateurs. Si les collections de Papillons sont un peu moins nombreuses que celles des Coléoptères, c'est que la recherche de ces derniers est plus aisée en raison de la multiplicité de leurs habitat, et que sur- tout leur préparation et leur conser\alion sont beaucoup plus faciles. 11 faut en effet pour les Papillons un étalage exigeant certains instru- ments; en outre, on ne peut obtenir aisément la plupart des espèces en bon état que par Téducaliou de leurs larves, auxquelles s'applique spécialement le nom de chenilles; ce qui demande du temps et des soins que tous les amateurs ne peuvent consacrer à cet objet. Si nous pas- sons à un ordre d'idées plus élevées, nous devons dire que les Papillons ont des espèces formant les plus utiles des insectes. Certaines espèces, et principalement le Ver à soie du Mûrier, produisent les plus riches des matières textiles, dépassant en éclat et en solidité les produits ana- logues des végétaux, et qui sont l'origine d'une industrie du premier ordre. Par contre, les Papillons, surtout dans leurs plus petites espèces, peuvent devenir pour les cultures de l'homme des ennemis très-dan- gereux, au point que la législation a dû prescrire un éclienillage obli- gatoire comme mesure d'utilité publique, par une loi que rappellent cha(iue année les arrêtés administratifs. Sans exagération, les ravages des chenilles deviennent parfois des calamités générales, obligeant les gouvernements à recourir à des mesures de destruclion. Aulrelbis, aux époques de naïve croyance, les Ibudres de l'excounnuMication 62 LÉPIDOPTÈRES. furent lancées contre les chenilles par lu plus haute expression de l'au- torité, celle des pasteurs de l'Église. Les anciens auteurs nommaient les Papillons, insectes à ailes fari- neuses, à cause de l'espèce de poussière qui reste attachée aux doigts quand on les saisit par les ailes. Linnaeus n'a fait que traduire ce mot en langage scientifique, en créant l'ordre des Lépidoptères (ailes à écailles). La poussière farineuse est en effet formée de poils raccourcis et élargis en brillantes écailles colorées. Ce caractère est parfaitement général. Il reste en effet quelques écailles sur la côte et sur les princi- pales nervures dans les Papillons à ailes vitrées, comme les Sésies, la division des Iléliconies à ailes transparentes, sans parler des poils or- dinaires que peuvent offrir les régions où il n'y a que la membrane transparente qui forme le fond de l'aile de tous les Lépidoptères. Chez certains Macroglosses à ailes vitrées, lors de l'éclosion de l'adulte sor- tant de la chrysalide, les ailes sont couvertes d'une poudre d'écaillés, qui disparaissent dès que le Papillon a tant soit peu volé. On peut dire que, par sa généralité caractéristique, le nom linnéen est préférable à celui de Fabricius, les Glossates, d'après l'orgaue apparent de la mau- ducalion, la spiritrompe, qu'il compare à une langue. Cette spiritrompe de l'adulte manque en effet dans beaucoup de genres des anciens Nocturnes de Latreille, dont les adultes, uniquement destinés à l'ac- couplement, ne prennent pas de nourriture, tandis que les ailes sont toujours chargées d'écaillés poussiéreuses ou au moins de poils qui en tiennent lieu. Pendant longtemps en France, sur l'autorité de Latreille, on subdi- visait les Lépidoptères en trois grands groupes : les Diurnes, les Cré- inisculaires et les Nocturnes, d'après les époques de la journée où l'on rencontrait les adultes à l'état actif ou volant. Celte distinction fort commode, encore usitée souvent dans le langage vulgaire, présente des défauts graves qui doivent la faire abandonner. Elle reste sensible- ment vraie pour le premier groupe, les Diurnes, qui ne volent guère que lorsque le soleil est encore sur l'horizon, bien que dans nos pays on puisse encore voir voler un peu après son couclier quelques Satyres et la Vanesse Belle-Dame, qui s'attardent volontiers sur les sentiers jusqu'à l'entrée de la nuit ; mais elle devient fort peu exacte pour les deux autres groupes. Ils mériteraient plutôt tous deux le nom de Crépusculaires, car les plus nocturnes des Papillons ne pa- raissent pas dépasser onze heures du soir dans leur état d'activité, et encore seulement par les soirées chaudes et hors des temps de pleine lune, les rayons de notre satellite semblant blesser leurs yeux plus ([uc ceux (le l'astre du jour. Un assez grand nombre font exception com- plète : ou voit voler aux rayons mêmes du soleil les Sésies, qui ressem- blent à des Hyménoptères, et les Macroglosses; les Zygènes, les Procris volent toute la matinée entre les herbes des prairies. Les mâles d'un certain nombre de Bombycicns parcourent nos bois, d'un vol saccadé LÉPIDOPTÈRES. 63 et rapide, ii la recherche des l'emelles cachées dans les l'euilles sèches, dans les herbes, ou collées uu tronc des arbres : les uns dans la mati- née, d'autres, de préférence, dans l'après-midi. Les Noctuelles, rnen- tunt à leur nom, ont des espèces qui tourbillonnent toute la journée dans les clairières, les prairies naturelles et artificielles, avec un vol à battements d'ailes si précipités, qu'on ne voit qu'une surface confuse, par persistance des impressions sur la rétine. D'autres, avec moins de rapidité, volent au soleil entre les branches des arbres, ou s'abattent des haies ou des taillis sur les chemins {Brephos). D'autres, enfin, im- mobiles quand rien ne les trouble, s'envolent pendant le jour dès qu'on s'appruche des haies, des bordures des chemins, des troncs d'arbres, des murs où elles sont posées, et d'autant plus vite, que le temps est plus clair, et surtout au soleil (genres Chelonia, Catocala, etc.). Dans les hautes latitudes, où les nuits sont toujours humides et froides, les Noctuelles volent dans la journée. Parmi les Phalénides, qui restent d'ordinaire appliquées contre les feuilles ou les troncs d'arbres quand le jour est sombre, un certain nombre s'envolent au soleil ou par les jours clairs, surtout au moindre bruit, de sorte qu'on a peine à les approcher. Dans les Microlépidoptères, beaucoup de Tordeuses et de Teignes volent dans le jour et surtout le matin, quand la rosée a dis- paru, entre les herbes, les buissons, les branches des arbustes et des arbres, et dans la matinée on voit monter et descendre le long des buissons, d'un vol très-ralenti par la longueur de leurs antennes, qui semblent des fils de soie, les brillantes Adèles, étincelaut au soleil comme des émeraudes ou des rubis. Nous adopterons la subdivision des Lépidoptères en deux grands groupes. Les nus, qui correspondent aux Diurnes de Latreille, sont les Ilhopalocères de Constant Duméril, cliez lesquels l'anlenne se termine par un bouton en forme de massue plus ou moins allongée, et qui n'est pas sans analogie avec la terminaison de l'antenne des Asca- laphes (Névroptères propres). Les autres, nommés Hélérocères par M. Boisduval, présentent des anteiuies de toutes les formes possibles, sauf la massue arrondie à sa terminaison. 11 en est, comme les Zygènes, les Castnies, certaines Sésies. où les antennes finissent en massue, mais fusiforme et terminée en pointe droite ou courbée. Ce sont les Castnies qui se rapprochent le plus des Rhopalocères sous ce rapport. Nous ne prendrons pas la division jjcu employée de M. E. Blan- chard, distinguant les Papillons en Acltalinoptrics (anciens Diurnes), dont les quatre ailes, indépendantes les unes des autres, se relèvent au repos perpendiculairement au corps ou obliquement (llespériens), et en ChaiinopUhes (Crépusculaires et Nocturnes), dont les ailes anté- rieures, toujours au-dessus des postérieures, tantôt restent é*alées à plat avec celles-ci sur le plan de position, les supérieures en dessus, tantôt se recouvrcîiit en tuit sur le corps d'une façon variable, ou même constituent un fourreau plus ou moins enroulé. iM. E. Bluiiciiard fiU i,ÈPinoPT!:r.L:s. attribuait ce fait à la présence du frein, formé d'une soie raide déta- chée de la base de l'aile inférieure, contre .sa courbure du côté du corps, partant de l'attache de l'aile au-dessus de la nervure simple antérieure, et passant de là dans une sorte de coulisse ou demi^î anneau, souvent couvert de poils ou d'écaillés, et attaché au-dessous à l'aile supérieure, plus ou'moins près de sa base. Or, dans les Hespé- riens, qui sont des Acbalinoptères ou Rhopalocères par les autres caractères, l'Euschemon Rafflesia, Mac Leay, d'Australie, présente chez le mâle un frein très-développé, s'engageant dans un anneau écailleux à la base de l'aile supérieure, et se terminant par un bouquet de poils, destiné à l'empêcher de sortir de sa gaine. C'est pour cela que Walker, prenant cette rare espèce pour un Nocturne, la plaçait dans les Agaristides. La femelle n'a pas cet organe. Le frein manque chez les Macroglosses, lesSmérinthes, chez beaucoup de Sphingidcs, chez les CossuS; chez les Attacides, qui tiennent souvent les ailes défléchies au repos, mais parfois aussi relevées, surtout dans l'accouplement. Il est très-développé dans les espèces des types Chelouia et Liparis, où il est reçu dans un anneau écailleux. La plupart des Noctuéliens ont un frein, ainsi que les Phaléniens, où les quatre ailes sont au contraire bien séparées au repos ; toutefois il manque dans les Acidalies. Les Deltoïdes le possèdent, mais peu apparent. On ne s'est pas occupé de cet organe chez les Microlépidoptères, vu leur petitesse. Le frein manque souvent ou est rudimentaire chez les femelles, alors que les mâles l'ont bien développé. Ce n'est pas le frein qui, ainsi qu'on le dit habituellement, empêche le relèvement des ailes des l'apillons noc- turnes ; le mécanisme est bien plus complexe (P. Bert). Jusqu'à pré- sent le frein n'est qu'un organe de curiosité, dont on ne peut pas préciser l'usage. Cet appareil, très-peu visible, n'a donc qu'un rôle accessoire, faisant souvent défaut, et ne peut remplacer le caractère antennaire général et tout de suite apparent, lié d'ailleurs à d'autres particularités distinctives d'organisation. Les Lépidoptères sont des insectes à métamorphoses complètes, les mieux connus des anciens, sous ce rapport. Aristote nous dit dans son Histoire des animaux (liv. V, chap. xviu) : « Les papillons proviennent de chenilles. C'est d'abord moins qu'un grain de millet, ensuite un petit ver qui grossit, et qui, au bout de trois jours, est une petite che- nille. Quand ces chenilles ont acquis leur croissance, elles perdent le mouvement et changent de forme. On les appelle alors chrysalides. Elles sont enveloppées d'un étui ferme. Cependant lorsqu'on les touche, elles remuent. Les chrysalides sont enfermées dans des cavités faites d'une matière qui ressemble aux fils d'Araignées. Elles n'ont pas de bouc'he ni d'autres parties distinctes. Peu de temps après, l'étui se rompt, et il en sort nn animal volant que nous nommons un Papillon. Dans son premier étal, celui de chenille, il mangeait et rendait des excréments; dcveiui une chrysalide, il ne prend et ne rend rien. Il en LÉPIOOI'TÉHES. 65 est de même de tous les animaux qui \ieunent des vers. » Chez les Grées, le mot 'io/f, {psychc) signifie à la l'ois papillon et àme, et beau- coup de philosophes croyaient trouver dans ses trois états une image parfaite de l'homme : sa vie terrestre, comme la chenille qui rampe sur le sol, sa mort et son réveil par l'àme immortelle. Sous les brillantes comparaisons des sages et des poètes antiques se cachait une très-grave inexactitude. Ils croyaient à un changement complet et absolu, dans le sens mythologique du mol métamorphose. On supposait que rien de la chenille ne subsistait dans le papillon, aussi aérien et léger qu'elle est terrestre et lourde. Kéaumur fit voir le premier, en se bornant aux organes extérieurs, que les six pattes thoraciques ou en crochets de la chenille sont réellement les étuis des six pattes de l'adulte, les seules qu'il possède. Si l'on en coupe une ou plusieurs, le papillon qui éclôt par la suite se montre mutilé des mêmes membres. Comme si l'iiomme ne pouvait arriver du premier coup à la vérité, sans y mêler les gratuites chimères de sou imagination et les erreurs de ses préjugés, Swammerdam prétendait retrouver sous la peau de la chenille les différentes enveloppes qui la conduiront au papillon. Ces idées d'emboîtement, provenant de l'absence d'études cmbryogéniques, ont eu beaucoup de peine à disparaître de la science. Kn réalité, il y a une série d'évolutions graduelles; c'est une nouvelle peau qui s'orga- nise sous l'ancienne, crevant comme un gant trop étroit. La phase intermédiaire de repos sans nourriture a pris le nom de chrysalide ou d'aurélic, mots spéciaux à l'ordre des Lépidoptères par une généralisa- tion inexacte de ce qui se passe dans quelques cas chez les Nympha- liens {Arfjynnis, Limenitis, etc.), où de brillantes taches d'or ou d'ar- gent tranchent sur la couleur habituellement terne de cet étui, dans lequel s'organise peu à peu l'insecte adulte. Ces apparences dispa- raissent si l'on place l'animal dans le vide ; elles sont dues à de l'air intercalé sous une mince peau jaune ou blanchâtre. On nomme encore fève, et avec beaucoup plus d'exactitude générale, la nymplie des Lépi- doptères, qui a d'ordinaire une couleur plus ou moins brunâtre et l'aspect d'une graine sèche. La tête des Lépidoptères est généralement arrondie, comprimée en avant d;ms la région du chaperon, plus longue que large et ordinaire- ment plus étroite que le thorax. La tète est très-saillante dans les Rhopalocères et garnie de poils tins; elle est plus petite, moins sail- lante, chez les Hétérocères, nuinie de poils écailleux, et quelquefois entièrement retirée sous le thorax. Elle porte les antennes situées cha- cune près du bord interne de l'œil, formées d'un grand nombre d'ar- ticles souvent peu distincts, ordinairement plus courtes que le corps, rarement beaucoup plus longues (mâles des Adèles). Quand elles sont filiformes et terminées en massue (lUiopalocères et Castnies), celle-ci varie beaucoup, parfois à peine sensible, ou bien s'accroissanl insensi- blement en largeur à partir du tiers de l'antenne, parfois brusquement GUiAUU. 111. — ô 65 LÉPIDOPTÈKLS. formée, taiilùl conique ou Lrouquée, taulôL compriiuce ou déprimée, parfois terminée par une petile pointe en crochet ou e.vcavée en cuil- lère. Les antennes du plus grand nombre de genres des Hétérocères sont filiformes et atténuées à l'extrémité ; chez d'autres (Attacus, Ikimbijj.-, Dicranura, etc.), elles sont pectinées, c'est-à-dire garnies de chaque côté, au moins chez les mâles, de dents qu'on a comparées à celles d'un peigne, ou plumeuses, si ces dents très-longues ressemblent aux barbes d'une plume : ainsi chez certains Attacus, dans les Fidonia (Plialc- niens), etc. Souvent les prolongements en dents de scie ou de peigne, ou en barbules, n'existent que chez les mâles, les femelles des mêmes espèces ayant les antennes filiformes. Elles sont prismatiques dans beau- coup de Sphingiens, linéaires chez les Sésiens, arquées en dehors chez les /Egocères, recourbées comme des cornes de bélier chez les Zygé- niens ou Sphinx béliers, etc. Les organes de la vision peuvent être de deux sortes. Il y a toujours les yeux composés, à très-nombreuses facettes, généralement grands et bordés de poils qui remplissent proba- blement les fonctions de paupières; leur couleur sur le vivant est très- variable, tantôt verte, tantôt rougeàtre chez plusieurs Satyres, brune chez les Sphinx et beaucoup d'Hétérocères, parfois comme lumineuN: dans l'obscurité, ainsi que nous re\pliquerùns. Eu outre, il y a des espèces qui oifrent sur le vertex desstemmates ou yeux lisses, inconnus à la plupart des observateurs et oubliés dans les descriptions, car ils sont ordinairement cachés par des poils écailleux. Nous engageons beaucoup les amateurs à étudier ces stemmales, sur lesquels on ne sait encore que très-peu de chose. Les Khopalocères sont privés de sleramates; cependant, par une remarquable exception, M. S. Scudder a trouvé deux stemmates chez un Ilespérien du genre l'amphila. Les Noctuelles ont deux stemmates constants. La bouche des Lépidoptères présente les pièces des broyeurs profon- dément modifiées et de manière à servir à la succion des liquides, nectar, miellats et di\erses exsudations végétales ou animales. On voit même des Lépidoptères, dans les étés secs et chauds, venant sucer l'eau qui suinte sur la terre humide, près des sources, notamment les Lycènes, les Polyommates, les Vanesses; beaucoup de papillons diurnes ou nocturnes sont attirés par le miel, le sirop de sucre, les fruits coupés ou sèches; de là l'origine des chasses dites à la 'iniclléc, en recouvrant de miel les troncs d'arbres, les piquets, ou en enfilant à une ficelle des pommes ou des poires tapées, arrosées d'un peu d'éther nitreux. Si l'on dégage avec soin les écailles qui couvrent la partie antérieure de la tète, on trouve au-dessous du front une petile lame transversale, rudi- ment du labre, et, de chaque côté et au-dessous, deux mandibules vestigiaires, en forme d'écaillé un peu crocluic; ces ti'ois pièces sont sans usage. F-a pièce buccale principale est la spiritrompe, parfois nue. |)arlbis couverte d'écaillés épideriuiques, souvent hérissée de papiiles àsa partie terminale, (i'cst im tube formé tic deux pièces semi-cylin- I.Él'lUOPTÉRES. 67 driqucs cuniÔL's, liuement striées eu traders, creusées longiludiiiule- menL en gouttière sur la face interne et réunies par leurs bords, de manière à laisser entre elles un canal interne par où montera le liquide. Au repos, la spiritrompe demeure enroulée en spirale entre les palpes labiaux^ car elle est eu général flexible et ne s'étend eu ligne à peu- près droite que lorsque l'insecte l'introduit dans les fleurs. Il y a une exception remarquable pour le genre Ophidcres, d'Australie et de l'Afrique australe. Leur spiritrompe reste dressée et dure, avec des crcnelures latérales : c'est pour ces Papillons hétérocères un organe perforant destiné à trouer la pulpe des bananes et des oranges, et ces Papillons, les seuls nuisibles à l'état adulte, causent de grands dégâts dans les cultures de ces fruits (i). La spiritrompe, toujours bien déve- loppée l'iiez les Hhopalocères, devient extrêmement longue chez cer- tains Sphingiens {Sphinx, Macroglossa, etc.), pouvant atteindre deux à trois fois la longueur du corps. Sa longueur varie beaucoup chez les Noctuéliens ; elle est très-courte dans beaucoup de Phaléniens, et tout à fait rudimentaire chez les Rombyciens et les Attaciens, dont les adultes ne prennent pas de nourriture. On peut donner le papillon du Ver à soie {Sericaria Mon', Linn.) comme type de cette conformation. I.a spiritrompe est formée par les deux mâchoires très-allongées et accolées, et, comme preuve de cette métamorphose, ou trouve à sa base, de chaque côté, un tubercule, comme une sorte de corne, dont les parties ne sont bien visibles qu'à une forte loupe. C'est le rudiment d'un palpe maxillaire couvert de poils très-serrés, formé de deux ou trois articles. 11 est assez facile à apercevoir chez quelques Nocturnes, ainsi les Teignes du blé et de la cire (Gdllcria cerella); il est en général très- petit et si réduit chez les Sphinx, qu'on l'aperçoit à peine, tellement que son existence dans ce groupe avait été révoquée en doute. Sous la spiritrompe et médianement, est une lèvre courte et triangu- laire, entourée de grands palpes labiaux bien développés, redressés, à articles assez larges, très-variables de forme et de dimension, au nombre de trois, le premier très-court, le second grand, le troisième très-petit ou presque nul dans beaucoup de Hhopalocères, parfois très- long chez les Hétérocères, et formant une pointe. Ces articles des palpes sont peu apparents au dehors, car ils sont ou couverts d'écaillés, ou hérissés de poils, tantôt raidcs, tantôt soyeux. Ces palpes, qui en- ferment la spiritrompe roulée, sont parfois assez écartés, mais le plus souvent contigus ou connivents, généralement ascendants et accolés au front, quelquefois cependant parallèles et continuant l'axe du corps: ainsi dans le genre Liinjthca. Quelques auteurs les ont appelés bar- billons. Le thorax, ou l'ensemble des trois segments bien unis entre eux, se (1) Aimé Dufort, in Lépidoptère àh-ompe perfurnnte, ravageur des oranges en Australie {Bulletin de la Soc. d'acclimatation, numéro de juillet 1876)* 68 LÉPIDOPTÈRES. uomine souvent le corselet, mol qui a ici une autre acception que chez les Coléoptères, où le corselet n'est que le prothorax. Chez les Lépi- doptères, le prothorax, très-court, constitue le collier du corselet; le mésothorax et le niétathorax, bien soudés, semblent ne former qu'une pièce unique, terminée postérieurement par un petit écusson triangu- laire, ofl'rant en dessus deux ptérygodes ou épaulettes, plus ou moins développés, et qui sont les mêmes pièces que les écailles des Hyméno- ptères. Les ailes des Lépidoptères sont au nombre de quatre, les antérieures toujours plus grandes et plus développées queues postérieures, qui n'ont qu'un rôle accessoire dans le vol, ainsi que chez les Hyménoptères. Dans beaucoup de Papillons, on peut couper près de la base les ailes inférieures sans que le vol soit aboli; le frein qui relie dans un certain nombre d'Hétérocères l'aile inférieure à la supérieure est analogue aux hameçons {liamuli} des Hyménoptères, crochets situés sur le bord anté- rieur de l'aile de la seconde paire, et venant s'attacher à une nervure du bord postérieur de l'aile de la première paire. Comme cescrocliets» le frein contribue à maintenir les ailes inférieures dans la dépendance des supérieures, lors du mouvement commun de ces rames aériennes qui n'en forment réellement 'que deux de chaque côté. En réalité, l'usage du frein semble assez accessoire, puisqu'il manque chez beau- coup de Papillons, et qu'on peut le couper sans que les ailes inférieures se relèvent indépendamment des supérieures et sans que le vol cesse de se produire (1). Ce sont les muscles du thorax, comme nous l'expli- querons, qui amènent les mouvements simultanés des ailes des deux paires, avec ou sans frein. La nervulation et les cellules des ailes des Lépidoptères sont en grande partie dissimulées par les écailles qui les recouvrent, et il faut enlever celles-ci pour les rendre visibles. Un y parvient, soit en appli- quant les ailes sur un papier gommé qui relient les écailles, comme on le fait pour décalquer ces ailes, soit, plus simplement, en brossant l'aile avec un pinceau plus ou moins dur, suivant la résistance des écailles. Il arrive ici malheureusement, comme pour les autres ordres, que les auteurs n'ont pu se meltre daccord pour une nomenclature uniforme: ainsi Al. Lefebvre (2), Hambur, le docteur lîoisduval, M. A. Guéuée, ne s'accordent pas pour des désignations identiques. Le système le plus simple paraît être celui de llambur, modifié par M. P. M;ibille. L'aile supérieure est traversée par quatre nervures : la première suit la côte; (1) Maurice Girard, Nota sur /es t/iocrse-f expériences relativet. à la /ouction (ta vol citez les Insectes [Ann, Soc. entom. France, séance du22 janvier !SG2). — l';uil Bci't, Coni/iles re/idus de-; séiuices et M('ni"/res de Iti Soc. de l/iologie, 1870, p. GO. (2) Surin jilérolofjie des Lr/i/'doiilères [Ann. Soc. entoni. France, l"-' série, !8/i2, t. XI, p. 1 à 3G, |il. I, 11, m). ri:piDOPTi;RKS. 69 c'csl la nprvurr simple antérieure. Elle peiil être soudée à lii sLiiv;inU', déviée, très-rarement alisorbée par le bourrelet costal. La seconde nervure est la nervure compo.si'.c antérieure; elle pari presque du même point que la précédente, et, sur l'extrémité de la cellule, aux deux tiers de l'aile, elle se divise on rameaux de nombre variable. Ordinairement il y en a six, trois aboutissant à la côte, les rameaux costaux, ou apicaux, on supérieurs, et trois aboutissant au bord externe, qui sont les rameaux inférieurs. Le nombre de ces rameaux peut varier selon les familles. La troisième nervure, ou composée posté- rieure, traverse à peu près le milieu de l'aile et produit trois ou quatre rameaux; c'est le quatrièrne de ces rameaux que M. Guénée appelle nervure imlépendante. La quatrième nervure est la simple postérieure; sa direction est variable et n'est modifiée que rarement dans chaque l'amille. M. P. Mabille compte tous les rameaux par en bas, considérant la côte comme la partie antérieure, le haut de l'aile ; l'espace compris enti'e les deux nervures composées, ordinairement jusqu'à la naissance des rameaux, est la cellule discoïdale. Celte cellule est fermée le plus souvent par une petite nervure transversale, à laquelle les auteurs ont attribué beaucoup d'importance en raison des caractères qu'elle fournit. Il semble à M. P. Mabille que cette nervure n'ait pas d'existence propre, et il est porté à la considérer comme un prolongement de la com- posée antérieure et de la composée postérieure : ce sont en effet deux parties le plus souvent distinctes et qui se soudent par approche; mais ordinairement la partie inférieure est la plus faible. Lorsque les deux parties de cette nervure, qui est connue sous le nom de disco-cellula'ire (Guénée) ou de nervule (Rambur), s'affaiblissent ou disparaissent, la cel- lule est ouverte. (Juand elles sont soudées l'une à l'autre et sont visibles, au moins à la loupe, la cellule est fermée. Les plis de l'aile ont une importance relative, mais souvent considé- rable. Celui qui traverse la cellule discoidale a été pris par Al. Lef'ebvrc comme point de repère pour compter les nervures et leurs rameaux, d'après le système qu il avait étal)li. Ils n'ont heureusement reçu aucun nom, etilest toujours facile de les désiij;iu!r parle nom du rameau \oisin. Les nervures de l'aile inférieure se comptent de la même manière; mais elles subissent d'assez graves modifications. La composée anté- rieure n'émet que trois rameaux, la postérieure peut en avoir quatre.. L'espace abdominal, c'est-à-dire la partie de l'aile qui siiil le l)nr(I abd(j- minal,jus(^u'à l'angle anal. p(Mil, dans certains genres, présenter une ou deux nervures simples en [ihis, (|iii' M. 1*. Mabille nomme uercures abdominales, et elles se comptent à partir du bord. Il n'y a donc que les deux nervures composées qui se ramifient. Il est très-rare de voir les deux antres foi m(M' une cellule |iar dédoublement avec un cdinmen- cemenlde rameau (Castnies, quelques Phaléniens, etc.). Aux ailes supérieures les rameaux de la composée antérieure pcuMMil être réunis jtar des raniificalions IraTisversales. et il se forme ainsi 70 LÉPIDOPTÈRES. des cellules accessoires complètement fermées. Ces cellules, appelées aréoles, se voient aussi à la base de quelques aulres nervures ou même sur leur trajet; l'aréole qui est placée à l'angle supérieur de la cellule discoïdalo, entre le deuxième et le troisième rameau de la composée antérieure, a été appelée aréole siis-cplliilaire ou accessoire. Elle se trouve chez les Ciiélonides, les Rucliélides, les Callimorphes, beaucoup de Noctuelles, certains Phaléniens. Chez les Castnies, il y a dédoublement de la composée postérieure, qui est divisée eu trois nervures, et il y a trois aréoles; la nervure simple postérieure est bifide. Chez les Zeu- zères, il y a quatre aréoles i\ l'aile supérieure ; chez les Attacides (Aitacus Cynthia, etc.), la disco-cellnlaire a disparu, elc. On pourrai! mulliplicr beaucoup ce genre d'exemples. Les ailes supérieures ont une configuration qui fend à se rapprocher plus ou moins de la forme triangulaire; les inférieures sont générale- ment arrondies ou en ovale allongé, quelquefois un peu évidées ou échancrées sur leur côté interne ou abdominal. Dans la plupart des Rhopalocères, ce bord n'est pas évidé, mais mince, membraneux et duveté, formant d'ordinaire, avec celui du côté opposé, un canal ou gouttière qui entoure inférieurement l'abdomen. Le bord extérieur de chaque aile est bordé par une frange, souvent d'ujie autre nuance que le fond de l'aile, soit d'une seule teinte, soit de plusieurs teintes, lors- qu'elle est entrecoupée par des nervures. Elle est formée de petits poils très-serrés, un peu écailleux, et disparaît souvent par usure si l'insecte a volé longtemps, surtout pour les espèces qui se plaisent entre les herbes ou les broussailles. L'intégrité de cette frange, qui fournit un caractère, est importante pour les sujets de collection qui doi\ent (Mrc, autant que possil)le, du premier choiv. La frange est gériéralemenl moins développée chez les Rhopalocères que chez les Hétérocères, et, parmi ces derniers, les Microlépidoptôres ont souvent aux ailes infé- rieures une frange considérable formée de très-longs poils fins, al tei- gnant parfois la moitié de la largeur de l'aile. Les ailes subissent une gi'ande dégradation dans la tribu des IMéro- phoriens ; elles se fendent en lanières comme plumeuses selon leurs nervures, et ont un aspect d'éventail à ii)i âr\' a/A'v t/i's fy'/>/i/()j)irri'x {Ami, c/^'v .'.r. ■,/nlii7\, 1.s;i7, Irvrjor ot iiiars.l LÉPIDOPTkRES. 71 de fines arêtes transversales trùs-rapprochées : ces lignes saillantes sont destinées à produire une certaine adliérence entre les écailles, qui sont toujours plus ou moins imbriquées. Lorsque deux couleurs très-dis- finctos se placent à côté l'une de l'autre sur l'aile d'un papillon, ainsi une bande rouge, jaune ou bleue traversant un espace noir, il n'en résulte jamais pour l'u'il un coniraste violent et désagréable, parce que les bords des deux parties offrent un encbevétrement d'écaillés qui adoucit et estompe les contours. Les dessins des ailes résultant de ces écailles fournissent d'importants caractères pour la distinction des genres : certaines couleurs de fond, des dispositions analogues des lignes foncées, des taches qui restent constantes dans un grand nombre d'espèces, permettent de reconnaître par l'inspection d'une seule aile le groupe, plus ou moins étendu, auquel appartient le papillon. (Cepen- dant, comme la nature ne procède jamais ])ar lois exclusives, il y a des genres très-distincts qu'on serait porté à confondre au premier abord par la disposition des couleurs et des ailes. Il y a môme des Rhopa- locères qui ressemblent tout à fait à des Hétérocères sous ce rapport, au point d'avoir causé l'erreur des anciens observateurs, et pour la dis- tinction desquels il faut recourir aux antennes et à quelques caractères peu apparents. Les ressemblances peu\ent s'étendre à des ordres diffé- rents. Ainsi le vulgaire confond aisément les Sésics par leurs ailes avec certains Hyménoptères: ainsi b; Trochilium apifunnp avec le Frelon, et le Glaiicop'is coarctaia, qui offre l'aspect d'un Icbneumonien. Les pattes des Lépidoptères sont ordinairement grêles si on les com- pare à la masse du corps ; en elfet ces insectes marchent peu et ne se servent de leurs pattes que pour se placer sur les plantes, soit pour sucer le nectar des fleurs, soit pour le repos. En général, les (rois paires ont un développement analogue ; cependant un certain nombre do fa- milles de Rhopalocères ont la première paire de pattes fi'appèe d'atro- phie ; parfois elles sont seulement beaucoup plus petites, mais conser- vent toutes leurs parties ; parfois elles ont les tarses riulimenlaires et sans crochets, sont très-velues, impropres à la marche, appliquées comme une collerette sur le bord antérieur de la poitrine; d'où leur nom de pattes pdhitiiips. Cet avorlement des pattes de devant est le plus souvent propre aux deux sexes (Vanessa, Sntfiriis, Argynnis, Meli- tœa, Limenitis, Charaœes, etc.), quelquefois spécial aux m.lles {Liinjthea, Erijcina, etc.) Des auteurs ont appelé tétrapodes les Rhopalocères of- frant cette réduction des pattes de la première paire, et hexapodes les autres Papillons. Certains Hétérocères ont les pattes très-velues en entier ou garnies de faisceaux, de houppes de poils, surtout les anh'rieures. Les jambes postérieures des Hétérocères ont tantôt deux, tantôt quatre éperons plus ou moins développés; lorsqu'il y eu a quatre, deux soiil placés vers le bout, deux vers le milieu du (ùté interne. Ces ('perons sont très-longs chez certains Tinéiniens et chez les Ptérophores. Les crociicls qui IcrminrnI les tarses ont des ((inCdiinaliiiiis Irès-variées 72 F,ÉpmoPT!':iîES. chez \o.s Uhopalocères^ lanlùt simples et très-longs, laïUôl l'eiidus jus- qu'à leur origine, et alors il peut exister entre eux une large pelote ou semelle flexible. On ne peut pa^ se servir de la forme de ces crochets comme caractères génériques, puisque, dans le même genre, des espè- ces très-voisines peuvent avoir, les unes des crochets simples, les autres des crochets bifides. I/abdomen est cylindroïde dans la plupart des Papillons, parfois en ovale allongé, parfois conoïde (Sphiugiens). Il est formé de sept an- neaux, dont les arceaux dorsaux, beaucoup plus grands que les ventraux, les recouvrent le plus souvent par leurs bords, de sorte qu'en dessous l'abdomen paraît parfois former une gouttière: cette disposition permet une dilatation très-grande de cet abdomen chez certaines femelles où il est rempli d'une masse considérable d'œufs avant la ponte. A son extrémité, entre deux valves du dernier anneau, se trouve une scissure longitudinale, beaucoup plus prononcée chez le mâle que chez la fe- melle, et dans laquelle s'ouvrent les orifices reproducteurs et l'issue du canal digestif. En pressant le bout de cet abdomen on fait saillir chez le mAle des pièces copulatrices, le plus souvent en crochets plus ou moins velu?, parfois (certains Phaléniens, etc.) en forme de couronne érectile hérissée de poils rayonnant en étoile, de manière à empêcher la sortie du pénis après son intromission. En général les femelles n'ont pasd'ovi- scapte saillant, sauf chez les Zeuzères, dont les chenilles doivent vivre à l'intérieur des bois, chez les Dianthécies pondant dans les corolles de Caryophyllées, dont les chenilles rongeront ensuite les ovaires ; l'abdo- men de ces femelles se prolonge en un long tuyau pointu et rétractile, pouvant s'introduire dans les fentes étroites. Chez certains llétérocères Bombyciens, l'abdomen des femelles se termine pard'épaisses toutfes de poils tins et soyeux, qui doivent être déposés sur les œufs comme cou- verture protectrice pendant l'hiver ; dans les deux sexes des Macro- glosses (Sphingiens) il se termine par un faisceau de poils raides et di- vergents étalés en queue d'oiseau. Enfin les femelles des Rhopalocères du genre Parnassius ont sous le ventre, à l'extrémité de l'abdomen, une poche sphéroïde et cornée, dont l'usage est inconnu. En général, chez les Rhopalocères, l'abdomen est de coulcurfoncée; par fois il est de la t einte des ailes avec une bande dorsale plus somhj'e. Dans certains Sphingiens, {DeilephilaElpenor,fJgustri,Celerio,elc.), et chez les Sésies, ilestannelé de noir, alternant avec du rose varié ou du jaune. Il est orné de vires couleurs chez les Chélonies, les (ilaucopis, certains Rombyx ; offre la teinte du fond des ailes cliez les l'rocris, lesZygènes, est lavé de bleu, comme les ailes, chez les mâles de certains Lycœna et T/tec/a; otfre des taches jaunes ou rouges à sa base ou à son extrémité dans plusieurs Pa/n'/eo ; est marqué de points réguliers de diverses cou- leurs chez les Thaïs et beaucoup d'Acra'd, etc. Ees couleurs des Lépidoptères peuvent présenter des variai iims par albinisme ou manque de pigment, soit total, soit parlicl : iTaiilies lois LtPiDOPri:r.i;s. 73 il y a au conliairc mélanismo ou pigmout plus ibnrô que clioz le lype : aiusi poiu' la femelle ol Irès-rarement le mâle de l'Argyiuiis Paphia, variété Ç calczinn^ remplaçant le type dans le Valais, accidentelle en France. Certaines aberrations de couleur sont propres aux races de montagnes. On voit assez fréquemment sur nos côtes océaniques le rouge des ailes de CaHimorpha liera changé en jaune, et cela devient, paraît-il, constant dans le Caucase ; de même il y a des variétés jauru'S de di- verses autres Chélonides à ailes rouges, comme Cachlan (1) cite un grand nombre d'Hétéro- cères qui de\iennent plus funcés en couleur quand on se rapproche du nord de l'Angleterre (tu de l'Ecosse ; c'est au climat brumeux de la Grande-Bretagne que M. Bellier de la Chavignerie attribue la fréquence des aberrations noires ûWmphidasijs betidarid et des Noctuelles pohjudun et Oxijacanthœ. Il existe aussi des phénomèrîes de polymorphisme saisonnier, c'est-à- dire dû à l'influence de la température (voy. A. Weismann, Sur le dimorpimme saisonnier des Lépidoptères, br. en allemand, 1875). l'nc Vanesse du nord de la France a longtemps formé deux espèces, sous les noms de Cartes géographiques fauve et brune. Au printemps paraît Arasclniia levana, dont les chrysalides ont subi l'action du froid de rbi\er, et qui est fauve et plus petite quM. prursa, qui est à fond briui et éclôt eu juillet, de chrysalides à courte existence en été; en retar- dant les chrysalides par une cave froide, on a pu obtenir, en été, soit lerana, soit une variété à caractères intermédiaires, dite purima, qui éclôt aussi parfois en septembre et octobre des chrysalides de prorsa, dans les années chaudes, et ne se reproduit pas. De même Ant'iKicharis lielia, à taches blanches nacrées, provient de chrysalides hibernantes écloses au printemps, tandis que A. Ausonici, à taches d'un blanc mat, est une seconde éclosion de la même espèce au moyen des chrysalides d'été à courte période. He même les Anthocharis Belemia et Gtaiice ne forment qu'une espèce, cette dernière estivale (D'' Boisduval et Pierret). Dans le Papilio Machaon, si répandu dans l'ancien monde, la génération de printemps a toujours le fond des ailes d'un jaune soufre pille ; la génération de la tin de l'été, au contraire, présente parfois des sujets où ce fond tire sur l'orangé. Cela est probablement dû à une insolation de la chrysalide, car h' fond des ailes prend sou\eu[ celte teinte chez les individus de collection exposés longtemps à la lumière. D après M. Zel.ler, leLycœna Polysperchon, forme hivernale, et le Lycœna Amintas, forme estivale, ne constituent qu'une seule espèce. f-es dilîérences sexuelles des l.épidoptères sont de diverses sortes. Souvent, outre les organes i)ro[)ri'S, on ue distingue les sexes qu'à l'abdomen long et cylindroïde du mâle, tandis qu'il est rentlé, ovoïde ou piriforme chez la femelle, surtout lors du développement des œufs fécondés. Ordinairement la femelle est un peu plus grande que le mâle, à couleurs moins vives, à dessins moins prononcés. Il existe, dans certains groupes d'ilétérocères, des femelles à ailes imparfaites, impropres au \ol, en moignons plus ou moins grands {Trirhosoina, (1) Notes ijèiiérfiles .iur les variations des Lépidoptères, traduites de l'anglais, avec annotations pur Maurice Girard et J. Fallou [Ann, Soc. eniom. France, 18(J7). 78 Lf::pii)Oi'Tt:iiLS. Orijija, Xijssia, lliLvniia, Clteiinulubia, Tinra), ou inùmc eutici-emcul absentes (Hibernia defoliuria, Anisopteryx œscularia). tUiez les Psyché et IcèOEceticus, les femelles sont larvilormes et absolument aptères. On ne connaît pas de mâles de Lépidoptères à ailes rudinientaires, comme cela arrive chez certains Perliens (Névroptères pscudorthoptères) el (ilialcidiens ('Hyménoptères;; parfois les ailes des mâles sont caudées plus ou moins longuement, tandis que celles de leurs femelles sont arrondies ou à prolongement bien moins accuse. Le développement des antennes est en rapport habituel avec la sexualité mâle, comme c'est le cas général chez les Insectes ; souvent les antennes sont pectinées chez les mâles et simplement dentées ou même filiformes chez les femelles. Il peut arriver que des couleurs fortement tranchées in- diquent immédiatement le sexe. Ainsi, le mâle du Satyrus Phryne est brun et la femelle d'un blanc de lait ; le mâle de Chelonia mendica noir et la femelle blanche; la plupart des Lycœna et des Tliecla ont les mâles à ailes d'un bleu plus ou moins azuré, tandis que les femelles les ont brunes, et parfois bleues par aberration maris colore; les des- sous des ailes à taches triangulaires ou ocellées restent les mêmes dans les deux sexes. De même les mâles du splendide Morphu Cypris, de Santa-Fe de Bogota, ont les ailes du bleu éclatant le plus riche ; le mâle du Morpho Cytheris est d'un bleu pâle et nacré, tandis que leurs femelles, beaucoup plus rares, sont fauves; les Mars changeants {'Sym- phalides), qui volent dans les bois parisiens au début de l'été, ont de brillants reflets d'un bleu violacé, par suite d'ccailles de deux couleurs suivant le sens d'où provient la lumière diffusée, et les femelles sont d'un brun mat. Les prés et les champs semblent olfrir comme signal du printemps le mâle de VAnthocharis Cardamines, si visible de loin par la tache d'un jaune orangé vif des sommets des ailes supérieures, tandis que la femelle les offre blancs comme le reste de l'aile, etc. Ce sont surtout ces différences tranchées dans les couleurs des deux sexes qui permettent de recoiniaître tout de suite les hermaphrodites bilatéraux toujours très-rares, décrite par divers auteurs chez les Lépi- doptères, privés parfois du vol quand il y a une forte disproportion de grandeiu' entre les ailes du côté mâle et du coté femelle, comme dans l'herniaphrodite du Liparis dispar, de VAllacus Carpini, de ÏAyliaTau. On reconnaît encore ces hermaphrodites bilatéraux chez les llétcro- cères aux différences entre l'antenne droite et gauche chez certains genres; ils échappent à notre attention chez d'autres où les anteimes, les grandeurs et les dessins des ailes sont les mêmes dans les deux sexes {Zyyœna, beaucoup de Noctuelles). L'anatomie interne révèle, chez ces hermaphrodites, un ovaire d'un côté, un testicule de l'autre, mais plus ou nioins atrophiés et sans usage. On a cité aussi des herma- phrodites beaucoup plus rares encore par mélange général et sur les deux côtés des caractères des deux sexes. J'ai vu un Aylia Tau de ce i.Li'jrJUi'JKULs. 79 lypt' dans la colledioii de M. J. l'alluii. On a indiqiio dv.< liei'ina[iln'ij- dites partiels chez [a Li paris lUspar, Rhudocrra Cleopalia, etc. Les Lépidupteres présentent des hybrides résnltant de croisements entre espèces très-voisines, tantôt naturels, comme entre certaines espèces de Zygènes, de Sphinyiens {Deilephila vcspertiUoides, hybride desZ>. Veapertilio ci H ippophaes^ D.Epilobii, hybride des D. Vcspertilio et Euphorbiœ), de Hombyciens, tantôt artificiels et réalisés dans les éduca- tions en captivité des amateurs, comme les liybrides entre les Attacit^ l'iri clSpiiii, les A. Yama-maï cl l'crniji, obtenus par MM. Herce et A. Higot, ces hybrides relournaul, au bout de quelques générations, à r.l. Pcrnyi^ suivant le l'ait général des h\brides féconds, où une des espèces absorbe peu à peu l'autre, comme on le voit pour les Lépo rides, hybrides du Lièvre et du Lapin, et qui revieimenl au l-apiu. Enfin les collections présentent un hybride des Dicranura vinnla et erminca, résultant d'un accouplement opéré à Bordeaux, constaté i)ar ili\ sujets, neul" mâles et une femelle à œufs slérilcs. M. Westwood a obteiui un hybride entre Smerinthiis ucellatus et Populi, ayant un mé- lange parfait des couleurs, des dessins et de la coupe des ailes de ces deu\ Sphingiens. On a signalé des accouplements sans résultat entre les genres Vanessa, Argijnnis et Satijrus. On a trouvé aussi dans des Mi- crolépidoptôres l'accouplement réalisé (Mitrt; deux espèces différentes du même genre, iG^Peroneachristana et nychthcinerana (Tortriciens, Platyo- mides). En 1877, dans ses éducations à Pontoise, M. Bigot u réussi à faire accoupler pendant toute une miit Allacns l'olypheinus, femelle, espèce de l'Amérique du Nord, avec A. l'erniji, mâle, espèce de l'inté- rieur de la Chine ; mais les œufs pondus par la femelle se sont déprimés et étaient stériles. Les Lépidoptères sont un des ordres d'insecles (jui présentent le plus de faits de parihénogenèse, on lucina sinr toncabilu. Un certain ntnnbre d'espèces ont la parthénogenèse exceptionnelle, celle dans laquelle on a empêché le coït, et elle est mêlée, c'est-à-dire doinie des mâles et des femelles. Les femelles de beaucoup d'ilélérocères, non accouplées et cap- tives, pondent des œufs généralement inféconds, parfois accidentel- lement fertiles, et ce fait a été \u dès la fin du xvii'' siècle (Malpiglii, Sur le Ver a noie) et le commencement du xviu"=. On l'a conslalé sur des Sphingiens et sur un(i quinzaine d'espèces de Hombyciens {Sericuriu Mon', L/paris (li.spar, (iaslropacha l'ini, etc.). Héaumur refu- sait de croire au fait u\ancé par (lonstant tùistelel, que des femelles de Ver à soie donnent des œufs fertiles sans mules. Cette i)arthénogenèse du Ver à soie a été bien étudiée par .M. A. Barthélémy {Ann. se. nalur., 1859). La femelle vierge peut produire des mâles et des femelles; ses œufs fertiles noircissent plus lentement que ceux de la femelle fécon- dée; il n'y en a jamais qu'un petit nombre dans sa ponte, lui général, ils vivent peu et ne passent l'hiver (|u'à de rares exceptions, la chenille mourant dans l'œul; et ces obscr\ allons ont été confirmées par M. Bal- 80 LÉPJDOPTÉP.tS. Jjiuiii. On a aussi annoncé plusieurs fois la production d'œul's l'erliles parla l'emelle vierge du Ver à soie de l'Allante, ^^^^rtcus C?/ni/ua, Drury, vertij G. Mén. Un fait fort curieux a été constaté par M. Goossens sur une femelle de Laaiocampa Fini , obtenue d eclosion chez lui. C'est une espèce méridionale et dont il n'y avait pas en ce moment de mâle vivant à Paris. Cette femelle, piquée sur l'étaloir, pondit un grand nombre d'œufs stériles. M. Goossens, voulant empêcher l'aplatis- sement, de l'abdomen, en lia l'extrémité avec un fil de soie, afin d'ar- rêter la fin de la ponte. Les derniers œufs, recueillis quelques jours après, furent féconds et donnèrent des chenilles. Il semble donc que leur fécondité était liée à une incubation plus prolongée dans l'ovi- ducte. On rencontre encore chez les Lépidoptères la parthénogenèse normale, c'est-à-dire ayant toujours lieu dans la nature sur leséclosions libres. C'est le cas de certaines Psychides (1), comme Pstjchc Hélix, nidi- dclla, etc., dont les générations successives sans accouplement donnent exclusivement des ïeme\[es{thèlijfocir de Siebold). Il en est de même pour diverses Tinéides, ainsi les Sollenobia iichenella et triquelrella. Cepen- dant il y a, à certaines époques et probablement pour certaines fe- melles spéciales de Psychides, une ponte de chenilles produisant des mâles, qui servent sans doute à renouveler pour plusieurs générations la fécondité parthénogenique, d'où résultera une série de femelles. Ce sont surtout les Hyménoptères qui produisent la parthénogenèse du troi- sième genre, donnant naissance à des milles seuls {arrhénotocie de Leuc- kart) : ainsi accidentellement pour le genre Apis, normalement pour les genres Bombus, Vespa, Polistes, et, d'après Leuckart, pour un Ten- thrédinien, le Nematus voitricostis. M. Ralbiani explique comme il suit la parthénogenèse des Insectes : C'est un genre particulier d'herma- phrodisme, un appareil femelle spécial donnant à la fois des œufs et des spermatozoïdes qui les fécondent. L'état parthénogenique serait la forme parfaite d'une espèce et elle est monoïquC;, un seul individu suf- fisant pour procréer ses semblables ; les cellules polaires des œufs en sont les éléments mâles, fécondateurs du germe. Les sujets dioïques sont une dégénérescence, un affaiblissement. C'est d'abord le maie qui apparaît avec ses spermatozoïdes conservant une trace transitoire de l'ovule ou cellule-fille sécrétée par la cellule-mère, puis la femelle. C'est là un fuit général chez les Insectes, qui sont presque tous dioïques, et où les mâles éclosent les .premiers, afin d'assurer d'une manière efficace la fécondation des femelles. Des cas térat ologiques assez variés ont été constatés chez les Lépido- ptères. Nous citerons d'abord des ('ciro??(^'//r.»; ou privations de membres: ainsi Rumia cralœgaria (I>halénien) manquant entièrement des deux ailes gauches, sans rudiment ; J/(«/s TwManrfra, sans aile droite infé- (1) Th. y\c •:^U'hv\A, Parihrnixjeiièse ckcz les Insectes (A/m. -c. iialur., ZcoL., 4*^ série, 1850, 1. VI, p. 193). LÈPlDOPJËr.LS. 81 rieuro et sans trace d'uvoilemeut, sujet mâle parfuitcmcut développé du reste et très-coloré ; Attacus Carpini mâle, privé, sans rudiment, de l'aile inférieure ^auclie, Tailo supérieure gauche étant un peu plus petite que la droite et un peu moins colorée ; Dicmtliaxia carpophaçia n'ayant que trois ailes, l'une des inférieures avortée. Un sujet de Zijfjd'ua occilanica élevé de chenille ull'rait, au côté gauche, deu\ l'ois l'aile supérieure, sans aile inférieure ; au-dessous de l'aile supérieure ordinaire la même aile se trouvait entièrement reproduite, même avec son ptérygode ou épaulette. Des difformités alaires assez fréquentes sont des accidents d'éclosion de la chrysalide; une ou plusieurs ailes, qui n'ont pu s'étaler et se sécher librement, restent en moignons chif- fonnés ou sous forme d'ailes planes, mais bien plus petites que dans le type et avec les dessins très-resserrés et réduits, quoique pareils au type, comme cela a lieu transitoirement quand les ailes commencent à sortir de leurs fourreaux chez la clu^ysalide. M. H. Lucas cite ('olias cdiisa, sujet pris en Algérie, ayant l'aile antérieure gauche beaucoup plus petite, avec réduction du point noir de la cellule discoïdale et de la bordure noire ; l'antetnie gauche était aussi sensiblement plus petite. ^■ous pouvons indiquer également Procr/s Statices, et de même un mâle de Polijominatus Eurydice, avec les deux ailes d'un même côté bien plus petites que les deu\ autres; Lycœna Arion (collection J. Fallou) ayant une aile inférieure beaucoup plus petite. Dans ces ailes rapetissées, les dessins et les nervures sont parfaitement conservés. On ne peut expli- quer ces demi-réductions par défaut de nourriture de la clienille, comme on explique souvent les aberrations naines par réduction du corps et des quatre ailes à la fois, constatées chez des Coliadcs, des Piérides, des Satyres, etc. Ce nanisme est habituel sur les Vancsses des Orties {Vanessa Urticœ et lo) provenant des éducations captives, soit que les chenilles refusent de manger, soit par une température trop éle- vée (1). Le développement des chrysalides à une chaleur anormale est une cause de nanisme, comme pour les embryons des œufs d'oiseaux: les l*apillons que Réaumur obtenait par éclosion hâtive des chrysa- lides, placées dans des œufs de verre couvés par des poules, étaient toujours réduits en taille, et souvent à ailes avortées cl chifforniées. C'est ce qui arrive pour les Papillons que des amateurs font éclore en hiver dans une cbanibi'e Ibrtement chauffée, au lieu d'attendre l'éclo- sion naturelle au printemps. Au reste, les amateurs savent que les sujets d'éclosions captives élevés ex ovo sont en général moins grands et moins vivement colorés que ceux provenant de chrysalides récoltées naturellement, et ayant subi, ainsi que la chenille, les phases des températures du dehors. 11 y a aussi des monstruosités p;u' insertions anormales des antennes: (I) Maurice Girard, Sole sur des écloslons avec rcdurlioa de luille de ,V;u;cssa Urticœ {Ann. Soc. entorn. France, 1865. Bull., p. 36). GiiîAKi). m — (^ 82 LÉPinoPTÈr.iis. ainsi un sujet d'Himera pennaria (Phalénion) dont une des antennes était insérée normalement au-dessus de l'œil gauche, et l'autre anormalement placée au-dessous du même organe. On a vu par- fois, dans les Rliopalocères comme dans les Hétérocères, des Papillons aveugles par un arrêt de développement qui consiste en ce que l'adulte a conservé la tête de la chenille ; au-dessous se trouve la peau cépha- lique de la chrysalide, et plus, au-dessous, les antennes, les yeux, les palpes du papillon plus ou moins atrophiés. C'est également un arrêt de développement qui explique certains albinismes des Papillons par décoloration totale ou par places du pigment des ailes et du corps, ou bien par absence d'écaillés sur des portions d'ailes qui demeurent transparentes. Ainsi un sujet femelle de Tcphrosia crepuscularia (Pha- léniens) trouvé à Bondy offrant l'aile gauche, quoique parfaitement développée et de plus grande fraîcheur, dépourvue de toute coloration, ce qui donnait au Papillon un aspect singulier. J'ai pris près d'Angou- lême, en juillet 1875, un Sa t y rus Janira otl'rant régulièrement, vers le milieu de chacune des quatre ailes, une large tache blanchâtre, par absence de pigment. M. A. Barthélémy a cherché à provoquer des monstruosités artifi- cielles en soumettant les chrysalides à des incubations gênées, analo- gues à celles expérimentées par E. Geoffroy Saint-Hilaire, puis, beau- coup plus complètement, par M. Camille Dareste sur des œufs de poule en altérant l'incubation par des positions anormales, des enduits par- tiels de la coque, empêchant ou modifiant la respiration par places, etc. Les expériences ont été faites sur des chrysalides de Ver à soie {Seri- caria Mori, Linn.) (1). En recouvrant de cire la partie inférieure de la chrysalide, les organes génitaux externes se développent cependant, mais plus faibles et moins durs. Si l'on enduit de cire les régions cépha- lique et thoracique de la chrysalide, les altérations sont beaucoup plus grandes. Les ailes et les jambes ne sont plus qu'en très-minces rudi- très-petite, les yeux ne forment qu'un point noir. Au contraire l'abdo- men et les organes génitaux sont bien constitués ; la chrysalide n'ar- rive pas à l'éclosion naturelle, comme l'œuf d'oiseau, dans la plupart des expériences de M. C. Dareste. En comprimant la région céphalique de la chrysalide, on obtient des Papillons tldipsencéphales, à yeux très- petits, à bouche prognathe, à antennes avortées et projetées en avant, à thorax bossu. Le cerveau ne s'est pas développé latéralement et reste comme chez la chenille, ou bien les deux lobes sont inégaux. Au con- traire la chaîne nerveuse abdominale est bien développée, ce qui mon- tre sou indépendance du cerveau. Les organes génitaux, la poche copu- latrice et la glande à vernis des œufs sont devenus énormes, et les su- jets montrent uue grande ardeur à copuler. Si au coufrairt' on comprime (1) A. Barlliolemy, Sid- les monstruosités naturelles et provoquées chez les Lrpiiloiifères {Anit. se. ««/.,ZooL., 5^ surio, 1864, t. I, p. 2'2ô)i LÉPlDUI'ii;ULS. 8.3 l'avanl-dcrnier anneau abdominal où se forment les organes génitaux, tantôt la nature supprime un anneau pour leur faire place, tantôt ils avortent, et le papillon est débile et infirme ; les œufs et les testicules se résorbent, les glandes annexes disparaissent. Ces expériences montrent que la chrysalide est un véritable œuf, comme Ilarvey le pensait. Knfîn la vitalité est trôs-modifiée et devenue très-résistante dans l'état de chrysalide, car de pareilles compressions exercées sur la chenille causeraient infailliblement sa mort. De même on a vu fréquemment des chrysalides piquées d'une épingle par des amateurs novices, non-seulement continuer à vivre, mais se débarrasser des enveloppes et produire le papillon, tandis que des chenilles piquées périssent bientôt. J'explique par des compressions exercées par les électrodes sur les fourreaux alaires des chrysalides les altérations observées sur les papil- lons de Vanessa Urticœ par M. Nicolas Wagner. Elles consistent surtout en déchirures et en trous, ou au moins entaches sans pigment dans les ailes, ce que le naturaliste russe attribuait au passage de courants élcîc- triques, ordinaires ou induits. J'ai parfaitement constaté l'mpossibilité du passage de courants voltaïques, sans lésions internes, à travers les tégu- ment fermes et non conducteurs des chrysalides (1), comme à travers la coque dure de l'ceuf de la poule. Un Attacus Carpini d'éclosion, de la collection de M. J. Fallou, présente des trous aux ailes tout à fait pareils à ceux des Vanesses que M. N. Wagner croyait influencées par le cou- rant voltaïque. Le plus habituellement les Lépidoptères adultes ne vivent pas très- longtemps et s'accouplent bientôt, la femelle survivant un peu au mâle pour la ponte, et leur vie est de plus longue durée si l'accouplement n'a pas lieu : c'est un fait général chez les insectes. La vie est encore abrégée chez les adultes quand l'imperfection de la bouche et du tube digestif les empêche de prendre de la nourriture: ainsi chez les Hom- byciens, les Attaciens, comme on en voit un exemple si connu dans le papillon du Ver à soie du Mûrier. 11 y a exception curieuse pour cer- tains Nymphaliens du genre Vanessa et annexes, comme les Vanessa Antiopa, polycJdoros, etc., et probablement pour Rhoducera Rliamni (le Citron), pour lesquels raccouplenicnt ti'a lieu que S(!pt à huit mois après l'éclosiou de l'insecte parfait. Les adultes d'été tombent en léthargie à l'arrière-saison et même plus tôt, passant l'hiver dans des retraites, reparaissent aux premiers rayons du printemps, diversement défraîchis, parfois [(rcsque intacts s'ils ont peu volé en été. Cliez Vanessa Aniiopii, la bordure jauiu; des ailes est devenue blanche après hiberna- tion, lis s'accouplent alors, et leurs chenilles vivent au printemps et au commencement de l'été. L'accouplement des Lépidoptères est très- (1) Maurice GirarJ, Noie relative à des expériences sur l'acliu/i des courants élec- triques sur les chrysalides des Lépidoptères {Aun. Soc, cntom. Fr., 1866, p. 207). 84 LÉPlDOPTÈHESeï variable dans sa durée et ses préludes. Parfois il ne dure que quelques instants. On voit rarement l'accouplement des Vanesses, qui paraît sur- tout avoir lieu en Tair ; cependant j'ai vu à Compiégne, en avril, deux Vanessa Urticœ aux derniers préludes d'accouplement, la l'cmelle sur le sol, les ailes étalées et abaissées, le mâle prêt à monter dessus. Dans l'accouplement des Argynnes (Khopalocères), les deu\ individus sont à peu près à angle droit, le mâle latéralement, de sorte que leurs ailes, quand elles ne s'agitent pas chez le mâle, ont leurs plans de repos à peu près rectangulaires. M. Fallou a obtenu, sur des feuilles d'Iiuphorbe, des œufs féconds du Deilephila Euphorblœ, placé dans une grande cage à éducation; mais il n"a pas vu l'accouplement. M. A. ^Vailly, à Londres, a obtenu et constaté, dans les grandes cages de treillis servant au grainage de YAttacus )'«?»«-??««>■, les accouplements de deux espèces de Spbingiens, \e?,Deilepliila Elponor et Sphinx Ligust ri; les œufs étaient pondus sur les feuilles des plantes appropriées à ces espèces, en rameaux dans laçage, ou sur les treillis. On ne sait trop, au reste, à quel moment l'accouplement s'opère pour les Spbingiens, qu'on rencontre bien rarement en copulation ; probablement c'est de très-grand matin. Pour les Piérides, les Satyres, les Lycènes, on est fréquemment témoin de leur accouplement sur les plantes, le mâle se posant sur le dos de la femelle, qui incline ses ailes; souvent le couple réuni s'envole, et, quand la femelle est plus grande, c'est elle qui entraîne le mâle, retenu en sens inverse. De même chez les Zygènes. Beaucoup d'Hétérocères ont des accouplements de longue durée, avec peu de mouvements, les corps opposés: ainsi les Bombyciens, certains Phaléniens ; parfois le mâle peut réitérer l'acte plusieurs fois, ainsi chez le Sericaria Mori. Dans les Hombyciens et les Phaléniens à femelles lourdes ou privées d'ailes, les miles recherchent les femelles dans leurs vols vagabonds, attirés par l'odeur, semblent suivre sur les brous- sailles et les feuilles sèches une piste volatilisée, ne voyant la femelle que quand ils en sont très -près, et fondant alors sur elle comme une flèclie. Dans nos maisons, on voit souvent les femelles des Aglofsa posées sur les murs et attendant le mâle, immobiles, l'abdomon relevé et recourbé en l'air. Les femelles des Psyché, qui restent à demeure dans la coque nymphale qui était auparavant le fourreau de la che- nille, l'ont souvent sûi'lir du fourreau l'extrémité de l'abdomen, el, qua.nd il n'y a pas parthénogenèse, subissent l'accouplement sans sor- tir du fourreau. C'est ordinairement cramponnées sur la coque soyeuse (le la chrysalide que les femelles à ailes rudimentaires des Onjijd sont fécondées par les mâles. Pende temps après l'accouplenienl, les femelles se délj;irrasseut de leurs œufs, et la ponte, chez certaines, comme on le voit pour les femelles du Ver ù soie, a lieu même pour les (eul's stériles; en général, elle est facilitée si l'insecte aie thorax liMversé d'uneépingle, el l'on a même pu, par ce moyen, obliger à pondre des femelles de Hhopaio- Li';pinoPTi;Ri:s. 85 ccrcs, eu leur faisant sucer de l'eau sucrée sur une éponge. Le plus souvent les œufs sont déposés ù nu, ou en las, ou en rangées, ou en bracelets spirales, à spires trés-rapprocliées, autour des branches, rete- nus par un enduit collant sécrété autour de la coque par la glande à vernis, lors du passage des œufs dans l'oviducte. C'est toujours ce qui arrive pour les œufs dont l'éclosion sera prompte, mais aussi pour des œufs qui doivent bivern(^r : ainsi ceux de Bombyx Nemtri a et de Bomhij.r castrcnsis, en bracelets autour des branches ou des tiges de (Iraminées (les haijues), ceux de YAtlacus Piri, etc. Quelquefois les femelles poilues de certains Rombycieus recouvrent leurs a'ufs des poils qu'elles arrachent à leur abdomen, afin de les préserver ou des rigueurs de l'hiver, ou du froid intense du rayouni!- raenl nocturne : c'est ce qu'on voit pour les femelles des Liparis dispar, chrysorrhœa, aarijlua, liumbyx lanestris, etc. La femelle peut arroser ses œufs pondus en plaques d'un enduit préservatif qui se dessèche sur eux comme une bave durcie, ainsi chez Liparis Salicis. I*ar suite de l'instinct, les œufs sont déposés par la femelle sur la plante qui doit nourrir la chenille, en une même place si les jeunes chenilles doivent être sociales, isolés un à un ou en petit nombre si les chenilles doivent vivre solitaires, enduits de la glu, insoluble dans l'eau, qui sert à les maintenir adhérents sur les feuilles, si la chenille doit écloie à la belle saison, sur le tronc ou sur les rameaux des plantes à feuilles caduques, lorsque les œufs sont destinés à passer l'hiver et à ne donner les chenilles qu'au printemps, ou lorsque les petites che- nilles nées à la fin de l'automne ont ;i passer l'hiver engourdies dans les fissures de l'écorce ou au pied des arbustes. Les ceufs sont sphéroïdesou ellipsoïdes, parfois déprimés au centre et d'une couleur très-variée, blancs, jaunes, verts, rougeiitres ou rosés, gris, bruns ou noirs, parfois émaillés de diverses nuaiu-es, ainsi panacliés de gris et de blanc, et analogues à des graines de chcnevis chez la plupart des Lasiocampa d'iuu'ope. Leur nombre est trrs-variable, d'une centaine à plusieurs milliers, selon la fécondité de l'espèce, moins nombreux en général chez les llbopalocères que chez les llétérocères, parfois assez gros, parfois très-petits au contraire, ainsi dans les espèces lignivores si nuisibles, comme Zeuzera Msculi et Cossus Liiiniporda. La surface de la coque (U's amfs est parfois lisse, parfois au contraire striée, ou couvert(> ih' pclils tubercules, ou d'une réticnlation hexagonale iSatyrus AUjeria), ou de côtes longitudinales {l'icris lirassicœ, Leitconen Cratœyi)^ parfois mènit! velue {Diloba cœruleocpphnla), ou [)ubesceute (Tlwcla Ilicis ou Lyitrcus, Polyommalus phUms). La grandeur des ouifs est la même pour les deux sexes des clie- nilles futures; pourtant, chez le Liparis dispar, où les deux sexes sont si dissemblables de taille à tous leurs étals, on peut recomiaître 1(> sexe dans l'œuf, les œufs femelles étant plus gros, les œufs mâles plus pe- tits, par le même fait que pour la ponte des Phylloxéras ailés de migra- Sd I.l'lPIDOPTÈr.ES. tion, qui offre les œufs mftles ries sexués plus petits que les œufs d'où sortiront des femelles. On peut voir au microscope le micropyle des œufs de Papillons: c'est le trou prédisposé à l'un des pôles de la coque, ouverture d'un canal allant au vitellus et par où doit passer le sperma- tozoïde pour entrer dans le vitellus. Le micropyle est souvent entouré d'une rosace d'une ou plusieurs rangées concentriques d'écaillés poly- gonales imbriquées et en rosette, surtout chez les lîliopalocères; ou bien, surtout chez les Hétérocères, de pores, ou bien de fentes rayon- nant en étoile à 3, Zi, 5,8 et môme 20 branches, et en outre parfois de la rosace d'écaillés (1). Les œufs peuvent supporter sans altération de grandes variations de température, de + 50° à -j- 60" même, jusqu'à — 30° et — Z|0" m.éme, surtout pour les espèces des pays froids. Les œufs de Ver à soie supportent les hivers de la Sibérie quand on les transporte par caravanes, et même le froid assure la vitalité et la santé de la chenille (Duclaux, Glaçage dos œufs de Ver à soie); de sorte que la rigueur des hivers est réellement favorable et non nuisible aux Lépido- ptères du pays. On retarde à la glacière, mais en vases secs, sans liumi- dité, les œufs d'espèces de pays plus chauds, lorsqu'on a besoin d'attendre l'éclosion des jeunes feuilles pour l'éducation des chenilles. La coque de l'œuf est dure et chitineuse; au moment d'éclore, la petite chenille la ronge circulairement en un point avec ses mandibules, formant ainsi une sorte de couvercle qu'elle n'a plus qu'à pousser pour sortir. M. A. Barthélémy a observé que le micropyle de l'œuf du Sericaria Mori se trouve au fond de la dépression de cet œuf et forme un bouton intérieur qui correspond aupointde l'œufoù seconstituela tête dcl'em- bryun. La chenille, pour sortir, saisit ce bouton avec ses mandibules, le brise et agrandit de plus en plus l'ouverlure jusqu'à ce qu'une issue suffisante pour le corps tout entier se soit produite. C'est donc par le micropyle que s'efl'ectuent à la fois la fécondation et l'éclosion. La chenille se forme dans l'œuf à des époques très-variables après la ponte : chez VAttacus Yama-mai\ G.-Mén. elle est organisée et contournée en cercle peu de jours après la ponte qui a lieu chez nous en août, bien qu'elle ne doive éclore qu'à la fin de mars ou en avril. Les chenilles sont toujours plus ou moins allongées et cylindroïdes. Si l'expérience de tous les jours n'était là pour le prouver, rien n'est plus étrange que cette idée que la chenille doit devenir un papillon, tant les formes sont différentes entre ces états extrêmes. C'est en eifet une sorte de ver boursouflé et segmenté, à peau tantôt nue, tantôt couverte de poils, de verrues, de tubercules, présentant une fête écailleuse et luisante, très-rarement épineuse, puis douze segments, trois Ihoraci- ques, neuf abdominaux, séparés par des incisions plus on moins pro- fondes, et munis de pattes dont le nombre total peut \aiicr de seize (1) U. I.cuckiirl, S»/' /(.'v )nicrnpyl('s d/'s' (riif.-; d"t/i>ierte., pi. vu, Vlll, IX,X, Xl). Lf.PiDOPTi:r.ES. 87 à dix. La tt^te semble séparée par un sillon longitudinal et médian en deux calottes cornées. Les antennes latérales, près de la base des man- dibules, sont extrêmement rudimentaires, formées d'un tubercule que surmontent quelques articles trés-grèles ou une soie {prulongements mamillaires deMalpighi sur le Ver à soie). De cliaque côté sont six ocelles punctiformes, dont trois surtout sont bien visibles. Malpigbi les figure dans le Ver à soie (1669). Ce sont des yeux, et l'anatomie interne le démontre ; c'est bien à tort que divers auteurs ont considéré les chenilles comme aveugles. Llles possèdent la vision à courte distance, celle habituelle aux stcmmates; une chenille en marche devant qui on présente un obstacle, s'arrête, rebrousse che- min ou le contourne, La bouche des chenilles, en raison d'une nourri- ture toute difl'érente de celle de l'adulte, est conformée sur un plan tout autre : c'est une bouche d'insecte broyeur. On y trouve deux man- dibules cornées plus ou moins tranchantes, deux mâchoires latérales munies chacune d'un très-petit palpe, une lèvre inférieure avec deux rudiments de palpes et un mamelon cylindroïde percé d'un trou et constituant la fiUère par laquelle sort le fil de soie formé de deux fils accolés. Cette filière est buccale et non anale, comme chez les larves des Fourmilions et des Chrysopes. Le corps des chenilles présente très-généralement neuf stigmates de chaque côté, jamais à la tète, un au prothorax, les autres aux anneaux de l'abdomen, sauf le dernier. Ces stigmates sont, lopins souvent, très- visibles par la couleur de leur péritrème habituellement elliptique, qui tranche avec celle du fond de la chenille, plus pâle si celui-ci est obscur, et réciproquement. Chez la chenille de VAglossa pinguinalis, qui vit dans la graisse, ces stigmates sont cachés par un repli transversal des anneaux, de peur d'obstruction. L'anus ou terminaison du tube digestif s'ouvre dans le dernier anneau des chenilles et se trouve protégé, le plus souvent, par le chaperon ou clapet, sorte de valve plus ou moins saillante, dont la forme varie un peu suivant les genres et qui est habi- tuellement triangulaire. Fia locomotion des chenilles a lieu par des mouvements ondulatoires du corps d'arrière en avant, et aussi à l'aide des pattes. Celles-ci sont de deux types bien distincts. Aux arceaux ventraux du thorax s'insèrent trois paires de pattes vraies ou écailleuses, en forme de crochets coni- ques et qui sont comme les fourreaux des six pattes de l'adulte. Elles servent à la marche plutôt qu'à la station sur les feuilles ou les branches. La marche et la fixation aux objets sont oblcMuuis à la [ois ])ar les fausses- pattes ou pattes mauielonnées, ou membraneuses, ou e)i rauroune, ou à crochets, dont sont munis en (hissons certains anneaux de l'abdomen, pattes dont la chrysalide et l'adulte ne conservent p;is de trace. Le plus souvent elles ont la forme d'un mamelon charnu et élargi à sa base circulaire ou plante, non sans quelque grossière resseml)lance avec un pied d'éléphant. Ordinairement une couronne de crochets, comme une 88 LtPlDOPTÈHLS. palissade circulaire, entoure cette plante en dessous; ils sont attachés par le milieu et recourbés en hameçon aux deux bouts. La plante de la patte est contractile et peut se plisser en pince quan d la chenille veut adhérer à un pétiole ou à un bord de feuille; ou bien elle s'épanouit, et les crochets se redressent, les pointes se cramponnant au deliors, tandis que, quand la chenille marche, la plante se resserre et les crochets viennent à plat, les pointes en dedans. Les chenilles des Rhopalocères, des Sphingiens et groupes annexes, des Attaciens et de ])eaucoup de Microlépidoptères, ont leurs pattes membraneuses au complet, au nombre de 10 en 5 paires, ^su^ les anneaux 6, 7, 8, 9 et 12 ou segment anal, les anneaux /i, 5, 10 et 11 en étant dépourvus. La chenille soulève alors à peine son coi'ps au-dessus de la surface d'appui quand elle marche. Ce nombre de pattes est géné- ralement le même pour les Bombyciens et groupes annexes et une grande partie des Noctuéliens; parfois la dernière paire de pattes se modifie en filets plus ou moins prolongés {Dicramira, Platypteryx, cer- tains Harpya et Uropus). Les fausses-pattes peuvent devenir en partie non fonctionnelles par raccourcissement des deux ou trois premières paires {Ophiusa, Ophidercs, Catocala, Euclidia, etc) ; ou bien les chenilles deviennent demi-arpentpttscs par absence de la première ou des deux premières paires de pattes membraneuses (certainsP/(is/a, Eraslria, etc). En marchant, ces chenilles sont obligées de relever en boucle le milieu du corps. M. fioossens a reconnu que les chenilles de certains Noctué- liens sont demi-arpenteuses dans le jeune Age et ne reprennent leurs deux premières paires de pattes abdominales qu'à la troisième mue : telles sont celles de Triphœna pronuba, de. Mamestra Brassicœ, de Xylomyges con- spicillaris, etc. Les arpenteuses ou géomètres senties chenilles de presque tous les Phaléniens, et le nom de ces chenilles sert souvent à désigner la tribu. Elles n'ont plus que les deux dernières paires de fausses- pattes. Aussi, en marchant, ces chenilles relèvent en arc le milieu du corps, en rapprochant leurs pattes postérieures des pattes écailleuses, de sorte qu'elles ont l'aspect d'un compas, à branches successivement écar- tées et rapprochées pour mesurer des espaces successifs. Souvent ces chenilles, à peau verte, brune ou grisâtre, à aimeaux rigides, ont été appelées arpenteuses en bâton, car, dressées sur la paire postérieure des pattes anales qui s'attache au pétiole d'une feuille ou à une branc'hette, elles se tiennent immobiles pendant des heures entières, simulant nn rameau frais ou desséché, l'arfois ces chenilles tombent raides et parais- sant être une brandie morte, ce qui continue leur mimétisme défensif. Dans les Cocliopodes, surtout dans le genre Limacodes, les pattes mem- braneuses sont remplacées par des boulons charnus rétractiles, laissant suinku- une viscosité analogue à celle de la peau des Limaces, et ces chenilles ainsi collées aux feuilles ne se déplacent que rarement et très- lentement. Les Lasiocampa ont les pattes membraneuses protégées par des ijrolongeincnis latéraux charnus, dits appendices pédiformes, qui i.ÉPinopTi:i;L.s. 89 carlu'iil les paltcs ol concourent avec elles à (i\er ces chenilles jilales entre les fentes des écorces, car ils sont prélieusiles. (les chenilles, dont la couleur ressemble à colle des écorces, demeurent ainsi for! loni^lemps sans mouvement et très-difticiles à apercevoir. Il y a des chenilles qui, outre la locomotion ordinaire, peuvent mar- cher à reculons avec rapidité et, de plus, se tortiller comme de petits serpents : c'est le fait de beaucoup de chenilles de Deltoïdes, de Torti'i- ciens et de Tinéinieiis, et ces mêmes chenilles, d'ordinaire, quand elles tombent des feuilles, demeurent susj)endues à un fil de soie, sorti de la filière buccale, qui amortit la cliute sur le sol et peut leur servir en- suite, comme un cAble, pour remonter. Il y a des chenilles qui exécu- tent de vrais sauts de carpe, en courbant en arc un des côtés de leur corps et le débandant ensuite comme un ressort; on est étonné de la force de ce saut chez les chenilles des Catocah (Noctuéliens). lîeaucoup de chenilles à longs poils de (Ihélonides ont une marcbe très-rapide, presque une course, quand on les observe parcourant les sentiers entre les plantes basses, surtout au moment où elles cherchent un abri pro- pice pour la nymphose, x\u contraire un grand nombre de chenilles de Rhopalocères sont paresseuses et ne s(^ déplacent que lentement sur les feuilles ou sur le sol : ainsi les chenilles des Satyres, des Nympliales, des Hespériens, et surtout les chenilles qui ressemblent à des Cloportes des Lyccnides; les chenilles des Zygéniens, dans les llétérocères, sont également Irès-lentes. Les téguments des chenilles son! des plus varié?, ce qui ne nous per- met ici qu'une étude très-générale. Les chenilles peuvent être rases, sans poils ni épines, ou n"ayant que quelques poils rares et peu nom- breux : ainsi les JJcilephila, Sphinx, les Sesia, Cossus, Zouzera, et b<'an- coup de Tortriciens, de Noctuéliens, et Phalénieus. Souvent ces- che- nilles nues ont la peau granuleuse, ou olVrant des bosses charnues, des nodosités, qui augmentent chez beaucoup d'Arpenteuses la ressem- blance avec des ])raiulietles, ou des plaques cal'euses, parfois très- étendues {Cossus Lignijwrda). Beaucoup de chenilles ont des poils, tantôt une fine pubescence, comme le Ver à soi(^ \\ son premier Age, tantôt de longs filaments, ou soyeuv ou raides, comme beaucoup de chenilles de Chélonides, qui ressemblent à de petits Oursons. Les poils peuvent re- couvrir toute la peau, ou se disposer en brosses {Acronijrta, Dasyrhira), ou en pinceaux allongés (deux en aigrettes sur le prothorax, dirigées en avant comme des antennes, et un p(;nché en arrière sur le onzième anneau dans les chenilles des On/yc/i. [.es touffes de poils peuvent être portées sur des tubercules saillants, qui parfois sont vivement culort's, ainsi en bleu de turquoise vhv/A'Attaciis l'iii, d'un jaune urangé clu'Z ,1. Sp/'ni et rouges chez .1. Carpini, etc. Les chenilles de la plupart des Sphingicns et de quehiues Honibyciens, comme le Sericaria Mori, por- tent une corne conique, recourbée en arrière, sur le onzième arceau dorsal, charnue à la base, le plus souvent lisse et cornée à Textrémité, 90 LÉPIDOITÈIÎES. parfois granuleuse et Irouquéc au bout {Achnontia Atropos). Certaines chenilles ont des tentacules rétractiles, qu'elles font saillir quand on les inquiète : ainsi la double caroncule orangée en Y, qui sort du protho- rax de la chenille du Papillon des Carottes {Papilio M achaon) à la volonté de l'animal, comme les tentacules oculaires des Limax et Hélix. On les signale dans toutes les chenilles connues des genres Oruitlioptera, Papi- lio, Parnassius, Thais. Les chenilles des Mélitées et des Argynnes offrent, en dessous et mé- dianement, un peu en avant de la première paire de pattes écailleuses, une petite poche arrondie, d'usage inconnu, et qui existe rudimcntaire dans les chenilles des Vanesses. Bonnet paraît avoir ru le premier, en 1737, cette vésicule rétractile du dessous de la gorge de certaines chenilles de Rhopalocères ; il reconnut qu'elle renferme un liquide acide, et communiqua sa découverte à Réaumur, puis à de Geer, et Lacordaire signale le fait oublié depuis longtemps. M. Goossens, qui a repris ces recherches anciennes, pense que la liqueur acidulée de cette vésicule se répand sur la feuille et la rond plus apte à être triturée par les mandibules et les mâchoires de la chenille. 11 arrive quelquefois que les poils, les épines, les tubercules, qui rendent plus difficile la ponte des Hyménoptères et des Diptères entomophages, dans le corps ou sur la peau des chenilles, ne suffisent pas encore k celles-ci. Il en est qui assurent la protection de leurs téguments par une couverture de soie incrustée d'un enduit sécrété, ou à laquelle sont fixés des corps étran- gers maintenus par le tissu soyeux, à la façon des larves des Pliryga- niensou chenilles d'eau, et ces enduits servent aussi à garantir une peau molle de la dessiccation par l'air ; la tête et les pattes écailleuses sor- tent seules, pour manger et marcher. Ce sont 1;\ les chenilles à fourreaux; tantôt, comme dans beaucoup de Tinéiniens, ces fourreaux sont unique- ment en soie, tantôt ils sont fortifiés par des collerettes superposées de cellulose végétale (Coleophora, Teignes à falbalas de Réaumur). Des Tinéiniens qui vivent de nos lainages ont les chenilles entourées de fragments laineux, et, en faisant varier la couleur des draps qu'elles mangent, on les oblige à se revêtir d'une sorte d'habit d'arlequin. Les OEccticiis et les Psyché ont les anneaux du thorax assez durs et à pattes agiles; les pattes de l'abdomen, dont les anneaux sont mous, ne servent qu'à retenir des brins d'herbe sèche, des fragments de feuilles ou d'écorce, ou des lichens, etc. Les matériaux sont placés longitudinale- ment, ou transversalement, ou mibriqués comme les tuiles d'un toit, avec une forme conoïde ou prismatique, et toujours suivant une loi variable d'une espèce à l'autre, mais constante pour chacune, absolu- ment comme chez les larves de Pliryganiens à étuis mobiles, il y a des Psychides où les fourreaux sont faits de grains siliceux ou calcaires et afi'ectent la figure de coquilles d'/rc/Za;. Les fourreaux sont alb^ngés par les chenilles à mesure qu'elbîs croissent; elles savent y metire des pièces, s'ils sont endommagés par accident, et, si on les en dépouille. !,f:pinoPJi:Ri:s. 91 elles se h.itent de manger avec voracitéou de recoller de toutes parts de nouveaux matériaux, destinés à reconstituer promptement les abris sans lesquels elles ne peuvent vivre. La couleur du fond des téguments des chenilles est, le ]»lus souvent, verte, grisùtre ou bnnie. Elle est d'un blanc jaunâtre ou parfois rosée dans les chenilles qui ne doivent pas être exposées à la lumière, comme les chenilles à fourreaux, ou celles qui habitent à l'intérieur des fruits pulpeux (Carpocapsa) ou des tiges {Nonauria, Ses/a, etc.), ou ([enracines {Hepialufi, Crambus, etc.); une teinte pâle, bleuâtre ou ter- reuse se rencontre chez les chenilles qui vivent cachées en terre, comme des Lombrics, rongeant surtout les racines, ainsi les Agrotis seçjetum, exclamationis, etc., les Vers yris dos agriculteurs. Les couleurs des chenilles vivant k l'air sont le plus souvent des moyens mimétiques de protection, imitant les couleurs des feuilles, des tleurs, quand elles en dévorent les pétales ou les graines, des écorces si elles viennent s''y reposer fréquemment. Il y a beaucoup de chenilles qui conservent tou- jours les mêmes couleurs du fond et des dessins, devenant en général plus foncées en vieillissant ; mais il en est un assez grand nombre où ces couleurs peuvent varier beaucoup, sans liaison avec le régime, les che- nilhîs diverses vivant sur la même plante. On voit les chenilles de Vanessa yitalanta, soit grises, soit d'un vert sale, à peu près en nombre égal sur les Orties; celles de VArge(j(ilatea<.onl, en nombre égal, grises avec la ligne médiane brune, ou vertes, avec cette ligne d'un vert foncé; celles de Thecla Quercûs sont jaunes, vertes ou brunes, ces der- nières dominant. La chenille du Smrrinfhus Pnputi est habituellement verte, et prend quelquefois des taches rouges plus ou moins nom- breuses. Celle de VAcherontia Atropos (le Sphinx à tèle de mor!) est ordi- nairement d'un fond jaune plus ou moins fonce, et parfois, sur les mêmes feuilles de pomme de terre, d'un gris brunâtre;; celle de Di'ilc- philaElpenor brune ou verte; celle de Bumby.v casiri'nsis variant beau- coup pcjur la teinte rouge feu de la partie dorsale. Le type de la chenille de Callimorpha dominida est noir avec d(^ nombreuses taches jaunes, et rarement d'un rouge orangé, sans que les papillons provenant de ces ehenilles diffèrent; celui de la chenille de Sphinx Convolvuli al d'un brun plus ou moins foncé, mais quelquefois gris et parfois d'un beau vert. La chenille d'IIadena oloracca varie du brun clajr au brun foncé ou au vert foncé; celle iVHadcna Atriplicis est brune ou verte, avec les teintes intermédiaires, mais toujours avec les mêmes taches jaunes. On lrou\e ensemble des chenilles à' Aslernsropus Cassinia, soit d'un vert d'herbe, soit d'un vert d'eau, et le fond jaune de la chenilli! de Chariclea Ddphinii est parfois remplacé par une teinte rosée très- prononcée. Dans 1(!S IMialéniens, les chenilles arpenteuscs de Phitialia pilosar/a soni grises ou brunes, el celles d'Hiberiiia defolian'a ont toutes les tcinics de biun. Les chenilles des Enpithecia sont as?ez sujettes à varier pour le fond el le? dessins : ainsi E. ahsinthiata, du jaune au 92 r.f-PihoPTÈRES. brun en passant par le vert, toutes couleurs qui sont sur les plantes (Verge d'or, Tanaisie, etc.) dont elle se nourrit ; E. sohrinata, verte avec ou sans taches roses, ou d'un ])rua clair avec taches roses, ou avec les taches trùs-foncées; E. innotata, dont la belle chenille verte, avec des chevrons de couleur pourpre éclairés de blanc, présente quelquefois le f(tn 1 brun, l.a chenille de Che.sias spartiata, qui vit sur le (ienèt, est d'iiabitude d'un vert assez foncé, avec une ligne blanche le long des stigmates. La même plante oiïre parfois une chenille de même forme, mais à fond d'un jaune terne uni, sans dessins ni ligne stigmatale apparente, et ces deux chenilles i)ien dilférentes donnent des Papil- lons identiques; seulement les œufs du papillon provenant de la che- nille verte sont verts, et les œufs du papillon de la chenille jaune sont jaunes (Goossens). 11 y a des chenilles dont les couleurs semblent varier suivant les végétaux sur lesquels on les rencontre, et surtout suivant la couleur des fleurs qu'elles mangent. Nous citerons seulement Eupi- thccia contaureata, qui, sur le Linaria vulgaris, a le fond d'un jaune pâle (la fleur est jaune), avec les lignes et dessins de couleur lie de vin; sur Linaria minor elle est de couleur vert d'eau, avec les lignes d'un vert foncé; sur le Tanacetum, d'un fond blanc un peu verdâtre, avec la ligne vasculaire seulement d'un vert d'herbe. Sur le Persil en graine, la chenille est jaune, sans lignes ni dessins; sur VEupatorium cannahi- 7ium, dont les fleurs sont rouges, la chenille a le fond blanc, avec les diverses lignes d'un même rouge. Toutes ces couleurs partent évidem- ment d'un principe de dissimulation par imitation. Il y a des chenilles dont la coloration se modifie avec l'âge et les mues. I-es chenilles de Cerastis Vaccinii et npadicea, vertes dans le jeune âge, sont brunes plus tard. .Jeunes et trop faibles pour se bien cacher, elles ne mangent que 'les feuilles tendres et ont besoin d'imiter leur couleur pour se protéger. Plus tard, devenues plus fortes, elles se colorent sans inconvénient, car elles savent se cacher. Les chenilles de Triphœna pronuha sont vertes pendant les premières mues et surtout jusqu'à la troisième, où les premières pattes ventrales se développent ; à partir de là, elles se cachent, et même entrent un peu en terre, devieinient de couleur foncée et même noire; quelques-unes, en petit nombre, persistent à rester vertes. Les chenilles de Mamestra Brassicœ sont vertes au sortir de l'œuf et pendant les trois âges où les deux premières paires de pattes ventrales manquent; plus tard, une partie des chenilles se colorent en foncé, même en noir, mais quelques-unes sont grises, et chez d'autres le vert persiste, seulement il devient terne. La che- nille de Bombyx Quorcits varie de teinte à chaque mue; celle de liom- bijx liubi jeune a des anneaux orangés (jui dispai'aissent quand elle grossit. La jeune chenille de Dcilephila porccUus est verte, tandis qu'à toute sa tailh' elle est presque noire, le vert persistant parfois jus- qu'à l'aviiiil -dernière miu;. La clnsnillc verte de SnioriHtlms Tiliœ peut devenir d'ini brun rougeàtre à la dernière nnu-. La clienine blonde LÉI'IUOPTËULS. 93 d'Arclia sordida prend un brun très-foncé à la dcrniùre mue. Les couleurs peuvent aussi dépendre de la localité. Ainsi la chenille de Dcilephila Euphorbiœ est bien ditVérenle dans l'Ardèclie de ce qu'elle est à Paris; le pointillé jaune est en partie caché par le fond noir de la chenille et les taches sont plus grandes et d'une teinte jaune pâle, au lieu d'être rosées. On trouve près de Paris la chenille de Zygœna fausta avec la région dorsale d'un vert d'eau et celles de Provence et de l'Aude ont la région dorsale brune. Près de l'aris, la chenille d'Hadcna l'isi, qu'on prend sur le Sixirliinn et le Myrica, est verte, mais il y a dans le nord de la France et en Suisse un type cramoisi. Les variations peuvent porter sur les épines et les poils. La jeune chenille d'Aglia Tau a cinq épines qu'elle perd quand elle arrive à mi-taille. Quelquefois la che- nille de Bombyx Trifulii nuuique de poils jaunes et le foud dcNicnt plus noir, ce qui la change complètement d'aspect. Les faisceaux de poils de la chenille d'Oryya gonostigma sont tantôt blancs, tantôt jaunes; les brosses dorsales d'Orgya aiUiqua [leuvent cire jaunes, noires, grises ou blanches. La chenille de Dasycliira pudibunda est le plus souvent d'un joli vert-pomme ou d'un vert jaunâtre, avec des poils de la même cou- leur formant des J)rosses épaisses, et le pinceau du onzième ainieau d'un rose un peu violacé. Il y a des variétés où le fond prend un vert foncé et chez d'autres un i:ris violacé, ainsi que les poils et les brosses, le pinceau du onzième anneau étant alors noir un peu rosé ou violet obscur. Ces observations sur les couleurs des chenilles, en partie iné- dites, sont dues surtout à M. Goossens, un des entomologistes qui ont élevé le plus de chenilles. Oulrc la couleur du fond, les chenilles ont des dessins sur;ijoulés de couleur variée; beaucoup ont des piquetures, ainsi celles des Curullia de petits points noirs. Les incisions des chenilles des diverses variétés de IJasychira pudibundd sont d'un beau noir de velours. Des chenilles portent des bandes latérales obliques ou des chevrons foncés; il y en a sept de chaque côté pour la |dup;ai des Sphingiens, et dans uru' [)arlie des chenilles de Deilephila les lianes sont variés de taches de couleurs vives, et certaines ont latéralemeid sur les premiers anneaux de grandes taches oculiformes, qui donnent à ces chenilles un aspect bizarre quand elles rentrent la tête dans les premiers anneaux: ces taches semblent être les yeux d'un groin, ce ([uia l'ait donner à ces chenilles le nom de chenilles cochonnes. Ce sont surtout les raies lotigitudinales qui sont remarquables dans les chenilles d'un très-grand nombre d'espèces, au point qu'elles ont reçu des noms parliculiers, car leur description entre dans les bons caractères spécifiques. La ligne vasculaire suit le vaisseau dorsal ; la sous-dorsali' longe le milieu de chaque flanc, et la stigmatale passe à la hauteur des stigmates. L'espace compris entre les deux sous-dorsales, et ipie la vasculaire coui>e en deux, est la rrgion dorsale : l'espace com- pris entre chaque sous-dorsale et la stigmatale de chae nombre des mues n'est parfois que de trois, ainsi chez certaines races hâtives de Versa soie et cliiiz beaucoup de Uhopalocères; il peut au contraire aller jusqu'à sept ou huit, en rapport avec l'abondance de la nourriture, chez ceitaines chenilles lli'Idoi'Tèuls. 99 velues. Il est parfois dildcile de savoir exactement le nombre des mues, car il y a bien des chenilles, ainsi dans les Spliingiens, qui mangent leur ancienne peau aussitôt qu'elles en sont sorties, par un instinct analogue à celui des chenilles carnivores. Les poils des che- nilles tombent avec la peau, ainsi que l'enveloppe de la tête, les antennes, les cornées des stemnates, les pièces buccales, les étuis des pattes thoraciques ou crochets, la peau superlicielle des tubercules et de la corne du onzième anneau, les péritrèmes des stigmates et la cuticule interne des trachées d "origine. Si l'on rase avec de fins ciseauv une chenille velue, d'ordinaire, après la mue, elle est tout aussi garnie de poils qu'auparavant. Les couleurs et les dessins des chenilles après la mue peuvent être très-différents, ainsi que les tubercules; des chenilles rases peuvent devenir poilues, et réciproquement. Le Ver à soie, noir et très-pubescent au premier âge, devient gris et avecquelques poils au second âge, d'un blanc un peu jaunâtre et sans poils à partir du troisième âge. La chenille naissante de VAttacus l'ama-maï est verte, connue aux âges suivants; elle est noire au premier âge de YAttacus l'eniyi, espèce très-voisine, et devient verte au second, etc. Quand une chenille est arrivée à son entier développement, elle cesse de manger comme au.v approches d'une mue. .Ses couleurs se ternis- sent ou deviennent livides, son corps se raccourcit, sa peau se plisse; et, après avoir préparé ou cherché un abri convenable et fort varié, elle se dépouille de sa peau, après un état dormant et sans nourriture qui peut durer plusieurs jours et parfois plusieui's mois, et même tout l'hiver {Lùnacudes Testudo), par un fait exceptionnel pour les Lépido- ptères, fréquent au contraire chez les Hyménoptères. La forme est devenue toute différente de celle de la chenille, dans la chrysalide ou fève (nom qui serait préférable) qui doit nous amener au papillon, dont on reconnaît déjà nettement la plupart des caractères extérieurs. Lu chrysalide est un second œuf, rempli à l'origine d'une pulpe lai- teuse, dans laquelle s'organiseront les appareils internes de l'adulte* * La chrysalide laisse apercevoir extérieurement la plupart des organes de l'adulte, surtout si on l'examine quand elle vient de sortir de la peau de la chenille, que ses parties sont encore peu colorées et molles et que les anneaux de l'abdomen sont encore très-mobiles. Plua tard, quand l'adulte qui s'est constitué en dessous se décolle peu à peu de la peau de la chrysalide, celle-ci devient dure et sèche, avec les sépa- rations des parties moins distinctes, les anneaux de l'abdomen sans aucune mobilité. Lu même temps la chrysalide diminue ilc poids jour par jour en raison d'une évaporalion continue. (liiez les HétérocèreS) les chrysalides sont cylindrico-coniques, obtuses en avant et s'amincissant régulièrement en arrière, d'une couleur variant du brun noir Un brun testacé par toutes les nuances intermé- diaires. C'est ainsi qu'elles ressemblent à une graine sèche. Parfois certaines de ces chrysalides, qui doivent rester exposées à la lumière, lUO F.ÈPIDOPJÈRES. soit entre les fils lûcheà d'un cocon très-imparfait, soit sur le sol, ont des couleurs plus vives : ainsi celle du Laria V. nigrum est d'un beau vert avec une sorte de raquette noire sur la poitrine; celle du Liparis monacha d'un bronzé cuivreux, celle de Zerene grossulatiata annelée de jaune et de brun. Les chrysalides de certains genres de Noctuéliens, Catocala, Cosmia, etc., se recouvrent d'un enduit cireux d'un blanc blcLiàtre, analogue au glacis des prunes et à l'enduit de l'abdomen des mâles de quelques Libelluliens, comme Libellula depressa, etc. Les formes des chrysalides de Rhopalocères sont plus varices que celles des llélérocèrcs : beaucoup sont anguleuses ou hérissées de pointes coni- ques, d'autres étranglées; certaines chrysalides ont la tète bifide [Va- nessa, Argijnnis] ou prolongée en deux sortes d'oreilles (Limenitis), ou tronquée [l'apilio, Thaïs), ou en pointe (beaucoup de Pieris); deux ran- gées de pointes coniques se voient sur le dos des chrysalides de Va- nesses et d'Argynnes. Il y a des chrysalides de Rhopalocères compri- mées en carène sur le dos {Apalura), d'autres courtes, renflées, cylin- droïdes {Danais, Euplœa, Charaxes, Arge) , ou bien arquées el en nacelle {Leucojihasia, Anlhocharis, L'olUdrgas), ou enfin droites (Pieris, Papiliu). Les couleurs sont assez variées. Les chrysalides des Apcilurucl Charaxcs sont d'un vert tendre ; celles des Pieris d'un blanc jaunâtre, émaillées de points noirs. Llles peuvent ofl'rir des couleurs dilférentes, sans que les adultes qui en naîtront soient dissemblables. Quand ou élève le Papilio Machaon, le plus répandu du genre en Europe, on ob- tient des chrysalides les unes vertes, les autres grises, sans iiitluence imitativc de la couleur du support, comme on l'avait annoncé d'après trop peu d'observations. Certaines chrysalides de Rhopalocères sont de vraies au rélies, et méritent ces noms, généralisés à tort, par des ma- cules brillantes, dues à de Lair intercalé sous une mince cuticule jaune ou blanche. De là les taches ou les bandes, pareilles à de l'or bruni, des chrysalides des Pyrameis Atalanta, Huntera, Cardui, les points d'or ou les bandes en cercle sur l'abdomen des chrysalides de Danais, et celles de quelques EupUca , entièrement revêtues de cette riche teinte, ressemblent aune bulle d'or. Leschrysalides d'J/v/j/«/î/'s L«ole pour soi'lir ; aussi la clienille fait elle-même une ouverture préexistante. Les fils se conlournenl en masse à l'orifice, en une sorte d'entonnoir disposé de façon que les brins s'opposent à l'introdiudion par le dehors de corps étrangers ou d'insectes eimemis, mais s'afl'aissenf au contraii'e contre la paroi, quand la tète du papillon les pousse de dedans en dehors. C'est l'inverse de la nasse à poissons. On \nil très-bien les cbenilles (pii fileni celle sorte de cocons, se relourninl coirslannnenl d'un boula l'autre, quand (dles replient le fil en nasse, toujours sans le casser. Tels sont les cocons des Altacm l'iri, Spini, Car pi!u,Cynlhiu fera, Atlas, Cecropùi, etc. Il nous est beaucoup plus difdcile de dévider ces cocons que les cocons fermés, si l'on y joint les décreusages nécessaires. Cependant on y est arrivé [)our certaines espèces, mais non encore iiidusiritdiemeni, de sorte qu'on en estréduil au cardage, si l'on \ent uliliser ces cocons en liloselb'. Ce (pii 106 LÉPIDOPTÈRES. monlrc combien les cocons ont peu d'affinité réelle avec les espèces, c'est l'evemple des Endroim.s versiiolor et A(jUa Tau, voisins zoologique- ment du Sericaria Moii, et qui n'ont pour cocons que (juelques fils entrecroisés, attachés aux feuilles ou au\ mousses. Les cocons des Lo- sciocampa sont assez fournis de soie, mais d'un gris noirâtre et grossière ; ceux de Bombyx Ruhi et de Mogasoma répand um ont une soie continue, mais assez claire pour qu'on aperçoive la chrysalide à travers. Les Bombyx Neustria et castronsis ont des cocons d'une jolie soie blanche, mais si peu fournie, qu'on ne peut songer à les utiliser; leur transpa- rence est diminuée par la sécrétion d'une liqueur jaune que la chenille rend par l'anus et qui saupoudre le cocon à l'intérieur de grains d'a- cide urique, colorés en jaune soufre et ressemblant à de la poudre de lycopodc. Le cocon de Dasychira pudibunda est d'une soie très-légère d'un blanc jaunâtre, entremêlée de quelques poils de la chenille; de môme pour les cocons des Orgya, d'une soie terne et grisâtre. Un assez grand nombre de chenilles velues fortifient ainsi leui's cocons trop légers avec dos poils qu'elles s'arrachent ou qu'elles coupent avec leurs man- dibules {Chelonia, Lithosia, etc.)- I^es poils urticants dont ils sont mêlés rendent très-difficiles à utiliser, même par le cardage, les cocons et les nids communs soyeux de Cne?/iocampaproc«'s?oneffl et Pityucampa. Les nids soyeux d'un Bombycien social de Madagascar sont employés, après lessive particulière qui les débarrasse des poils, pour fabriquer des étoffes très- résistantes, dans lesquelles lesHovasenveloppent leurs morts de qualité. Il y a des cocons dont la soie est tellement incrustée, que l'enveloppe, d'un gris jaunâtre, ressemble à un papier ou au carton des nids de cer- tains Vespiens : ainsi pour les Bombyx Quercûs et Trifolii. Beaucoup de chenilles d'Hétérocères, n'ayant pas assez de matière soyeuse pour s'en- velopper de cocons, même en y mêlant leurs poils, ajoutent à leur entou- rage des matières étrangères. Les Liparis dispar, Saiicis, monacha^ et Laria V. nigrum entrecroisent entre les feuilles ou les écorces soulevées, ou sous une pierre, quelques fils de soie, auxquels la chrysalide est plu- tôt maintenue par les crochets de sa pointe anale que par la résistance du tissu. Le funeste Cossus ligniperde devient chrysalide dans un cocon de soie d'un gris noirâtre, entremêlée do nombreuses parcelles des fragments de bois coupés par les mandibules de la chenille. Les che- nilles (les Galléries de la cire (Tausses-leignes de Réaumur) entassent au milieu des gâteaux des ruches leurs cocons oblongs et accolés outre eux, formés d'une soie blanche fortifiée par dos parcoUos do ciro o( par les crottins noirs dos chenilles. La chenille do Gonoptera libatrix lie ensemble les feuilles de la plante sur laquelle elle a vécu, et se change en chrysalide à l'intérieur de cet abri. lîeaucoup de Tortriciens deviennent chrysalides dans le cornet de feuille, enroulée el maintenue par de la soie, dans lequel vivait la che- nille, et les Yponomoulos se chrysalident suspenduos sous la tente soyeuse d'abri do leurs chenillos sociales. Los (Uéophanos forlitioiit r.ÉPIDOPTÎ'Rl'S. 107 leurs légers cocons avec de petits fragments de feuilles ajustés avec symétrie les uns à côté des autres; des chenilles vivant sur les murs tapissent les légers fils de leurs cocons avec des grains de sable et des débris de lichens, de façon qu'elles ne paraissent, lors de la nymphose, que comme une faible saillie de la surface de la pierre. Les chenilles mangeuses de lichens des Dryophiles se retirent dans des cavités de ces Cryptogames parasitaires et les bouchent avec des lichens liés par de la soie, de façon à dissimuler leurs chrysalides à l'œil de l'oiseau ou de l'insecte, (lertaines chenilles arboricoles descendent le long du tronc pour se chrysalider, et enveloppent trés-artistement leurs coques de petits fragments d'écorces et de lichens, par protection imitative: ainsi pour les Dicranoures et le Bombyx Popitli. La chenille de Ilarpya Mil- hanseri façonne sur le tronc des Hêtres, avec des raclures d ecorce agglutinées par une salive qui est une vraie colle-forte, des coques Irès- dures qui ressemblent tout à. fait à des loupes ligneuses de l'écorce et qui sont attachées si solidement, qu'il faut couper l'écorce au-dessous et emporter la coque avec le lambeau d'écorce, si l'on veut obtenir la chrysalide intacte. Cependant elles ne trompent guère l'instinct des J*ics, car la plupart de ces coques sont percées par le bec de ces oiseaux et vidées de leur contenu, ce qui explique la rareté du papillon. On ne saurait guère tirer de la taille de la chenille et de la chrysa- lide une induction pour la grandeur du cocon. 11 en est dont la chry- salide est comme flottante dans un cocon très-allongé, eu égard à sa taille, ainsi pour le Megasoma repaîidum et le Bombyx RubL Les cocons du Ver à soie et de YAttacus Piri sont bien plus lai-ges que la chrysalide, tandis que ceux du Bombyx Quercûs cide YAttacus Pronictheus sont res- pectivement bien plus petits et comme collés contre la chrysalide, quoique provenant de chenilles de la même dimension que le Ver à soie et la chenille du grand Paon de nuit. La forme des cocons est aussi diversifiée que la nature de leur tissu. 11 en est d'ovoïdes (AtlaciK Piri et Carpiiti), d'ellipsoïdes {Sericaria Mori, Attacus Mylitta et Yama- maï, "etc.), de cylindroïih^s el droits, appointis aux deux bouts (Lasio- cauipu), de cylindroïdes avec les deux bouts hémisphériques {Bombyx Querciis et Trifolii); il en est de recourbés {Megasoma repandum et faible- ment Bombyx Rubi femelle). Ceux de beaucoup de Zygènes sont en fuseau allongé et accolés aux tiges des Graminées ou des Légumineuses dans foute leur longueur ; celui de ïlalias quercana en bateau ren- versé, etc. Dans beaucoup de races du Ver à soie du Mûrier, les co- cons des chrysalides femelles sont plus gros que ceux des mâles, et ces derniers sont souvent étranglés au milieu ; mais ce caractère n'est pas général. Beaucoup de cocons pris dans les plus soyeux ont, extérieure- ment au cocon principal, une première enveloppe d'atiache de fils lâches et confus : telle est la bacc des cocons du Vei- à soie, dont les premières couches floconneuses sont Yd bourre, qu'on enlève à la main avant d'opérer la filature. Il y a des cocons qui ont deux robes ou deux 108 LÉPIDOPTÈRES. couclies de soie bien distinctes par la finesse et parfois de teinte nn pen diflerente : ainsi chez les Attaciis Cecropia et Bavhiuiœ. Enfin les cocons offrent parfois des moyens supplémentaires d'attache. Dans les Indes, le cocon de YAttacus Mijlitla csts uspendu aux branches des Juju- biers ou des Chênes dans les régions montagneuses, au moyen d'un long pédicule à demi résineux et terminé par une forte boucle cornée qui entoure la branche ; aussi ces cocons se balancent aux branches, et souvent on les gaule, car leur soie, dite tussah ou tussor, donne des étoffes très-solides et s'emploie beaucoup mêlée au coton ou à la soie du 'Ver du Mûrier. 11 faut remarquer que ce cocon, à peu près dépourvu de bave, ne pourrait se soutenir autrement que par un fort pédicule. On a dû récolter ces cocons depuis une haute antiquité, car Aristote a cru que la soie des Indes provenait d'un fruit pendant aux arbres, d'après des récits altérés. D'autres cocons fermés ont également un pédicule d'attache, mais par un simple ruban de soie aplati, collé â un pétiole de feuille et qui peut manquer, ainsi pour les cocons des Atta- cus Yama-7naï el Pernyi; ils ont assez de bave pour se maintenir adhé- rents à une feuille enroulée autour d'eux. Il en est de même pour le cocon ouvert de YAttacus Cynthia vera, qui offre souvent un pédicule aplati de soie grise et brillante, partant du pôle opposé à l'ouverlure et prenant appui sur une feuille d'Allante. Il existe des cocons de forme et de filature anormales, soit par mau- vaise conformation ou atfaiblissement de la chenille, soit par accitlent survenu lors de son travail. On rencontre des cocons diflbrmes dans les amas de cocons du Yer à soie du Mûrier, tantôt filés par une seule che- nille, tantôt par deux ou même plus, qui se sont associées pour se chrysalider en commun. Il y a de ces cocons qui sont sphéroïdes, ou disco'idanx, triquètres, cordiformes, fusilbrmes et très-pointus à un pôle, etc. Les douppions, ou cocons doubles, filés par deux chenilles à la fois, sont un déchet pour le magnanier, car on ne peut que les cor- der et non les dévider en soie grége ; ils se forment librement si les Vers filent à la bruyère, ou aux rameaux de colza ou dans des bottes de paille ; on en restreint le nombre en obligeant les Vers à filer dans des intervalles rétrécis où il leur soit difficile de s'associer (coconnières Davril, châteaux à cases de Delprino). On rencontre parfois des doup- pions, notablement plus gros que le cocon ordinaire, dans les cocons filés en toute liberté par nos espèces indigènes. Je possède; un cocon d'Attucus CarpinHWé par deux chenilles associées et qui m'a été doinié par M. Xambeu. 11 y a des chenilles qui ne se filent pas de cocons et dont les chrysa- lides reposent simplement sur le sol ou sont plus ou moins enfoncées en terre: ainsi certains Lycénides et Satyrides, un assez grand nombre de Noctuèliens et de rhaléniens. Ce fait n'a pas lieu seulement pour les chenilles qui vivent sur les plantes basses, mais aussi pour des che- nilles qui on! ju'is leur noiin-ihirc cl subi leur accroissemeni au haut i.ÉPii)Oi'ri;aiis. 109 (les arbres : (elles sont celles des Smériiithes. Ces chenilles, parvenues à toute leur taille, descciident le long du tronc et s'eriConcent souvent sous les mousses, au piel nu à quehiue distance^ selon (pie la terre est plus ou moins meuble pour oll'rir un abri surii>ant à la chrysalide. D'autres se façonnent des coques terreuses, analogues à celles qui en- tourent certaines larves de Scarabéicns et dans lesquelles la soie n'entre que pour une faible proportion, ou même est remplacée [)av un vernis interne, analogue à la pellicule dont s'entourent |)nur la nym- phose beaucoup de larves d'Hyménoptères, (les coques soiil des travaux de ma(;onnerie beaucoup plutôt que de filature. Ces coques terreuses, comme on le voit pour les Sphingiens et certaines Xoctuelles, ont l'as- pect extérieur de masses ovoïdes d'une terre granuleuse, dont les par- celles sont agglutinées par une matière gommeusc et parl'(jis liées par des (ils d'une soie qui ])eut aussi IViriner un mince tapis à l'intérieur. Les chrysalides suspendues la tète en bas par un lien de soie caudal de certains lUiopalocères du groupe des N'anesses, présentent parfois de singulières apparences. On voit pendre de leur corps, ordinairement de chaque c()lé, deux filaments blancs, un peu renflés au bout: on dirait tout à l'ait (les hurid. ou Cryptogames du groupe des Champignons, dans une de leurs phases de végèlalion. Si l'on a des chrysalides de Paon de jour ou de pelilc Toilue ainsi alleinles el suspendues sous le couvercle de toile métallique de la boite d'élevage, on a l'aspect d'une petite forêt en miniature. Ce sont des filets de fibrine du sang coagulée à l'air et sortie de chaque écaille alaire soulevée, alors que sortent du corps de ces chrysalides des larves de Tachinaii-es (Diptères .Alusciens) qui avaient pondu leurs (jeufs sur les chenilles, et l'on trouve dans la terre du dessous les pupes produites par ces larves. 11 nous reste à donner quelques indications sur le début de l'état de ' chrysalide, et ensuile sur les derniers moments de cette i)hase, alors que le papillon va chercher à sortir de cette espèce de sépulcre où il était maintenu captif. Lorsque la chenille est arrivée à sa dernière mue, son thorax sentie beaucoup, et l'on peut même, prévoir par l'é- tendue de ce gonllemcnt, si le pa])illon arrivera à éclosion. Dans ce ren- flement s'accumule un plasma oii s'organisent les gaines des organes externes, tels que les ailes et les pattes. Si, en prenant par exemple une espèce fileuse, comme Sericaria Mon', on extrait une chenille du cocon terminé, avant le dernier changement de peau, on sixième mue d'or- dinaire, on voit ([ue la peau a perdu de son éclat et que les pattes membraneuses, qui déjà s'éla'ent aminciesaudernierâge de la chenille, ont à peu près disparu, f-esdeux pattes membraneuses du dernier anneau se sont api»li(]ué('s contre lui, de manière à se souder sur la ligne mé- diane intérieure, ce qui prépare déjà la f(H'me de l'extrémité de la chrysalide. C'est en coupanl les pattes écailleuses de la chenille à cette époque que Uéauinur avait obtenu des papillons sans pattes, d'où il lirait cette conclusion qu'il avait coupé les pattes mêmes du papillon. 110 LÉPIDOPTÈRES. déjà contenues dans la chenille, suus rinllueucc de cette théorie de remboîtement et de cette préexistence des germes qui dominait toutes les études du mystique Swammerdam. Si Ton ouvre alors la peau delà chenille avec précaution, on peut en tirer la chrysalide avec toutes ses parties parfaitement libres, et si l'on examine la tète encore très-molle de cette chrysalide, on voit les pièces buccales efFectuer des mouve- ments. La lèvre supérieure présente encore son échancrure médiane, qui permettait à la chenille de tenir la feuille pendant que les mandi- bules la coupaient: c'est une espèce de guide du mouvement qui ne permet pas à la feuille de fuir sous la pression et explique la régula- rité avec laquelle elle est coupée. Ce labre se meut encore comme chez la chenille, et les deux gaines où se développeront les deux moitiés de la trompe effectuent, lorsqu'on interpose le scalpel, des mouvements de rapprochement semblables à ceux qu'exécutent les mandibules de la chenille: on dirait que l'animal a conservé le souvenir de ses anciennes habitudes (A. Barthélémy, d'après son interprétation des pièces buc- cales). Nous devons encore faire connaître des observations très-curieuses de M. Goossens, qui est un des plus habiles souffleurs de chenilles pour les collections. 11 est impossible, dans l'état actuel de la science, d'af- firmer rien de précis à ce sujet; ce sont des jalons précieux pour les travaux embryogéniques futurs. Stimulé par les difficultés quiarrètèrent Réaumur pour souffler et dessécher le tube intestinal des chenilles au moment de la nymphose, M. Goossens prit une chenille de Laviucampa Pini au moment de se chrysalidcr. En l'incisant avec soin sur les flancs, il vit que le tube intestinal s'était arrondi au haut de l'estomac et parais- sait fermé et soudé, le haut de l'œsophage tenant à l'intérieur de la calotte et semblant se dessécher et se recroqueviller. \'a\ introduisant un chalumeau dans le rectum et soufflant doucement, M. Goossens vit l'estomac prendre la forme d'une chrysalide, où l'on distinguait faible- ment, et d'une couleur pTde, la forme des ailes, les segments et même des boutons saillants à la place future des stigmates. 11 y a dans cette observation de M. Goossens des points à noter : d'abord la rupture du tube œsophagien, que Malpighi n'avait qu'entrevue, et cette rcssem* blance singulière de l'enveloppe de la chrysalide avec les parois sto- macales : on serait tenté de dire que l'enveloppe de l'estomac tlevient celle de la chrysalide en augmentant d'épaisseur. .Nous nous garderons bien d'avancer une telle conclusion, mais il y a certainement lieu de poursuivre la voie ouverte par M. Goossens. Gelui-ci a plusieurs fois essayé de répéter sa première observation, mais sans succès, parles dif- ficultés du soufflage et parce que la fermeture du tube n'était pas encore opérée en haut. 11 n'a pu réussir encore à préparer un tube digestif de Diurne à chrysalide anguleuse. Prenons maintenant la chrysalide à la phase opposée de son existence, c'est-à-dire au moment où va s'opérer, par im dernier changement d'en- veloppe, la sortie de l'adulle. Comme dans certains cas celui-ci n'est LtriDuiMÉr.iis. 111 pas encore dcli\i"é parcct acte, Ui prévoyance de la chenille lui prépare les moyens de sortir ensuite aisément de l'autre prison plus extérieure» coque ou cocon, paroi ligneuse, fourreau de la chenille, etc. Ainsi les chenilles de Nonagries, vivant dans les chaumes des Roseau \ et des Typhacées, font intérieurement de la lige une ouverture circulaire dans la paroi, en conservant seulement Icpiderme intact, mince mem- brane que le papillon crève sans peine pour sortir. C'est également en poussant la pellicule épidermique que beaucoup de Tortriciens mi- neurs de feuilles sortent de la galerie. La clienill(; de l'Alucite du Hh; ronge dans le grain, à l'endroit où se trouvera la partie antéiicure de la chrysalide, une petite pièce circulaire, qui ne lient plus que par une charnière, porte qui s'ouvre de dedans en dehors au moindre effort que fait le minuscule papillon. Certaines coques dures sont munies d'un opercule maintenu par quelques lils de soie, et qui s'ouvre, sous la pression du papillon, comme le couvercle d'une boite à saxonnctte ou des fruits nommés pyxides ; au contraire la coque carénée d'Halias qurrcana s'ouvre en deux valves, comme une capsule, par la rupture facile des fils de soie qui les maintenaient autour de la chrysalide. Chez les Psyché et chez di\ers Tinéiniens à chenilles également dans des fourreaux, ces fourreaux deviennent les coques protectrices des chry- salides. Si la chenille doit devenir une femelle, elle reste dans sa posi- tion, et c'est dans le fourreau que demeure fixée la femelle, rece- vant les approches du mâle par l'ouverture anale du fourreau; c'est aussi par cet orifice naturel que doit sortir le papillon mâle, et non par la partie antérieure du fourreau par où sortaient la tète et les pattes écailleuses de la chenille. Imi elfet, lors de la nymphose, cette ouverture est, soit fermée par une cloison, soit collée contre un mur ou une écorce. La chenille prend alors la précaution de se retourner dans le fourreau, de sorte que la chrysalide se forme la tète en bas, ce qui permet au papillon mâle de sortir aisément, Les coques ligneuses et dures des Dicraiw.ra et llarpiju sont ramollies à un bout par une liqueur spéciale, de même que les cocons fermés à soie serrée et gommée. Les chrysalides à demi-enterrées sont dans une excellente situation pour l'éclosiondupapillon, qui trouve de toutes parts des points d'appui. Il en est de même des cocjnes terreuses et des cocons iixés à divers supports par leur bave soyeuse ou par une matière collante; le papillon, ne pouvant les entraîner avec lui, s'en sert pour s'accrocher et sortir au dehors. Aussi dans les magnaneries, où les cocons desti- nés au grainage ont été privés tle leur bave quand on les a tléramés, on a soin de les enfiler à un lit commun, et les papillons éclosentdans ces filanes de cocons, connue si ceux-ci avaient conservé leur attache natu- relle. Les papillons utiLisent aussi comme appui les fils de soie qui maintiennent les chrysalides suspenilues par la queue ', et parfois en outre par un lien en façon de ceinture (la [dupart des Uluqtalo- cères). 112 LÉPIOOPTËRI'S. (Juaml la chrysalide csl parvenue au terme de révolution interne, alors que les organes de l'adulte inclus se sont complètement formés, elle s'amollit, change parfois de couleur, et souvent, chez les Uhopalo- cères, devient translucide, laissant voir à travers les étuis des ailes les dessins et la teinte du papillon, l.a peau de la chrysalide se fend longi- tudinalement en dessus du corselet, et le papillon prisonnier agrandit Touverture en poussant avec sa tète et parfois se servant de ses pattes. C'est le plus souvent dans la matinée qu'ont lieu ces éclosions des pa- pillons, comme si les premiers rayons de l'astre bienfaisant donnaient à l'insecte la force d'ouvrir la porte du tombeau. Il est d'abord très- faible, tout mouillé, ses parties externes molles. Après un temps de repos, les antennes repliées s'allongent et s'agitent, semblant interroger l'atmosphère, route nouvelle, inconnue, interdite jusqu'alors. Les pattes sortent de dessous le ventre, et le papillon marche en tournant autour de la dépouille de la chrysalide. Sur les flancs pendent de chaque côté deux moignons inertes et superposés, où apparaissent déjà, mais de dimensions très-réduites, tous les dessins des ailes futures, qui ne feront que s'amplifier, en conservant tous leurs rapports. Le papillon s'est fixé à une tige, à une feuille ou aux parois du cocon, et il introduit l'air dans ses trachées pai" de fortes inspirations. Bientôt de rapides mouvements vibratoires agitent les ailes ; l'insecte tourne tour à tour chaque aile du côté de l'air libre, afin de la sécher. Le frémis- sement est si précipité, que l'œil aperçoit une masse élargie et indis- tincte, comme lorsque vibre une corde élastique. Les ailes semblent pousser en même temps comme des feuilles et s'élargissent dans une proportion considérable. Quand elles ont acquis leur ampleur normale, le papillon les relève et les abaisse successivement, pour achever l'éva- poralion du liquide dont elles sont encore imprégnées, et, le plus or- dinairement, en moins d'une demi-heure, elles sont propres à remplir leur fonction, et l'insecte s'élève dans la subtile atmosphère, amoureux de liberté, enivré de soleil. Voici comment le D"' Boisduval explique l'amplification des dessins des ailes des Lépidoptères après leur sortie de la chrysalide, et l'exten- sion des ailes en tous sens régulièrement pour chaque portion de leur surface. « Ces organes, écrit-il, sont composés de deux lames ou de deux membranes, entre lesquelles sont situées les nervures, qui sont autant de jietits tubes fistuleux. Dans l'état de nymphe ces membranes ne sont pas encore réunies par leur face interne; elles sont pliées lon- gitudinalement et transversalement d'une manière égale sur toute leur surface, de sorte que tout le dessin s'y retrouve pour ainsi dire en mi- niature. ImmécHatement après l'éclosion, un liquide pénètre dans toutes l(!s ramifications des nervures, qui étaient tilles-mêmes pliées, les oblige à s'allonger et à se redresser. Il en résulte que les portions de membrane comprises dans chaque cellule doivent nécessairement s'étendre. Au fur et à mesure (jue cette dilatation s'opère, les deux LÉPIDOPTÈRES. 1 J 3 membranes se rapprochent l'une lonlre l'autre et Unissent par s'unir au point de se confondre. » l'eu de temps après être sorti de la clirysalide, et alors qu'il est sécli6 et ralVermi, le papillon rejette par l'atuis un liquide qui remplissait la région terminale du tnl)e digestif, (l'est un véritable méconium, ana- l()L;ue à celui que rendent les mammifères nouveau-nés ; c'est un ex- crément de l'état nymphal. On voit très bien ce liquide qui remplit le tube digestif si l'on extrait un papillon de l'enveloppe de la chrysalide (luehjues heures avant l'éclosion naturelle. 11 est soumis à un ballotle- ment violent, dû à la contractilité musculaire des parois, ce qui ex- plique avec quelle force l'expulse le papillon, (le liquide méconieux conlient une très ,<,a'ande quantilè d'acide uri(iue, et, en le soumettant à l'examen microscopique, on le trouve rempli de corpuscules vibrants, dont la ressemblance avec les corpuscules du sang de la chenille est frappante. La couleur de ce méconium est variable. Elle est quelque- fois noirâtre, plus souvent blanchâtre ou grise, de couleur nankin chez le papillon du Ver à soie i)ien i)orlaiit, brune et de mauvaise odeur quand il est affecté de pébrine, parfois de teinte rougeâlre et même; analogue à celle du sang, chez certains Vanessa, comme les V. pohj- chloros, Urfica', lo, etc. De là une des origines probables de ces légendes des pluies de sang, rapportées plusieurs ibis par les historiens, et qui produisaient dans le peuple une terreur supcrslilieuse, à la vue de ces larges gouttes rouges couvrant les murs(l/. Il nous reste à présenter un résumé des observations les plus récentes sur l'anatomie interne et l'embryogénie des Lépidoptères. 11 faut re- marquer que pour eux, comme pour tous les animaux à métamor- phoses, les études embryogéniques ne portent pas seulemeiit sur l'o'uf, mais sur les divers stades jusqu'à la forme parfaite, apte à la repro- duction. On peut dire que la chrysalide est ime sorte de second o'uf, où divers organes nouveaux se forment dans le plasmii. I/(euf des Lépidoptères étant toujours d'une opacité à p(ni près complète, il est difficile de suivre le développeinenl embryonnaire de la chenille. Lu trempant l'œuf dans l'huile, ou arrive à uiu; demi-trausparence de la coque, encore insuflisante pour distinguer neltenieut ce (jui se passe à rintèrieur. Il faut recourir à la dissection de l'ieuf, alin d'en extraire, le plus délicatement possible, l'embryon aux diverses phases de son développement. Quand l'œuf a été pondu, il ne tarde pas à prendre une teinte plus foncée que sa couleur initiale; si l'on ouvre alors l'o-uf du Ver à soie devenu gris, ou recoiiuait que cette coloration est (hu; à la formation d'une membrane ipii le tapisse; intérieurement. La laclie germinative a ordinairement disparu avant la poule; quelqueioismême elle disparait dans l'ovaire avant la production de la cocpie. L'(!mi)ryon (1) Mauric(! Gicanl, Métuinorpluises des Inscclcs, 5*^ édil., Harlietto ciC^. Paris, 1879, p. 201. OIRARI». lu — 8 lU LÉPlDOPTÈHIiS. se distingue tout d'abord par quelques cellules plus grandes au milieu du vitellus. Deux feuillets blastodermiques se forment à la surface du vitellus: l'extérieur est destiné à produire la peau; l'intérieur, en se détachant peu à peu du premier et en se refermant sur lui-même, constitue le tube digestif. En même temps cette double enveloppe subit un mouvement d'incurvation. Le vitellus, par suite de la soudure des deux bords de l'enveloppe blastodermique interne, se trouve renfermé dans le tube digestif, de sorte que l'embryon va trouver dans son inté- rieur même les matériaux de son développement. De chaque côte du corps se constituent les deux grandes trachées qui devront distribuer l'air dans le corps de la chenille; les premières ramifications se pro- duisent dans la tête même, sous forme de tubes qui restent quelque temps dépourvus de fil spiral. Le vaisseau dorsal, ou série des cœurs, ne devient visible sous la peau que quelques heures avant la naissance, lorsque leurs pulsations sont suffisamment prononcées. Le système nerveux suit la formation du système digestif et précède l'apparition des tubes séricipares. Bientôt la segmentation commence, et la tête, plus développée que le reste du corps, laisse voir quelques points co- lorés en jaune, première solidification des diverses parties qui la com- posent. Les organes de la tête qui se distinguent ainsi les premiers sont les mandibules et le labre. Les pattes écailleuses ne sont alors que de simples prolongements dermiques, qui se segmentent peu à peu en se solidifiant. Les pattes membraneuses apparaissent les der- nières. A l'intérieur on voit les deux troncs trachéens, qui ne se rami- fiaient d'alîord que vers la tête, se renfler à la hauteur de certains anneaux ; puis ces reullemeuts se transforment en des troncs gros et courts qui bientôt se ramifieront. A cette époque l'embryon du Ver à soie, extrait de la coque de l'œuf, est blanc, la tête exceptée, et res- semble à beaucoup de larves de Coléoptères et d'Hyménoptères, surtout de très jeunes larves de Tenthrédiniens. Les glandes séricipares sont représentées par deux tubes gros et courts, qui s'allongent peu à peu à partir de la base de la tête, très courts à leur début, et natteignant toute leur longueur relative que par les progrès de l'âge. Les muscles sont d'abord constitués par des éléments arrondis disposés bout à bout en chapelet. Ces éléments ne se confondent et leur configuration glo- buleuse ne disparait que quelque temps après l'éclosion de la chenille. T^a forme circulaire qu'affecte l'embryon dans l'œuf , fait que la che- nille parait étranglée au milieu, les deux extrémités ayant pu se déve_ lopper plus librement que la partie moyenne. Plusieurs heures avant réclusion, l'embryon effectue des mouvements et la coque de l'u'uf devient transparente. Alors les ouvertures stigmatiqucs, qui jusque-là étaient restées fermées, s'ouvrent pour substituer la resitiralion (ra- cliécnne spéciale à la riîspiralion cutanée générale. Chez le Ver à soie, le corps, blanc (luelque temps auparavant, est devenu noirâtre et s'est r(;coiivert de tubercules et de poils; l'animal est désormais constitué LÉPIDOPTÈRES. 115 pour vivre et se développer au dehors. Nous n'avons pas besoin de faire remarquer que, dans cette embryogénie de r(euf, rien ne dévoile la présence d'un papillon, même rudimentaire. Celte étude suffit seule pour détruire toutes les assertions contraires des anciens naturalistes, Swammerdam, Malpiglii, Réaumur. La transparence des organes de l'embryon permet de porter l'investigation microscopique dans les parties les plus intimes, et toujours on les trouve simples et seulement propres à constituer un individu unique. Avant de donner quelques notions sur le tube digestif dans les trois phases de la vie du Lépidoptère, nous devons revenir en quelques mots sur les pièces que rencontrent les aliments à son origine, c'est-à-dire les pièces buccales. Leur signification peut être interprétée tout autre- ment que ne l'avait fait Savigny, et c'est surtout en s'aidant de l'embryo- génie du passage de la chenilleà la chrysalide, que M. A. Harthélemy (I; est arrivé à les envisager sous un point de vue très dill'ércnt de celui des auteurs français. D'après lui, les organes bi- ou triarticulés qu'on regarchi comme des antciuies cliez les chenilles, et qui sont placés a la base des mandibules, seraient des palpes mandibulaires; ces organes, dans lui grand numbre d espèces, s'enlevant avec les mandibules, dont ils paraissent ainsi une dépendance. Il y aurait, d'après cela, et con- trairement à l'opinion générale, des palpes mandibulaires chez certains insectes, comme il en existe chez les Crustacés supérieurs. M. A. Bar- thélémy est disposé à voir dans la filière buccale des chenilles le repré- sentant de la languette portée sur un menton membraneux. Si l'on tire de la peau d'une chenille dans son cocon et près de se chrysalider la chrysalide encore immature et molle, on voit que les deux deuii- spiriirompes, ou plutôt les fouri'eaux dans lesquels elles s'organiseront, correspondent aux mandibules de la peau qui tombe; à la base de ces deux corps on aperçoit un tubercule qui représente l'anteinie de la che- nille, qui n'est pourM. A. Harthélemy qu'un palpe mandibulaire. Pour \crifier cette interprétation, il acoupé his mandibules, avant le dernier charigement de peau, sur la chenille de DeilephiUi Eui>liorbiœ, en ayant soin d'arrêter l'épanchement sanguin avec de la cire molle, et il a obtenu des papillons présentant la trompe tronquée. Les chenilles qui n'avaient subi cette mutilation que; d'un côté ont domié des papillons dont la partie de trompe correspondant à ce côté était beaucoup plus courte que l'autre. La clirysalide de Sericariu Mori et des autres Bom- byciens à trompe rudimentaire ne présente à la place de la trompe que deux organes courts et larges, qui, par leur finuK!, leur position et les mouvements qu'ils elfectuent, rappellent très bien les mandibules de la ch»!nill(!. ici on obtient mieux encore, par la section des maiidi- (1) A. Bartliùleniy, Ik'clicrclics (/'nuafiDnic cl de iiliijsLoliKjie ijcnérulcs sur lu tinsse des Lépidoptères, (jour servir à l'Insloire des mélai-inurhuses, j». 10, 35 GO{thèse de la Facultr des scieuces de Toulouse). Toulouse, I8C^. IKi LÊPinoPTÈr.ES. bulcs de la chenille, ravortemenl du rudiment de tronnpe de l'insecfe parfait; de plus la tête présente la plus grande ressemblance avec la tête de la chenille à chaque changement de peau, lorsqu'elle est encore molle et renfermée dans l'enveloppe de l'état précédent. Chez le pa- pillon, la lèvre supérieure ou labre, d'après M. Barthélémy, est consti- tue par la petite écaille médiane et les deux écailles latérales (man- dibules de Savigny). En effet, le labre de la chenille est formé de trois parties, une centrale et deux latérales soudées, et au moment de la transformation en chrysalide, il conserve la même forme que chez la chenille, et exécute les mêmes mouvcmenls. Peu de temps avant l'éclosion du papillon, la trompe se soulève et contribue à détacher le masque de la chrysalide ; dans ce mouvement, elle vient se loger dans l'échancrure de la lèvre supérieure et soulève la pièce médiane, qui se sépare des écailles latérales. Ceci est confirmé par cette remarque de Savigny lui-même, que, chez les papillons sans trompe, les mandibules sontbeaucoup moins distinctes, parce que, pour ces papillons, il n^ a pas de soulèvement de la trompe. I>es deux demi- spirilrompcs représentent les mandil)ules, leurs gaines occupant chez la chrysaUde la place même des mandibules de la chenille et elfecluanl des mouvements semblables. Les deux tubercules bi- ou triarîiculés qui se trouvent à la base de cette trompe représentent les rudiments de l'antenne de la chenille, ou palpe mandibulaire pour M. Barthélémy; souvent ils se détachent avec cette trompe, comme on voit le palpe mandibulaire se détacher avec la mandibule chez la chenille. Enfin le nombre des articles de ce prétendu palpe maxillaire est ahsolument le même que celui de l'antenne ou palpe mandibulaire de la chenille cor- respondante, toujours à deux ou trois articles. Les rudiments de trompe ou mandibules du papillon de Ver à soie récemment éclos ont une forme absolument identique avec celle des mandibules delà chenille, quand on dissèque la tête un peu avant les changements de peau. Les organes que Savigny nomme palpes labiaux seraient les vraies mâchoires ou maxillaires. En effet, ils sont insérés à la base de la tête, mode d'inser- tion qui est dilférent de celui des palpes labiaux des autres insectes. Cette remarque n'avait pas échappé à Savigny; mais il y voyait une simple particularité à l'ordre des Lépidoptères. Leur direction est le plus souvent ascendante, comme celle des mâchoires de la chenille, et enfin ils sont à trois articles, comme les palpes maxillaires de la che- nille, qu'ils représentent plus particulièrement. M. Barthélémy dit n'a- voir pu retrouver chez le papillon le corps de la mâchoire, déjà nidi- mentaire chez la chenille. D'après lui, une écaille inférieure, rudiment de la lèvre, vient compléter le système buccal du papillon. Nous ne pouvons nous prononcer sur les assertions de M. Barthélémy, dont nous n'avons pas répété les expériences; mais il nous a paru important de faire connaître ses travaux, qui sont restés presque ignorés, même en France. LÉPIDOPTF.RF.S. 117 Nonsoxamiiierons rapidrmont le tubo digestiCdans les Irois phases do la vie du Lépidoptère, (^hez les clieailles on trouve pat'Cois, à la suite d'un jabot assez développé, un gésier charnu, mais sans l'armature solide interne des Ortlioptùres et de beaucoup de Coléoptères : ainsi chez la chenille du Cos.'uts Li(jniperda , qui est lignivore. F, 'esto- mac ou ventricule chylitique occupe presque toute la longueur du tube digestif chez les chenilles, les portions œsophagienne et intesti- nale étant très courtes. Chez la clienille de Pieris tirassica', Hérold a trouvé un œsophage simple et très court, suivi d'un grand estomac cylindrique, qui s'étend en ligne droite jusqu'au voisinage de l'anus, dont il n'est séparé que par un intestin fort court et également droit. La disposition est analogue chez le Ver à soie du Mûrier, chez la che- nille du grand Paon de nuit, de l'Ophiodcs tirrhœa, etc. Les villosités gastriques manquent à l'estomac des Lépidoptères. Si nous prenons la chrysalide du Ver à soie et si nous l'ouvrons aussitôt après la mue qui l'a produite, la constitution interne ressemble beaucoup à celle de la chenille. Le tube digestif, encore très volumi- neux, contient à son intérieur une substance rougeàtre, de la consis- lanci' du beurre, qui semble une accumulation de substance nuiritivc servant au travail des métamorphoses, de même que le vitellus, en- fermé également dans le tube digestif de l'embryon, a servi à son développement. Tout d'ailleurs, dans le nouvel état, est préparé pour le singulier acte vital dans lequel l'animal se soumet à une véritable incubation. A la base de l'œsophage se trouve une très gi'ande quantité de graisse, et, de chaque côté du vaisseau dorsal, on remarque une accumulation de tissus adipeux, de couleur souvent jaunâtre. Ce sont là, avec la matière rougeàtre du tube digestif, autant d'aliments mis en magasin par la nature pour les besoins de la seconde embryogénie, l'embryogénie nymphale. Le tube digestif diminue d'ai)ord de volume à mesure que la substance rougeàtre se résorbe. Lorsqu'il est devenu très étroit, sa partie inférieure semble subir un mouvement ascen- sionnel, qui a pour résultat l'allongement de l'intestin, et qui paraît être déterminé par la disparition de la substance rougeàtre nutritive. Eiitin (l'Ile matière se circonscrit au milieu de l'iniestin et détermine ainsi l'étendue que doit avoir l'estomac dans le papillon. Ln même temps se dépose, à la partie supérieure et à la pailie inférieure du tube digestif, un plasma organisable destiné à former, h l'œsopluige le jabot, à rinteslin le ca'cum. De même, dans la chrysalide de Picris Hidssicœ, la porlion stomacale se concentre vers le milieu du corps, tandis que l'œsophage s'allonge, ainsi (jue l'intestin. L'œsophage des chenilles reçoit à sa naissance des glandes salivaires, composées de deux tubes assez courts et qu'il ne faut pas confondre avec les glandes sériciparcs dont nous parlerons plus loin, llelativement très court, l'a^sophage se termine ordinairement par un renllenienl. Hérold a étudié le développement de ce jabot, ou premier renllement 1Î8 LÉPIDOPTÈRES. œsophagien, chez la chenille de Picris Brassicœ. I/cosophage, d'abord court et cylindrique, s'allonge plus que ne le fait l'eslomac et se renfle un peu vers son extrémité postérieure. Ce changement se prononce encore davantage dans la chrysalide. Alors, à l'extrémité de l'œsophage devenu long et grôle, on distingue un petit jabot fusifornie ; mais cette dilatation ne continue pas à se faire d'une manière régulière et s'a- vance du côté dorsal seulement, de façon à donner naissance à une petite poche latérale, dont le fond s'agrandit plus que l'entrée. A mesure que les métamorphoses du papillon s'avancent, l'appendice œsophagien ainsi constitué granditjfrapidement, et son col s'allonge beaucoup, de sorte qu'au terme de son développement, il consiste en un sac piriforme, suspendu à la partie postérieure de l'œsophage et communiquant à l'intérieur de ce tube alimentaire par un canal étroit. Le rôle de cette panse appendiculaire de l'œsophage des Lépidoptères adultes est peu connu. Elle manque chez les Hépiales et chez une partie des Bombyciens (Treviranus) et contient ordinairement de Fair. On Fa nommée estomac suceur ou vessie aspiratoire, en supposant qu'elle serve, comme une pompe aspirante, pour la succion des liquides. Elle consiste plus souvent en un sac arrondi, qui naît à angle droit de Fœsophage par un col étroit, et se prolonge en arrière au-dessus de l'es- tomac proprement dit. Cette panse est profondément bilobée chez les Zygènes, et son développement paraît Iréquemment en rapport avec celui de la spiritrompc, ce qui serait conforme à son rôle d'estomac suceur. Elle est très grande chez Vanessa Urticœ, très réduite chez Attacus Piri, nulle chez Clielonia Caja^ Cossus Ligniperda, Gastropacha Pini, où la trompe est rudimentaire. D'autre part, il faut remarquer, contre cette fonction de succion, que, chez le papillon du Ver à soie, à trompe nulle et qui ne suce aucun liquide, ce jabot en panse latérale est très développé. Chez les Diptères, où ce même jabot en panse existe presque toujours, son col, étroit et fort long, naît dans le voisinage de la bouche, au lieu de se détacher du tube alimentaire près de l'estomac, comme chez les Papillons. La bouche du papillon reçoit deux glandes salivaircs réunies en un seul canal vers la région supérieure; elles sont plus longues et plus minces que celles de la chenille. La présence de ces glandes chez des abimaux qui ne se nourrissent que de sucs fluides ou semi-fluides semble démontrer que la salive ne joue pas seulement dans la digestion un rôle d'imbibition destinée à ramollir les aliments, mais encore un rôle chimique. Si, à l'autre extrémité de l'estomac, nous considérons la partie intes- tinale du tube digestif, nous voyons chez les chenilles (Pieris Brassicw, Gastropacha Pini, Sericaria Mori, Sphinx Ligustri, OEnophthira Pille- riana, etc.) qu'elle consiste en un tube droit et presque cylindriciue, qui n'a guère que le quart ou même le cinquième de la longueur du corps, et se divise en trois parties : l'îuiléricMircon pyloriquc,(jou intestin LÉPIDOPTÈRES. 119 gi'èle, ;'i parois très charnues, donnant insertion aux vaisseauv de ^lalpi- S'hi; la moycinie, plus renflée, formant le réservoir stercoral, avec des i)rides fibro-musculaires à l'intérieur, sur lesquelles se moulent les crottins ; puis la partie postérieure ou rectum, très dilatable, mais qui, à l'état de vacuité, ne constitue qu'un petit canal membrano-muscu- laire qui aboutit à l'anus. A la fin de l'état de cbrysalide, quand le papillon s'est constitué, on voit que le tube digestif, si volumineux dans la vie égoïste de la chenille, dont toute l'occupation est de se nourrir, a beaucoup perdu de ses dimensions et s'est muni de renfle- ments qui n'existaient pas chez la chenille, l/intestin, beaucoup plus long, forme des replis dans l'abdomen, tandis qu'il était gros, court et droit dans la chenille. C'est là, sans contredit, un des faits les plus re- • marquables des morphoses des Lépidoptères, et qui prouve bien qu'il ne faut pas se hâter de conclure des organismes des Vertébrés à ceux des Invertébrés. Chez les Vertébrés, en efTet, l'intestin est d'autant plus long et fle\ucux, que le régime est plus exclusivement hei'bivore ; ici, au contraire, l'intestin de la larve herbivore est droit et court, tandis que celui de l'insecte parfait, qui ne se nourrit que d'aliments fluides, ' est long et flexueux. 11 est probable que chez le papillon, cet intestin joue un rôle particulier et coiitribue, scjit aune production de glycose, soit à la formation de l'acide urique avec les vaisseaux de Malpi- ghi. A mesure que se développe le long intestin grêle, replié et flexueux, des Lépidoptères adultes, la partie antérieure de cet in- testin, qui était primitivement bien distincte de l'estomac, se confond de plus en plus avec cet organe, de façon que, chez le papillon, l'em- bouchure des tubes malpighiens ne se trouve plus dans l'intestin pro- prement dit, mais à l'extrémité de l'estomac. Chez l'adulte, d'après M. A. Barthélémy, l'intestin est garni à l'intérieur d'un très grand nombre de corps transparents, semblables à ceux que l'on observe chez certaines larves de Diptères et d'Hyménoptères. 11 est muni d'une couche de muscles très minces, qui lui permettent d'exécuter des mou- vements assez vifs, surtout au moment de l'éclosion. Les canaux de Malpighi, chez les Lépidoptères, soit en chenilles, soit adultes, sont toujours au nombre de trois paires et à extrémités flot- tantes; mais ces vaisseaux ne débouchent de chaque côté dans le canal digestif que par une paire d'orifices. Cliez le Ver à soie, le réservoir stercoral (gros int(!3tin, côlon) est divisé en deux loges par un étranglement circulaire, et dans chacun de ces compartiments arrondis ou voit quatre paires de tubercules ou plaques cornées ovalaires, disposées transversalement en forme d'anneau. Chez les chenilles, le réservoir stercoral est simple, c'est-à- dire faisant complètement suite à l'intesiin grêle et ne se prolongeant [tas ; il n'en est plus de même chez les Lépidoptères adultes, où le ré- servoir stercoral se développe latéralement, de façon à former une poche dont le, fond se prolonge beaucoup en avant du point où l'in- 120 LÉPIDOPTÈRES. tcsfin grOle vient s'y ouvrir. C'est dans ce o;ecum latéral que se forme et s'accumule le méconium liquide, chargé d'acide urique, que le pa- pillon rejette après sa sortie de la chrysalide. Il est pavé à sa face in- terne des mômes corps Iransparents qu'on trouve dans l'intestin grêle. Cet appendice c;t;cal est du reste des plus variables dans les Papillons, peu prononcé chez Pieris Brassicœ, très allongé chez Attacm Carpini, ayant la forme d'un sac ovoïde, à col plus ou moins étroit dans les Sphinx Li(jW fermée par une ligne brisée présentant un angle rentrant à l'intérieur du cercle. Cette disposition 124 LÉPIDOPTÈRES. a pour but de suppléer au manque de muscles obturateurs auxstigmates qui scpréscnlent chez le papillon sous forme d'une ouverture simple- ment béante. L'action des muscles qui produisent le vol est intimement liée à l'énergie de la respiration. Nous avons déjà vu, à propos de l'anatomie externe des Lépidoptères, combien le frein des ailes a peu d'impor- tance. M. J. Kuackel d'tlercuUiis (1) a reconnu que les battements des deux ailes d'un même côté sont toujours simultanés. L'expérience con- slate que l'extension de l'aile antérieure, même chez les Lépidoptères privés de frein, entraîne forcément l'extension de l'aile postérieure. Les ailes ne re(,'oivent pas directement les muscles abaisseurs et éléva- teurs. Les muscles abaisseurs s'insèrent à la région médiane du dorsiim du mésothcrax (prœscutuxi et scuttiin) et au scutuiu du métathorax, et il n'y a qu'une paire de ces grands muscles dorsaux. Quant aux muscles élévateurs, ceux-ci se tixent d'une part à la région latérale du dorsum du mésothorax (/)rrP5c»/M/;( et scuium), d'autre part au mcsosternum et au inelasiernum, ceux-là s'allachant au dorsum du mésothorax {sciifum) et à ïepisternum du métathorax. L'action de ces muscles ne se commu- nique pas directement aux ailes, mais se transmet à certaines pièces axillaires par l'intermédiaire d'une arête solide, qui a reçu le nom de clavicule thoracique . Les abaisseurs et les éleveurs, par suite de leur mode d'insertion, entraînent dans leurs contractions, non pas une paire d'ailes, mais les deuv paires en même temps. Outre les grands abaisseurs et les grands élévateurs, il existe une série de petits muscles très compliqués, qui sont les vmsclrs directeurs (J. luinckel). Les uns président à l'extension et au retrait des ailes, les autres servent à modifier sans cesse, au gré de l'animal, l'inclinaison de ces appendices pendant le vol. Ces derniers muscles s'insèrent aux pièces articulaires des ailes {l'iiidèines d'articulation). Tous les muscles directeurs agissent directement sur les ailes, comme les muscles des pattes sur les pattes, et leur mode d'insertion, à l'aide de pièces com- parables à des tendons, ne rappelle en rien la disposition toute spéciale des insertions des abaisseurs et des élévateurs. En résumé, chez les Lépidoptères et chez les Hyménoptères, il existe une paire de puissants abaisseurs et une série d'élévateurs, qui entraînent forcément, non pas chaque aile individuellement, mais les quatre ailes dans des mouve- ments d'ensemble; les extenseurs et les rétracteurs entraînent cha({ue paire d'ailes et non pas chaque aile isolément ; les muscles modificateurs de l'inclinaison agissent seuls individuellement sur chacune des ailes. On peut dire que dans la transformation progressive ([iii ((nidnil de la chenille au papillon, le système musculaire est de tous celui (jui semble obéir le plus à la loi du balancement organique. Les muscles ('!) Coit/p/i.'.s rciiiina des mémoires et séances de la Société de biologie, 187G, p. 70. LÉPIDOPTÈRES. 125 gardent la même position relalive que daiislaclieiiille. Si'uIciiu'iiMaiHiis ([ue les muscles de la région thoracique, qui \oul (Mre si iinportanis pour le vol, prennent un très grand dévelojipenK'nt, les muselés abdo- minaux au contraire ont perdu, dès le début de la métamorphose en chrysalide, leur force si considérable dans la ch(!nille. Ils sont devenus surtout les muscles longitudinaux, d'une très grande lénuité. Le thorax, en se segmentant de plus en plus, rend plus nbli(iues sur la ligue médiane les muscles moteurs des ailes. Lesappendicesquin'existaient pas dans la chenille se (léveli)p[)('iil [icu à peu, ainsi que leurs muscles. On peut en suivre le dévelo[)[iemcnt en cherchant à les extraire le mieux possibleet à des époques diflerenles de leur maillot dans la chrysalide. C'est ainsi qu'on voit les Irachées, d'abord libres dans les canaux qu'elles se tracent, pénéti'er peu à ])eu dans les ailes et déterminer la forme des nervures. Les écailles d(jnt seront recouvertesles ailes du papillon ne paraissent se constituer qu'en dernier lieu dans de petites cavités disposées en lignes plus ou moins régulières. Elles commencent par un petit bulbe qui s'épanouit [dus tard [liiur se terminer par plusieurs pointes eu nombre variable, sui- vant les espèces. La partie sujjérieure de l'écaillé, d'abord resserrée, s'élargit en éventail lorsijue son tléveloppement est plus avancé. L'ana- logie de ces organes avec les poils est évidente et corroborée par ce fait, (juo dans la région céphalique on voit souvent, dans les organes appcndiculaires. les poils remplacés par des écailles semblables à celles des ailes. Les pattes ne deviennent distinctes que vers les derniers temps des métamorphoses. Au fond de leur gaine et dans un plasma organisable, se forment les crochets et les pelotes, dont le nombre et la position sont utiles pour la classification générique. La patte, d'abord unie, se segmente en même temps que se l'ortnent les éperons propres à beaucoup d'espèces. Les antennes s'extraient facilement de leurs moules. Ce sont d'abord des masses transparentes où h; microscope [)erniel d(! suivre à rinU'rieur la marche de la li'acbce et du nerf anteniuiire ap[)uyé sur celle-ci. La segmentation de l'anleiine a lieu en même temps que celle des pattes, et c'est aussi à la même époque que se produisent les prolon- gements aigus (]u'elles présentent dans certaitu's espèces. Le système ner\eux ordinaire ou de la vie animale des Lepid()|i(ères a été suivi avec soin dans les trois elats do l'animal par liérold sur Pieris Brassic(c vl par C. Newporlsur .S'/j/n'/io^ Lù;».s7r/. Cbezlesclienillcs, chacun des segments du thorax et de l'abdomen [lossède un ganglion situé sur la ligne médiane et séparé de ses homologues sérialaires par une distance considérable, mais relié à eux, soi! par une paire de cmi- dons cnnnectifs, soit par un connectif impair et médian. Chez, l'adiille, le n(Mnl)re dans ces centres nerveux a considérablement diminu(''. el la chrysalide montre que cette diminulion, plus a[)|»arenle que réelle, dépend principalement du rapprochement, puis de la coalescence 126 LÉPIDOPTÈRES. complète de parties primitivemeul distinctes et éloignées entre elles. Le ganglion métathoracique attire à lui deux ou trois des premiers ganglions abdominaux. La coalescence longitudinale est au reste variable et afTecle parfois la totalité de la chaîne ganglionnaire postœsophagienne, mais sans jamais faire disparaître le caractère typique de cette chaîne. La coales- cence médiane est toujours complète ou à très peu près entre les ganglions, et, le plus souvei^l, elle se produit également enlre les connectifs dans la région abdominale. Au contraire, dans la région thoracique, les deux cordons intergangiionnaires restent généralement séparés entre eux. De plus, comme cela arrive d'habitude chez les Insectes, les ganglions nerveux des deux ou trois derniers segments du corps sont confondus, ou tout au moins très rapprochés entre eux, et ne tigurent qu'une masse gangliforme unique. Va\ étudiant les modifications de la chaîne nerveuse abdominale dans la chrysalide s'appréiant à donner le papillon, divers observa- teurs (G. Newport, L. Dufour, A. Barthélémy, etc.) ont signalé un or- gane qui a été appelé vaisseau ventral. 11 a été découvert par Treviranus (1832) et son rôle est resté fort obscur. C'est un canal parfois très dé- veloppé {Smcriiitltus Tiliœ, Deilophila A'irii, etc.), autour de la chaîne abdominale, souvent d'axe différent et s'en distinguant par une couleur particulière ; sa nature, selon M. A. Barthélémy, n'est pas simplement tîbro-musculaire, afin de fixer la ligne nerveuse ventrale aux tégu- ments, mais réellement vasculaire. Doit-on y voir un vaisseau de cir- culation analogue à l'artère ventrale des Myriapodes, et à celle des Limules qui emboîte la chaîne nerveuse? En extrayant un papillon de la chrysalide quelques heures avant l'éclosion, en l'ouvrant par le dos et en écartant le tube digestif, on voit très bien des mouvements des muscles abdominaux auxquels correspondent des mouvements de la moelle abdominale. M. A. Barthélémy se demande si ces mouvemejiis ne serviraient pas à pousser le liquide sanguin dans ce vaisseau ven- tral, qui ne lui a pas semblé contractile. Cette opinion de l'existence d'un organe vasculaire est aussi celle de C. Newport, Au contraire, M. Leuckart, se rangeant aune idée analogue à celle de L. Dufour. qui refusait lout vaisseau aux Insectes, fait un névrilème de ce prélendn vaisseau ventral. M. le D^' Burger a constaté sur beaucoiq» d'espèces de Bhopalocères et d'Hétérocères que c'est un organe constant des Léi)i- doptères adultes ; c'est pour lui un ligament blanchâtre ou jaunâlre, qu'il appelle corde supraspinale, expansion du névrilème vers le haut, ligament en rapport avec des muscles insérés aux parois de l'abdomen. C'est une excroissance formée de ce tissu conjondil' gélatineux fré.quenl (liez les Invertébrés, un(! érnjiiialion du ucMilèiuc, t^iiiiciicnr de la (■jiaîuc ventiale nerv(îuse. Avant de commencer l'étude inip(U'tante des organes génilaux des Lépidoptères et de leur dévelopiienieni aux trois pliases de la vie de LÉPIDOPTÈRES. 127 rinscctc, nous indiquerons quelques travaux à cousullcr l'elatils aux sujets précédemment traités : iiiiiiioKi'iiitiiie. — Suckow, Recherches anntomiques et pJnjslul()(ji([ues sur les Insectes et les Cnistacés (en allemand), 1818. Dans ce travail, l'auteur étudie le développement du tube dii^estif surl(; Bombyx l'ini {Gastropacha). — E. Cornalia, Monografia del Bumbice del Gelso, grand in-4° de 385 pages, avec 15 planches. Milan, 1856. Dans cette descrip- tion complète de rariatomic du Ver à soie du Mûrier, nous cilerons particulièrement le tube digestif, pi. iv, tîg. 51, pi. x, liii. i'M, pi. xii, fig. 89 et 202. — G. A'evvport, On the Neroous System uf llie Spiiin\ Ligustri, Linn., and on the changes which it undergucs during a pari of the métamorphoses of the Insect {l'hilosophical Trans.^ 1832, p. 383-398). On the Nervous Sjistein of the Sphinx Ligustri, l.inn., p;n't. 2, during the lutter stages ofits pupa and imago States {l'hilos. Trans., 183Zi, p. 389-Zi2Zi). Ces mémoires sont surtout consacrés au développement comparé du sys- tème nerveux chez la chenille, la chrysalide et l'adulte de ce Sphiu- gien, et montrent bien le peri'eclionnement graduel par coalesceuce des ganglions. On y trouve aussi trois figures comparatives du tube di- gestif de la chenille, de la chrysalide et de l'adulte. — (i. Newport, On the Structure and Development of the lilood-corpuscle ; the develop- ment of the lilood-corpuscle in Insects and other Invertebrata , und Us comparison wilh that of man and other Vertebrata ( Royal Soc. Proceed., \, 18/i3-50 , p. 5ZiZi-5/i6 ; Ann. se. natur., Zodi,., 18û5, III, p. 36i-367). Ce dernier mémoire, en français, est une analyse où l'auteur étudie spécialement les corpuscules du sang des Lépido- ptères et leurs transformations dans les trois phases, avec leur com- paraison aux corpuscules du sang des Vertébrés. — D. IJurger, Ueher das sogenannte Bauchgefdss der Lepidoptera (Sur le vaisseau ventral des Lépidoptères) (Niederldndische Archiu. fur ZooL, 1870, p. 97-12/1). — Helm, Ueber die Spinndriisen der Lepidopteren (Sur les glandes séricigènes des Lépidoptères) (Zeitschr. fiir wiss. ZooL, 1870, XXVI). — Uermaun Landois, Beitrà'je zur Entivicklmujsgeschichte der SchmetterliugsjU'igel in Raupe und l'uppa (Développement des ailes des Lépidoptères chez la chenilh; et chez la chrysalide) Zeitschr. fur wiss. ZooL, 1871, XXI). — C. Joseph, Ueber die Zeit der Geschlechtsdifferen- zirnng in dm Eicn einiger Lipariden {Sitzungsberichte d. schles. (les. fiir vaterlûnd. CuUur, 2à Jan. 1870, Hreslau, 1871). C'est l'indication de la diiVt'rcnce de grosseur des œufs mâles et femelles du Liparis dispar. — Wi'issmann, iSiurfiCTt zur Descendenziheorie ; I Ueber den Suison-Dimor- phismus der Schmetter linge, Leipzig, 1875. On y trouve des observations sur le dimorpbisme des Lépidoptères avec la saison, notamment (VAraschnia levana et prorsa, faits publiés bien auparavant parDiipon- chel. — ih\eilenbach, Vorlàaf. Miltlieil. uber einige neue Vnlersuchungen an SchmetterlinysrUsseln (llecherches sur la structure de lu trompe dos 128 LÉPIDOPTÈRES. Lépidoptères) (Archiv fiir mikr. Anat. , XIV,, 1877). — Von Siebold, Beitriige zur Parlhenogenosis der Arthropoden, Leipzit:, 1871 (Parthéno- genèse cliez Psijche {Cochlophora S.) Hélix, Solenobiu triquelrella et lichmella). — H. Wagenberg, Quelques Observations de parthénoiienèse chez les Lépidoptères {Archives néerlandaises des se. physiques et natu- relles, 1870, V). — E. Verson, Sulla parthenogenesi nel Bombice del Gelso {Ànnuario del IL Stazione bacologica sperimentale di Padova, 1872). Si le sexe n'apparaît presque jamais chez la chenille par des ca- ractères extérieurs, on doit dire qu'il en est tout autrement pour les organes internes, qui décèlent le mâle et la femelle chez les chenilles même très jeunes. Ce sont principalement ces développements de l'ap- pareil reproducteur qui sont la base des travaux d'Hérold(]). Il établit que l'œuf des Lépidoptères se compose d'un vitcllus remplissant presque toute la capacité de l'œuf, d'une petite qutuititô d'albumine et d'un blastoderme qui n'apparaît qu'après la fécondation, sauf les cas de partliénogenèse. Dans le Pieris Brassicœ, l'œuf, observé aussitôt après la ponic, renferme une liqueur granuleuse assez consistante, de couleur jaune (vitellus et albumen). Les globules vitellins sont arron- dis ou ovalaires. Us sont de couleur rouge dans l'œuf de Liparis mo- nacha, de couleur bleue tirant sur le violet dans l'œuf de Bombyx Quercûs, de couleur verte dans l'œuf de Dicranura viniila, jaunes dans l'œuf de Pieris Brassica-, d'un vert tendre au cenire et incolores sur les bords dans l'œuf de Smerinthus ocellatus, viobicés au milieu ou en plusieurs points, et se décolorant vers les bords, dans l'œuf d'Odoneslis potaloria. Hérold a étudié les premiers rudiments des œufs dans les quatre gaines ovigères de la chenille à tout son développement de Bombyx Rubi, et dans les quatre gaines ovigères de la chrysalide de Pieris Bras- sicœ âgée de huit jours. Il a consacré cinq figures de son traité à re- présenter les rudiments d'œufs pris dans la chrysalide d'Attacus Piri, a étudié comparativement les œnifs de Bombyx Quercûs et de Smerin- thus ocellatus immédiatement après la ponte, au bout de 6 heures, de 15 heures, de 36 heures, de 68 et de 72 heures. Nous avons vu que les petites chenilles, pour sortir de l'œuf, rongent le chorion à la région micropylaire et l'avalent. M. Balbiani a recomui dans l'inlestindes petits Vers à soie àl'éclosionlos rosaces micropylaires. (1) Moriz .lohann David Hci-oIlI, Srlanclterliuge, anatomisch uiul p/iysiu/oy/sc/t Bear beilet {CAtësel anà Marburg:, Kiie^er, 1815). — Phy.nologische Untcrsuchun- (jcn ilbcr das Mckengefuss der Insecten; ein Beitrag zur Entivickclu/igsycs- clnchte und Mclanuirphosc dn- Ins-ccteti [Abhand. naturf. Gescllsch., Marbur!^, tS'i^î, t. I, II. .'it-107). — tiechcrclies sur le développement des œu/'s chez les Insectes [Ann. se. naiur., ZooL., 1839, l. XII, p. 176-205). C'est une analyse de Disquisiliones de animalinm veriebris carentium in ovu fonnulionc, de yeite- ratione Inscctorum in ovo. LÉPIDOPTÈHES. 129 l-a prcmièic délt'cati(ja de ces c'acnilles oll're ces rosaces et la iiiciii- br.iiic, ainiiios dn l'œuf Iccoiidé avalée par le petit ver. On voit Id'ul' s'éclaircir au moQiciil d'éclore, (juaiid la cheuilhï iuaiiL;(ï celle iiiein- brane amniolique iiilenie. Les organes reproducteurs des deux sexes commencent de la même manière dans les jeunes chenilles des Lépidoptères, (le sont deux cap- sules adhérentes à la lace dorsale, offrant chacune, dans la plupart des genres, quatre lobes séparés par des sillons transversaux, et ({ui se séparent aisément chez certaines Noctuelles , si l'on vient à rom- pre la membrane extérieure : ces lobes sont peu distincts chez les Hombyciens. A l'extérieur, les capsules génitales sont recouvertes par une membrane péritonéale (scrotum, tunique vagiiuale cliez les mâles), (|ui persistera chez les mâles et se résorbera peu à peu chez les fe- melles. En dessus un court ligament suspenseur les relie au vaisseau dorsal ; de leur partie inférieure et interne parient deux filaments qui descendent de chaque côté du vaisseau dorsal, et, après avoir traversé le tissu graisseux, viennent se rendre à un petit mamelon situé der- rière le rectum (Héi'old). Dans beaucoup d'espèces, la coloration spé- ciale au scrotum persistant des mâles permet de reconnaître ce sexe à l'avant-dernière mue ; toutefois, dans la plupart des cas, elle ne se pro- duit que dans la chrysalide. Les sécrétions propres aux organes géni- taux se rencontrent dès la chenille. On trouve, dès le premier âge des chenilles, quatre filaments en voie de formation, qui, chez les mâles, ne tardent pas à être remplacés par des masses spermatiques, visibles au microscope dès la seconde ou la troisième mue. Le développement des spermatozoïdes des Lépidoptères a été étudié par H. Mayer (Ar- chives de Sicbuld ot Kulliker, IS/ji)) en partant des chenilles encore très jeunes. Ces spermatozoïdes existent dans le Ver à soie quinze jours avant la nymphose. Chez la chenille femelle, à l'inléricur des lilaments ([ui persistent, se produisent, à l'avant-dernière mue, des étrangle- ments qui représentent les premières traces des œufs. Il n'est pas rare même, qu'avant la transformation en chrysalide, les œufs soient assez développés pour être ap(n'gus à la loupe à travers les parois des capsules génitales. Ces capsules génitales sont d'autant plus développées dans la chenille, que la vie de la chrysalide est plus courte. Ainsi , dans la grosse chenille de Y Allacus Piri , qui reste buit mois à l'état de chrysalide, ces capsules sont d'une petitesse remarquable et ne présentent pas de lobes à leur surface. Dans les espèces où les métamorphoses sont assez longues et qui n'ont qu'une génération jiar an, les œufs n'apparaissent que pendant l'état de chrysalide. Les capsules génitales mâles ou testicules, toujours séparés dans la jeune chenille, se rapprochent graduellement et s'accolent sous un scrotum unique chez presque tous les Lépidoptères, sauf des Tinéiniens. Pendant les premiers jours on peut encore les séparer facilement avec la pointe du scalpel ; mais bientôt la fusion devient GIRAKD. 111. — 9 130 LÉPIDOPTÈRES. plus complète, les deux capsules se soudent intimement et la cloison de séparation se résorbe peu à peu ; les quatre lobes qui étaient dessinés à leur surface disparaissent eux-mêmes. Cependant chez quelques es- pèces {Ophiodes tirrhœa, certains Sphinx) cette segmentation persiste. Dans beaucoup de Bombyciens les testicules restent bien séparés sous la membrane péritonéale, très nettement chez Sericaria Mon', se dis- joignant aisément au scalpel chez Attacus Piri. Dansées espèces le pa- pillon les offre bien séparés et disjoints après la copulation. Le canal déférent et ses annexes se développent peu à peu dans la chrysalide ; la dualité 'des canaux déférents qui partent du testicule suffirait au besoin pour démontrer la dualité primitive de celui-ci. Ils se réunissent en un canal éjaculateur unique et médian, qui l'ait de très nombreu- ses circonvolutions dans la chrysalide de Finis Bi-assicœ (Hérold). Quand le testicule arrive à maturité à la lin de la vie de la chrysalide, il est rempli de longs faisceaux de spermatozoïdes accolés, présentant d'ordi- naire un renflement à un bout et s'atténuant peu à peu vers l'autre. (Juant au développement des organes femelles, lorsque la chenille est passée à l'état de chrysalide, les tubes ovigèrcs, en se développant, deviennent trop grands pour être contenus dans la capsule et la dé- passent un peu par leur partie inférieure. En même temps la mem- brane capsulaire devient de plus en plus mince et se réduit à une simple pellicule qui se résorbe peu à peu. Les quatre gaines ovigôres restent attachées au sommet de la capsule, et, après la résorption de celle-ci, demeurent reliées à la partie dorsale de la chrysalide par les deux ligaments qui suspendaient chez la chenille les germes des organes génitaux, et ces cordons suspenseurs se raccourcissent souvent par les progrès des tubes ovigères. Ceux-ci, en se développant, se rapprochent du point d'insertion des deux filaments qui les joignent à la base de l'abdomen. Du mamelon où se rendent ces filaments on voit se soulever un oviducte unique, l'analogue du canal éjaculateur du mille, et, de chaque côté, se forment les divers appendices qui recevront le liquide séminal, fourniront le vernis agglutinatif des œufs, et servi- ront à diverses fonctions encore mal connues. Pendant le développe- ment de ces divers organes, les trachées qui se rendent au milieu des lubes ovigères se renflent à leur extrémité, souvent même se termi- nent par une série de renflements qui distribuent l'air à profusion dans ces organes. Une série d'étranglements, où se formeront les œufs, se produisent dans les quatre gaines ovigères, et cette formation a lieu de la partie la plus basse des gaines, ou la plus voisine de l'oviducte, à la partie supérieure, de sorte que leur sommet conlienl constam- ment des œufs avortés. Bien avant que les étranglements soient com- plets, on aperçoit dans les œufs la vésicule germinative et la tache germinative. l'uis les œufs se séparent nettement les uns des autres, et de grandes cellules vitellines entourent l'auréole. On voit enfin se former, à partir delà base de l'œuf, le chorion et la coque de couleur LÉPlUOPJËlîES. 131 jauniltre, plus ou moins ouverte selon les es[)ètes. A lu partie su[)é- ricure, ki eo(iuc l'orme un petit rcnllcment où se trouvera le niicro- Ityle. il n'est pas rare, en dégageant l'œuf de sa coque encore molle (liez le Scriraria Mûri, de voir que la \ésiculc germinalive a disparu et (jue la segmentation du vitellus a commencé, comme elle a lieu normalement dans l'teur fécondé. Ces sortes d'œufs doivent se rap- porter à la parthénogenèse. En même temps ([ue se développent les organes génitaux internes et leur contenu, les organes extérieurs se forment au dernier anneau delà chrysalide, ils n'ont pas, comme les autres appendices extérieurs, de moule ou de fourreau propre, mais se constituent de tontes pièces tlans un plasma qu'on peut apercevoir en détachant le dernier segment de la chrysalide. M. A. Harthélemy s'est proposé de retrouver dans l'en- semble de CCS organes génitaux terminaux la constitution du dernier anneau de la chenille, et a pris surtout ses exemples dans le Ver à soie. Cliez le nulle, à la partie dorsale, on voit se dévehqiper une pièce ccjrnée représentant le disque, qui, chez la chenille, forme la partie dorsale du dernier anneau ; deux crochets latéraux qu'on nomme assez improprement forceps, rappellent, par leur position, leur direc- tion et leur jeu chez le papillon, les deux jiatfes mendjraneuses qui accompagnent le dernier anneau de la chenille. Au centre de l'espace compris entre ces trois pièces se développe le fourreau corné coiitenaul le pénis, et se reliant avec l'extrémité du canal éjaculatenr par des muscles puissants qui feront jaillir le sperme. Le fourreau est garni à sa base d'une plaque cornée, ainsi que l'ouverture de l'anus, et aussi de deux petites pointes. 11 faut remarquer que les insectes n'ont pas de pénis préformé ; c'est le canal éjaculateur (jui s'évagine au deliors, comme chez l'Écrcvisse màle, par la base de la cinquième paire de pattes. C'est un refoulement en doigt de gant. Les éléments conslitu- til's se placent alors en ordre inverse : ce ([ui (Hait intérieur devient externe ; la cuticule vient au dehors. L'attache des testicules met airét à une sortie trop forte de ce pénis évaginé et adventif. C'est autour de ce pénis évaginé que sont les pièces solides de copulation, valves, crochets, crampons. L'organe femelle externe qui se forme dans la chrysalide est constitué sur le même type. Outre des placiues cornées qui entourent les ouvertures de l'anus et de la poche copulalrice, on trouve encore un organe ovoposeur, quelquefois un oviscapte réfrac- tile (Sésies, Zeuzère, Cossus, etc.), muni de deux appendices pouvant se gonfler à volonté et rappelant très bien, par leurs mouvements, les dernières pattes membraneuses de la chenille. La formation des or- ganes génitaux, soit internes, soit externes, semble fixer la durée des métamorphoses ; le papillon ne sort jamais de sa chrysalide avant que les faisceaux de spermatozoïdes ou les œufs soient arrivés à leur com- plet développement. On peut dire que l'individu meurt dans la chry- salide, et que l'espèce naît avec le papillon. Les chrysalides, à la fhi 132 LÈPlDOlTËKIiS. surtout de leur évoluliuii, manifestant déjà l'appétit sexuel, comme OM peut le reconnaître aux mouvements qu'exécute une chrysalide mule de Ver à soie, si on place contre elle une chrysalide femelle. Si nous passons enfin au papillon, nous verrons que les organes gé- nitaux mâles se composent, après les transformations que nous avons suivies, d'abord de deux testicules, libres dans le Sericaria Mori, les Yponomeutes et divers Tinéiniens, simplement accolés dans VAttacus Firi, profondément soudés entre eux dans la plupart des espèces. Les capsules spermitiques, «jui constituent ce testicule d'aspect le plus sou- vent unique, ont une tunique propre avec cuticule, en outre une couche albuginée de cellules qu'on rend visibles par l'acide acétique. De plus, il y a une enveloppe externe, scrotum, tunique vaginale ou péritonéale, qui présente des colorations variées, noire dans les Chclo- nia, rougciltre chez Ophiodes tirrliwa et Picris Brassicœ, d'un gris cendré ou d'un blanc pâle dans la plupart des Sphingiens, etc. Les deux canaux déférents se terrtiinent par une partie renflée ou vésicule séminale, souvent remplie de faisceaux de spermatozoïdes, et se ren- dant à un long canal éjaculaleur, unique et flexiieux. Dans le canal éjaculateur s'ouvrent des glandes accessoires ou collélériques, glandes mucipares d'usages assez mal connus, dont la sécrétion paraît surtout destinée à délayer les masses spermatiques, peut-être aussi à donner plus de vivacité aux spermatozoïdes, qui sont presque immobiles dans les testicules. On trouve dans les conduits déférents et les glandes mu- cipares une tunique propre, et dans les conduits déférents une couche de fibres musculaires aidant à expulser les spermatozoïdes. La couche musculaire manque toujours dans les glandes mucipares; la tunique péritonéale y est très développée, et sécrète une cuticule interne. Le canal éjaculateur contient souvent à l'intérieur une matière gluante et semi-transparente, et vient s'insérer à la base du pénis par une partie très musculeuse. Nous avons vu que, d'après M. A. Darlhélemy, les organes externes du papillon mâle de Sericaria Mori représentent le dernier anneau de la chenille. Cette ressemblance est plus parfaite dans d'autres espèces. Chez VAttacus Piri et chez beaucoup de Spliin- giens, comme Smerinthus Tiliœ, Deilephila Euphurbia', etc., les deux forceps cornés du papillon du Ver à soie sont remplacés par des lames planes et mobiles, dont la forme rappelle encore bien mieux les deux pattes membraneuses de la chenille. Dans quelques Noctuelles, le pénis est entouré de panaches de poils, insérés sur des tubercules qui représentent des forceps rudimentaires. Le pénis est enfermé dans un fourreau de forme variable, mais toujours corné. Cet organe principal de la copulation est formé d'une partie allongée, terminée par un ren- flement qui rappelle par sa forme le gland des anim.aux supérieurs. Dans beaucoup de l'haléniens, ce renflement terminal entre en forte turgescence lors du coït, et se hérisse d'une couronne de soies raides qui étaient (•ouclu'os lors de rinlromis?ion et contribuent l)oaucoiip à LÉI'lDOPTtRES. l'VA empècliLT lu sortie de Torgane, au point qu ou peut rompre les abdo- mens si l'on tire les deux sujets bien accouples, f.e pénis est trùs allongé chez les Psychés. M. P.uchanan White a récemment étudié l'armure génitale malt; dans les divers groupes européens des Rhopalocères et dans les Zygénides. Le dernier segment al)dominal présente des prolongements, ordinaire- ment un supérieur, qu'il nomma tegumon, et deux latéraux, qu'il appelle harpagones. L'abdomen propre se termine pour lui au septième segment ; les deux derniers seraient les segments génitaux, le huitième formé par les appendices précédents, le neuvième parles organes génitaux. Ce n'est qu'en enlevant les poils et les écailles qu'on aperçoit les ap- pendices, î-e tegumen est un anneau de chitine plus développé dans l'arc dorsal du segment que dans l'arc ventral, et olfrant un prolonge- ment médian et des lobes latéraux. Les harpagones se composent d'ar- nuires plus ou moins élargies, convexes extérieurement, concaves inlérieurement. Dans les Zygénides, les harpagones sont placés sur l'anneau dont le tegumen est le prolongement dorsal, et ils sont joints à ce dernier. Au moyen des muscles insérés sur ces organes, l'insecte peut à volonté les écarter ou les rapprocher. Ln outre, l'organe d'in- Iromission offre des gaines en dessus et en dessous. Dans le genre Zijgœini, la gaine supérieure est triangulaire et couverte d'épines en dessoui ; la gaine inférieure est plus pelite, non régulièrement trian- gulaire, et sa surface supérieure ou intérieure est couverte d'épines. Dans l'étal normal, les sommets des gaines et les épines sont dirigés en arrière ; mais, lors de la copulation, les* gaines péniales sont renversées (la surface extérieure devenant intérieure) et les épines sont dirigées en avant. Les organes génitaux des Papillons femelles olfrent des particulariiés importantes, spéciales à l'ordre des Lépidoptères. Nous avims vu la capsule génitale, qui, dans la chenille, entourait les organes fem(dles inlerncs, se résorber peu à peu pendant l'étal de chrysalide;, et laisser libres dans l'abdomen les ([uatre gaines ovigères de chaque cùt(', qui restent fixées au tub(; circulatoire par les mêmes ligaments suspcn- seurs qui soutenaient auitaravanl les capsules. Dans l'intérieur de ces quatre gaines ovigères, qui sont enroulées en corne sur elles-mêmes, se sont développés des œufs en grand nombre, dont les dernier.^, situés vers le sommet des gaines, n'arriveront jamais à malurilé. Les o'uis grossissent sur place dans la gaine, et non en cheminant. Le point végétatif cM le hou I stuil de la gaine. Les gaines viennent s'insérer de chaque côté à un col commun, par où les œufs descendronl dans l'oviducte. On sait que chez divers insectes le fond du vagin se dilate du côlé dorsal, de manière à former un cul-de-sac plus ou moins profond (]u se porte en avant, au-dessus d(î la partie terminale de l'oviduile; et d'autres fois ce ca'cum, au lieu d'être un simple prolongement du 13i LtPlDOlMÉUES. canal qui constitue le vagin, se rétrécit à son embouchure, de manière à prendre la forme d'une vésicule pédonculée qui débouche dans la portion vestibulaire du vagin, au-dessus et en arrière de l'orifice ter- minal de l'oviductc. Quelquefois même cette portion vulvaire de l'ap- pareil copulateur se raccourcit de façon à se confondre presque avec le cloaque, et les deux orifices appartenant, l'un à l'oviducte, l'autre au sac appendiculaire dont on vient de parler, peuvent s'ouvrir isolément dans cette poche, où débouche aussi l'anus. C'est précisément là le cas spécial des Papillons femelles, qui ont trois orifices distincts au bout du dernier segment de l'abdomen. En bas est l'anus ; au miheu, l'ouverture de l'oviducte, par laquelle sortent les œufs lors de la ponte ; et en haut le vagin, dans lequel entre le pénis du mâle pendant la copula- tion, et qui aboutit .à la vésicule ampulliformc dont nous venons de parler. Cette poche est essentiellement un organe copulalcur. Malpighi constata, le premier, chez le papillon femelle du Ver à soie, une vési- cule placée à l'entrée de Tapporeil génital, vide et contraclée avant le coït, pleine d'un liquide blanchrdre après. Hunter (Obscro. on Bées, Phi- losophical Trans., i79'i, p. 18G), en ouvrant des Bombyciens accouplés, constata que le pénis du mâle avait pénétré jusqu'à l'entrée de celte poche à semence, et que le liquide blanchâtre contenu dans ce réser- voir était apte à la fécondation artificielle des reufs extraits de l'ovi- ducte , comme le sperme puisé directement dans l'appareil génital du mâle. Il est curieux de remarquer que l'appareil fécondateur, avec la poche à semence, est également très bien développé cheî certains Lépidoptères qui paraissent se reproduire ordinairement par parthéno- genèse, et dont les mâles sont très rares ou encore inconnus. Cela a été constaté chez Solcnobia {Talœporia ) triqup.tr ella. Audouin a eu souvent l'occasion de constater que pendant l'accou- plement, le pénis du mâle est logé dans cette poche, où il déverse la semence {Lettre sur la génération des Insectes, dans Ami. des sciences natu- relles, 182/1, t. il, p. 281). De là le nom de poclw copidatrice, donné par Audouin à cette cavité où se dépose le sperme. Chez l'OEnophthira Pille- riana,o[i Pyrale de la Vigne (Audouin, Histoire des Insectes nuisibles à la Vigne, et particulièrement de la Pgrale, Paris, 18/i2), il y a une grosse poche copulatrice indépendante du canal vecteur qui met l'ovaire en commu-. nication avec l'extérieur. L'organisation du Ver à soie est la même. Cornalia a vu que la poche copulatrice n'a pas seulement pour fonction de recc\(iir le pénis et le sperme du mâle, mais qu'il s'y exerce sur le sperme une certaine influence dissociant les spermatozo'ides de leurs faisceaux et de la matière enveloppante, de sorte que ces faisceaux, encore immobiltis lors de l'éjaculation, deviennent, dans la poche copu- latrice, des sp(!rmatoz()'idcs isolés, libres et mobiles. Chez tous les Lé- pidoptères, la poche copulatrice ne cons(!rve pas longtemps dans son intéiicnr le sperme injecté piir le pénis, ou du moins sa partie essen- î.ÉiMDoi'iKr.Ls. 135 tiello, les speraiatozoïdc's actifs, lii conduit latéral iin'iiibraiii'ux, ou caîud séininifèrc, va do la poche copulatrice à l'oviducte, et vis-à-vis débouche dans l'oviducte un autre conduit, canal fécondateur, allant à un autre réceptacle ampulli l'orme, plus petit que la poche copulatrice, et qui est laspennathèque ou vésicule séminale. Hérold, dans son travail sur la Piéride du Chou (planche IV), a bien vu les deux ouvertures séparées pour le pénis et pour les reufs. Il figure la poche coj)ulatrlce et le réceptacle séminal, avec deux glandes sébiiiques et l'origine d'une glande annexe, probablement nourricière des ?permatoz(jïdep. Le mécanisme exact du passage^ du sperme d'une poche à l'autre et de la fécondation des (cufs a été découvert par M. Balbiani, et résulte d'une différence de structure anatomique des parois. La poche copula- trice est dénuée de fibres musculaires; les spermatozoïdes actifs en sortent par un mouvement propre, et se rendent dans la sperma- thèque, qui ne contient ainsi que la partie la plus pure de la semence. La spermalhèque est pourvue de fibres musculaires, de sorte que la semence tombe sur les œufs par le canal fécondateur, en raison d'un mouvement réflexe des muscles de la spermalhèque, à mesure que chaque œuf vient toucher le col du canal fécondateur, et le spermato- zoïde entre dans l'umf par le micropyle. Audouin a constaté sur la Pyrale de la Vigne que les œufs extraits de l'oviducte d'une femelle qui a reçu le mâle sont aptes à se développer, si on les prend en aval de l'emboii- hurc du canal fécondateur de la spermalhèque, tandis qu'ils sont sté- riles si on les prend en amont de cette ouverture. Lu même temps le second des tubes génitaux, ou oviducle, communiquant aux gaines o\i- gères et entièrement distinct du vagin de copulation, reçoit plus bas que le canal fécondateur le produit des glandes collétériques, sécré- tant le vernis ou enduit fixateur des œufs, et conduit au dehors l'oMif fi'condé et Vernissé. Chez la Pyrale, il y a une paire de ces gl.iiides col- létériques, consistant chacune en un long tube grêle, terminé eu cœcum et dilaté en forme d'ampoule près de son insertion à l'oviducte. Il faut bien remarquer que les spermatozoïdes sortis de la poche copu- latrice dans les vingt-quatre heures, séjournent ensuite pendant un temps plus ou moins long dans la vésicuh; séminale de 1 1 femelle, ou spermadièque. Ils y subissent une véritabb», incubation, et une pelile glande y déverse la nourriture de ces spermatozoïdes, de sorte qu'ils restent longtemps actifs. On s'explique ainsi comment un seul accou- plement peut être suivi de la production d'œufs féconds pendant plusieurs jours, el même nue ou di'ux semaiiu's pour certaines espèces. I.e mécanismi^ anatomique qiu' nous venons de décrire explique très bien un fait important de la maladie des psorospermies ou corpuscules du Ver à soiu. M. I^albiani regarde la [loche copulatrice comme un organe d'épuration du sperme, releuaul les particules étrangères, notamment les psorospermies de la jK^hrine du papillon mâle du Ver 13(i LÉPinOPTÈlîliS. à soie malade. Les mieux développés et les plus agiles des filaments fécondants parviennent seuls, par leurs mouvements propres, dans le réceptacle -séminal pour s'unir ensuite, dans l'oviducte, à l'élément femelle ou œuf. L'inertie des parois de la poche copulatrice explique comment les corpuscules morbides mêlés au sperme restent dans cette poche, et que pas un seul ne passe dans le réceptacle séminal : ce qu^ permet de comprendre pourquoi uu papillon mule corpusculeux n'in- fecte pas les roufs d'une femelle saine à laquelle il s'accouple. On se rend également parfaitement compte des superfétations, quand une môme femelle subit l'approche de' plusieurs mâles différents. Ainsi M. Higot, à Pontoise, qui se livre à de nombreux essais d'acclimatation de séricigènes exotiques, a vu une femelle à'Attacm Yama-m(ù\,G.-Uén., successivement fécondée par un mâle de son espèce et par un mâle d'une espèce voisine, VA. Pernyi, G.-Mén., pondre des œufs dont les uns ont donné des yf. IV/ma-rnaV purs, les autres des métis des A. Vania- mat et Pernyi. Les spermatozoïdes des deux espèces ont coexisté, sans se nuire, dans la spermathèque de la femelle, et, taulùt l'un, lant(M l'autre est tombé sur l'œuf sorti des gaines ovigères de la femelle. Chez les insectes autres que les Lépidoptères, il n'y a, à l'extrémité de l'abdomen, que deux orifices, l'anus et le vagin-oviducte. Le pénis du mille et son sperme passent par le même orifice que les œufs pondus. Ce sperme se rend tout de suite à la poche copulatrice d'Audouin, quand elle existe, c'est-à-dire dans la plupart des Coléoptères, chez quelques Orthoptères et Névroptères. Chez les Lépidoptères, la poche copulatrice a son vagin spécial. Chez les autres insectes, les deux poches, copulatrice et spermathèque ou réservoir séminal, sont en général remplacées par celte dernière seule, où se rend tout de suite le sperme du mâle. La glande qu'on appelle aiuiexo ou accessoire, colléféri(]ue des An- glais, sébifique (à tort) de L. Dufour, n'a pas, en général, de muscles. Elle offre une couche épilhéliale de cellules sécrétantes colorées et, en dedans, une cuticule. La substance de la glande accessoire, qui fournira le vernis collant de la coque des œufs, n'est pas grasse, comme le croyait L. Dufour. C'est plutôt une matière soyeuse, avec flbroïne, comme dans les glandes à soie des chenilles et des Araignées, insoluble dans l'eau, l'alcool, l'éther, les alcalis, ne rougissant pas par le carmin (d l'aniline, fortement colorée en brun i)ar l'iode. C'est unr matière albuminoïde bien idutôt qu'une graisse, Les organes génitaux externes des femelles de l'apillons sont encore moins développés que ceux des nulles. Cela tienl au ]ieu d'industrie de ces femelles pour opérer la ponte de leurs œufs. L'organe ovoposeur, formé par le dernier segment de l'abdomen est très simple, miuii de deuv couris ai)pendiccs pouvant se conlracler ou se dilater, sous la volonté de l'animal. Il y a (•(irtains genres, conune Cdssrs^ /cuzeia, etc., où les femelles pondent leurs (lîuls dans les feules ilu bois. L'organe i.f:iM!K)pii;R!:s. 137 ovoposeur, tinalognc à (;elui de ctM-taiiis Diptères, est dors l'ormé t\o hibes articulés et r('tractiles, de diamôtres dccroissaiils, conirne le tuyau d'une lunette. Chez /cnzera Jisculi, il se compose de deu\ tubes rétrac- liles, dont le premier porte deux petites pointes. A l'intérieur, on aper- çoit une pièce centrait; cornée présentant une pointe médiane et deux appendices latéraux, qui Ibrment comme nue pince pour aider au mouvement des œufs. Deux poils latéraux loni;s et raidcs vieuneul aboulir à l'ouverture de ce tube de ponte, et paraissent avoir i)Our fonction de lui donner une rigidité snClisanle. Cet organe, ovoposeur dans toute son extension, est très long' et très mobile, dépassant en lonçneur le fiers de l'abdomen. uiitiioKi-Mitiiic. — INous indiquerons ici les titres des travaux les plus récents à consulter sur l'embryogénie dos Lépidoptères et sur l'aïuilomic de leurs a|)pareils reproducteurs : — Kowalewsky, Emhrynlugische Stii- dien an WUrmorn vnd Aiifiroinidcii (Développement embryonnaire des Lépidoptères : l'icruphoi-ns poitadactijlus, Sinerintlius Populi, Gustrajuiclui Pini) {Mrm. Acad. Saint-IV-h'rsboiirg, 1871, t. XVI, n" 12). — E. lîessels, Sludien ilbor die Enlivickclung dor Sexualdruscn bel den Lcpidopteren (Développement des glandes sexuelles) [Zeilschr. fur wiss. ZooL, ISfJ/, t. XVIi). — Cauini, IJcbcr die. Embryonalhulle dcr Uymenoploron und Lepidoptcren Embryuncn (Développement embryonnaire chez Siiicaria Mori ci l'irris hras.vica') {Mém. Académie Sainl-l'clersbour(j, 1" série, 1868, t. XIV). — K. Ludwig, Ueber die Eibilduruj im Tliierrcich (For- mation de l'œuf chez les Lépidoptères) {Arbeiten der Zoot. Zootom. Iiistiluls zu Wilr-burg, i; à part,187/i). — H. Uallike, Etudes saj- le déve- hppcuivnl des Insectes {Stetlin entoinol. Zeitunii, IHGl, p. Ki!) ci '22'.»): les Lépidoptères examinés sont : Sericariu Mort, Li paris Salicis, Li paris dispar. — OItmar Uol'mann, BeHrage zur Nalurijeschiclde tier Coleu- piioren {Siellin entuin. Zeit., 18Gi),p. 107, 187) (ce sont les C.oléopborcs, IVlicrolépidoplères à chenilles envcdoppées de fourreaux de cellulose, les Teignes a falbalas de Uéanmur}. — Otimar llofman, Beitrdije zur Kenntniss der l'TKr.i:s. 139 ces cônes sont Iransliuidcs et juuiiâtres; il n'y u que quatre trachées isolées le long du bâtomiet. Chez les Nocturnes, le cristallin est dia- phane et la base du bâtonnet est (Miveloppéc d'un l'aisceau do Irachées accolées. Il y a des Ilctérocères de même conformation générale que les autres Nocturnes, dont la période active se passe en plein jour: ainsi lesMacro- glosses, les Zygènes, qui volent sous les rayons du soleil. Chez les /yjiœna Loiiicerœ, l'œil est celui d'un Diurne; les cornées sont bordées de noir; lescùncspetits et coniques, entourés d'un abondant pigment; le bâtonnet uniforme, ne présentant que des tilets trachéens. Le Macro- fllofsm Stellalarnm a un œil mixte. Les bâtonnets sont fusiformes à la base, mais le fuseau est incolore et peu renflé; les cônes sont volumi- neux', peu pigmentés el jaunâtres; les cornéules sont bordées d'un con- tour jaune. Selon les doctrines de M. Darwin, on dirait qu'un change- ment d'hal)itude a entraîné des modifications anatomiques. Les chenilles ont des yeux véritablement simples, analogues à ceux des Crustacés inférieurs ; tandis que les stemmales ou ocelles des Hymé- noptères adulles sont des yeux composés où les cornées et les cristallins se sont confondus chacun en organe unique, les bâtonnets s'élant rap- prochés davantage. Les ocelles des chenilles et des fausses chenilles (Tcnthrédiniens) sont extérieurement pareils et très probablement aussi de même structure interne, qui n'a pas été étudiée chez les fausses chenilles. Nous savons qu'il y a chez les chenilles six ocelles au-dessus de chaque mandibule, comme Malpighi l'a reconnu d'abord sur le Ver à soie (IGGO), et Lyonct, plus tard, sur la chenille du Saule on chenille du Cossus Lifinipcrda: puis Ilérold, sur celle de Pioris Brassicd'. Les fausses chenilles des Tcnthrédiniens ont cinq ocelles de chaque côté (Lcydig), pris à tort pour un seul (Lacordaire). Dans l'ocelle des che- nilles, les parties sont ordonnées suivant le nombre trois. A la cornée trisegnientée succède un cristallin de trois parties acco- lées (c'est le nombre quatre pour les occdies des Insectes adultes), et au-dessous un disque aplati, violet, à fibres radiées, qui est un iris à pupille triangulaire. Le tout repose sur une amphore qui reçoit le nerf o[)lique. Le bâtonnet nerveux est formé de trois fibres nerveuses, à deux renllemcnts supérieur et inférieur, ou trois bâtonnets simples, avec une gaine propre, le tout entouré d'une masse de pigment violet. En dehors est une couche de fibrilles musculaires, striées en travers, servant à faire contracter l'ceil. Le névrilème du nerf optique forme une sclérotique il rlii,Odonestis polatoria, etc. Les Conifères ne nourrissent qu'un pelit nonUjre d'espèces de chenilhis comparativement aux arbres dicotylédones vrais, comme les Ameuta- cées, Bétulinées, Drupacées, etc. ; mais les individus sont nomhreiix. Le Chêne, qui nourrit très peu de Diurnes, est l'arbre où se trouvent le plus de Bombyciens et de Noctuéliens. Le Châtaignier, le Hobinier (du moins dans nos pays), le Marronnier d'Inde, l'Ailatde (aussi végétaux importés), sont pauvres en Lépidoptères, etc. Certains auteurs distinguent une sous-faune polaire, comprenant la ihU I.ÉPJDUPTÈliLS. Laponic, le Groenland, l'Islande, le Kamtchatka, le nurd de l'Amé- rique, ayant quelques espèces propres et représentées dans les Diurnes par les genres IHcris, Colias, Arfjynnis, Satyrns, Chionobas. Une autre sous-faune, beaucoup plus étendue, est celle de l'Europe moyenne avec son prolongement asiatique, et qui s'étend en Europe de la péniu- sule Scandinave, eauf l'extrême nord, aux A^lpes de la Suisse et de l'Italie. Les espèces de la Sibérie méridionale et du bassin du fleuve Amour se raltachent immédiatement à cette faune par le plus grand nombre de leurs types, avec un mélange d'espèces méridionales, comme Thaïs rumina et Limenitis Aceris, et même d'un certain nombre d'espèces tropicales, surtout dans le genre Papilio. il y a là une in- (lucnce remarquable d'un climat excessif ou continental, avec des hiver? loni^s et très froids, mais un été qui rappelle, par son ardeur, les chaleurs du tropique; de sorte que l'existence d'espèces tropicales s'explique par la résistance aux basses températures des œufs et des chrysalides. Les Papilio Machaon et Podalirus sont aussi bien d'Europe que d'Asie. Sur les Alpes et sur les l'yrénées, on distingue deux faunes. L'une est celle des Lépidoptères, qui se tiennent au-dessous de la région limite des arbres, celle où croissent encore l'Érable, le Bouleau, le Sor- bier, le Sapin : ce sont divers Erebia, les Parnassius Apollo et Mncmo- srjne, des Ârge autres que \Galatea, qui est l'espèce des plaines; divers Setina; des Géomètres spéciales, comme Tanagra dueropJiyllata. Les Parnassius Apollo et Mnemosyne sont aussi des montagnes moyennes, comme le Cantal, les causses de la Lozère, les Vosges et le Jura; la femelle d'Apollo descend même parfois dans les jardins de Besaiiçon. La faune alpine proprement dite se compose des Papillons qui dépassent la région des arbres et même les endroits où croît encore le Sapin ordi- naire dans certains abris. On y trouve les Erebia des plus hautes ré- gions, Chionobas Aello, Collas Phicomone et Palœno, et des Argynnes arctiques, Pieris Callidice, Zygcena cxulans, Selina ramosa, Nemeopliila Plantayinis var. hospita, qu'on peut aussi rencontrer en plaine, et même aux environs de Paris; Chelonia Quenseli, trouvé par M. Kallou près des monts Rose et Cervin, et qu'on croyait jusqu'alors exclusif à la Laponie; la Phalénide, Psodos alpinata, etc. Cette vraie flore alpine, voisine des neiges éternelles, peut varier notablement d'altitude, suivant les localités, et présente nombre d'espèces de la sous-faune arctique, en raison de l'identité des plantes. Ce qui empêche une parité complète de la faune et de la flore, c'est que, si la zone alpine olfre la succession annuelle des températures circumpolaires, la répartition de la lumièie y est tout à fuit diiférente. 11 faut remarquer que beaucoup de Papillons des vallées se mêlent à la faune alpine et sous-alpine. Ainsi, on prend Vanessa la près de Colias Phicomone, là où les arbres ne viennent plus; Vanossa Urticœ volant sur les glaciers les plus élevés, tout autour du couvent du giaud Saint-Hei-nard, et même jusque sur les sommets du mont liose cl du mont Hlauc. On prend Bondiyx Qiicrcûs ci Chelonia I LÉPIDOPTÈRES. lAf) caja sur les Alpes les plus hautes; Deilephila lineata, sur des mon- tagnes tr(>s-élevées, ainsi que Pijramris Atalanta cl Canhii, etc. Vient ensuite la sous-faune méridionale ou méditerranéenne, qui comprend essentiellement la Provence en France, l'Espagne et le Por- tugal, l'Italie avec les îles méditerranéennes, la Turquie, l'Egypte, l'Asie Mineure, le nord de l'Alrique et la Russie méridionale. On peut rattacher à cette région, à part de rares espèces spéciales, les îles du cap Vert et les Canaries, les Aç.ores, Madère et même Sainte-Hélène. Cette l'aune est caractéristique par ses Thaïs, ])a.r le C har axes, Ja.^ lus, el Rliodoccra Cleopatru, qui remonte, près de Bordeaux, dans les (Hiarentes et dans le Cantal. On y voit aussi apparaître des formes orientales, comme Argyn- 7iis Pandora, qui se trouve par places sur le littoral occidental de la France, ainsi ahondant près de Bordeaux et sur les rempnrts de la Rochelle, remontant même en Bretagne, et Syntomis Phegœa, égaré en BelL:iquc, sur les remparts de Malincs. Il s'y rencontre aussi des espèces très méridionales ou africaines, qui seraient même plus nombreuses, si elles ne trouvaient, formant obstacle à leur extension, les.Alpes et les vents froids qui en descendent, comme contre-courant du vent chaud du désert saharien. Ainsi le type des Danais apparaît par Chrysij)pus, et sa variété Alcippus,?,uvloul dans la partie orientale du bassin médi- terranéen, ne résistant pas aux hivers très-froids qu'offre parfois le midi de l'Italie. Bonelli a, le premier, remarqué que les espèces com- munes à l'Italie et à la Sardaigne sont de près d'un tiers plus petites dans cette île, mais à fond plus vif, à bandes et à taches plus foncées, mais moins grandes et même disparaissant quelquefois entièrement (ainsi Vanessa Ichnusa en regard de V. Urticœ). M. Bellier de la Chavi- gnerie a noté le môme fait pour les Lépidoptères de la Corse, où les espèces sont presque toutes les mêmes que celles du continent, mais bien plus rares, de taille plus petite et avec un cachet spécial. On trouve un fait analogue, dans la faune européenne centrale, pour les iles Britanniques, où les espèces continentales sont en général plus petites, les Phalénides plus foncées, etc. Les espèces des îles Schct- land ont aussi un cachet spécial par rapport à celles de l'Angleterre et de l'Ecosse. En Angleterre, tous les Diurnes sont rares; mais l'humi- dité du climat favorise la production de nombreuses espèces de Noc- tuelles, de Phaléniens et surtout de Microlé[)idoptères. On doit dire, en général, que les continents et les grandes îles fournissent seuls des Papillons de taille colossule; ces espèces disparaissent dans les petites îles de même latitude, et, dans les îles très-petites et isolées, le nombre des Lépidoptères est très-resfreint. L'altitude a aussi son influence sur les variations : ainsi le PapUio Machaon des Alpes est d'un tiers plus pelit que celui des phiines ou des collines; de même Parnassius Apollo et Argynnis Pales sont bien plus petits sur les hautes montagnes que plus bas. La seconde grande faune des Lépidoptères est lu faune rhaude. Je l'an- GIRARD. m. — 10 H6 LÉPIDOPTÈRES. cie7i continent. Elle se divise en trois sous-faunes. La première est celle de l'Asie méridionale et des Indes, dite faune indienne. Elle comprend toute la partie du continent asiatique qui n'appartient pas à la faune précédente, plus, d'une part, les côtes nubiennes et abyssiniennes de la mer Rouge et le pays des Somaulis, au sud du golfe d'Aden; d'autre part, toute la Malaisie et la Polynésie, avec la partie septentrionale de l'Australie. Le sud de la Chine se rattache à cette faune indienne, ainsi que l'archipel du Japon, que tant d'autres formes animales rap- prochent de l'Europe. En Australie, cette faune a envahi, en partant de la Nouvelle-Guinée, toute la partie septentrionale, ou Queensland; elle renferme les îles Sondaïques et Moluques, si riches en magnifiques Lépidoptères. Les îles peu étendues de la Polynésie sont au contraire très pauvres en Lépidoptères, et ne peuvent former une faune spéciale, leurs espèces se rattachant, soit à la sous-faune indienne, soit à la sous- faune australienne. La faune indienne a sa part également dans les espèces peu nombreuses des îles Maurice et de la Réunion. • La faune indienne est remarquable par la grandeur et l'éclat de cer- taines de ses formes, et ses genres caractéristiques sont : Ornithoptera, Danais^ Euplœa, Limenitis, Adolias, Diadema et Parnassius, ce dernier genre, de sa région froide ou montagneuse, rattachant cette faune à la faune européenne, dont il n'est réellement qu'un genre accessoire, n'y offrant que cinq espèces, tandis qu'il en a une vingtaine sur le versant méridional ou himalayen du grand plateau central de l'Asie. L'Attacus Atlas, qui atteint une taille démesurée dans certaines races, est un type de la faune indienne. Parmi les Papilio, qui y ont de nombreuses es- pèces, P. Pammon forme un type limite. On retrouve dans cette faune quelques espèces de la faune méditerranéenne: ainsi Danais Chrysippus existe aux Indes orientales, à Java et à Timor ; Lycœna bœtica, de l'Europe centrale et surtout méridionale et du nord de l'Afrique, existe aussi à l'île Maurice, à Sainte-Hélène et à Timor; Lycœna Lysimon, d'Espagne, de Portugal, de Barbarie, d'Egypte, se prend aussi à Maurice et au Bengale. Il faut remarquer que, bien que la faune indienne soit, en général, circonscrite à des régions plus ou moins voisines des tro- piques, on la voit atteindre en Mantchourie, par un efl'et de climat excessif, oO degrés de latitude N., c'est-à-dire la latitude de l'Europe centrale. Dans cette riche faune, il y a des genres répandus sur toute son étendue géographique; d'autres, au contraire, limités à des pays spéciaux, ainsi le curieux genre Cocytia à la Nouvelle-Guinée. La sous-faune africaine, comprenant la plus grande portion de l'Afri- que, Madagascar et en partie les îles Mascareignes, paraît pauvre en Lépidoptères comparativement à la faune indienne, malgré la haute température des pays qu'elle renferme. Gela est dû aux conditions physiques de la majeure partie du continent africain, qui est sèche et peu boisée. On y rencontre une continuation des formes européennes et aussi des formes indo-asiatiques qui y ont afflué, peut-être sous l'in- LÉPIDOPTÈRES, 147 fluencc des moussons, et qu'on retrouve sur une partie des côlcs orien- tales. Comme caractère propre, on peut dire que l'Afrique est le royaume des genres Anthocharis, Acrœa, Charaxes, Junonia, Romaho- soma, Aterica et Harma. Ainsi, par exemple, le genre Anthocharis a bien les trois quarts de ses espèces africaines, et le genre Acrœa les quatre cinquièmes. Par contre, les genres Eii[jlca, Danais, Tliecla et Hesperia n'y sont que très-peu représentés. La sous-faune australienne comprend les parties sud-est et ouest de l'Australie, la Tasmanie, la Nouvelle-Zélande et les îles Auckland et Macquarie, ces îles représentant la faune froide et presque circom- polaire du groupe. Elle présente assez de foi^mes caractérisliqiies pour constituer une faune spéciale, subordonnée toutefois à la faune indienne dont certains rameaux viennent s'y prolonger. Parmi les influences qui contribuent à la spécialisation, figurent le climat et la flore. Les genres propres des l-épidoptères de cette faune sont les genres Antipodites, Agarista, Hecatesia, Synemon, Teara, Opsirhina et Oiketicus. Le singulier genre Ophideres se trouve en Australie, mais surtout dans sa partie qui confine à la faune indienne, et aussi dans l'Afrique australe; c'est le seul genre de Lépidoptères qui offre une trompe rigide et perforante, de sorte que ces Papillons, qui trouent les oranges et les bananes pour en sucer le jus, causent souvent beaucoup de dégâts dans les plantations. Une troisième grande faune de Lépidoptères comprend tout le nou- veau ciintinent, sauf sa partie la plus septentrionale, qui se rattache à la faune européenne : c'est la faune américaine ou transatlantique. Elle ne se prête guère à la division en sous-faunes, car les mêmes types, bien plus les mêmes espèces pour quelques-unes, se prolongent sur une étendue considérable en latitude. Cette absence de modifications pro- fondes, malgré la vaste étendue géographique, s'explique tout de suite par la configuration du continent américain, qui est beaui'oup plus régulière que celle de l'ancien monde ; on n'y trouve pas de ces grandes chaînes de moatagnes dans le sens des parallèles, qui modi- fient si profondément les climats sur leurs deux versants. La fauuc américaine est la plus riche en espèces et surtout en individus, peut, être autant sous ce rapport que toutes les autres ensemble-, la faune indienne seule en approche pour les espèces. Comme importance, elle équivaut aux deux autres réunies, de sorte qu'on pourrait ne faire qu'une faune de l'ancien monde et une du nouveau monde. Il serait beaucoup trop long de citer tous les genres qui caractérisent la faune américaine. Ils appartiennent surtout aux familles des Pa])ilionides, Piérides, HéUconides, Nympbalides, Erycinides, Lycénides (surtout le genre Thecla), etc., en nous bornant aux Rhopalocères. Il y a beaucoup d'He^périens aux ailes inférieures caudées. Le beau genre anormal des Castnia est un type américain. Aux environs de Baltimore, on con- state un curieux mélange de formes américaines et déformes d'Europft \[\S LÉPIDOPTÈRES. ainsi, dans ces dernitres, Vanessa Antiopa, Pyrameis Cardui, Thccla Amxjntas et Telicanus, Polyommatus Phlœas, Bombyx Neustria, Acromjcta psi, Agrotis segetum, valliyera, trux, etc., Plusia gamma, Catocalaelecta, Larentia undularia, etc. L'espèce Danais Archippus est très répandue dans presque toute l'Amérique, de New-York au l^araguay, partout où croissent les Asclépiadées. On sait que chez nous certaines espèces de Lépidoptères ne fréquen- tent que les lieux habités par l'homme, les alentours des maisons, les plantations, les broussailles qui y croissent, quand on les laisse en i'riche, et qu'on ne les trouve jamais dans l'intérieur des grandes forêts. Le même fait se montre à la Guyane. Il est très connu des colons et des nègres, qui divisent les Lépidoptères en Papillons de grands lois et Papillons de niamans, ou taillis des terrains en friche (1). Ainsi, par exemple, jamais on ne rencontre Biblis Thadana, Danais Eresy me, Vanessa Larinia, dans l'intérieur des forêts, et au contraire certains Nymphalis, Heliconia, Erycina, ne volent jamais dans le voisinage des habitations. La plupart des Papilio des Guyanes vivent à l'état de chenilles sur les Orangers. Le P. Protesilaus est l'analogue de notre Podalirus, fréquen- tant comme lui les lieux habités, recherchant les endroits humides, et se posant à terre pour pomper les sucs liquides ou voltigeant au-dessus en faisant frémir ses ailes. P. Thoas, l'analogue du Machaon d'Lurope, est commun comme lui dans les lieux habités, volant avec rapidité sur les fleurs. Les HeZ/conm et genres voisins, à ailes le plus souvent gazées en partie, muniesd'une sécrétion défensive fétide, sont un type exclusif à l'Amérique chaude, ayant son maximum d'espèces à la Guyane liol- landaise; seul le genre Hamadryas est, par exception, de l'arcliipel indien et de la Polynésie. Les splendides Morpho sont une création spéciale à l'Amérique, depuis le versant mexicain tourné vers le Paci- iique jusqu'à la province de Sainte-Gatherine, au sud du Brésil. Les Morpho sont nombreux à la Guyane, et la rareté de la plupart n'est que relative, en raison de leur habitude de se tenir, pour certains d'eux, sans en descendre, au sommet des arbres ; tels sont les M. Metellus, flecuba {le grand Oculo de Caycnne de Daubenton), Andromachus, Rhetcnor. 11 en est quelques autres, au contraire, qui se prennent aisément dans les bois, comme Menelaus, Helenor, Achilles, car, au lieu de planer sans descendre autour de la cime des arbres, ils s'élancent pur bonds désor- donnés et rapides, mais se posent près de terre, auv abords de lu nuit ou à l'approche de la pluie. Le M. Adonis, au bleu si délicat, est rare à la Guyane, mais plus répandu au Brésil jusqu'au Sud. Le supeibe M. Cypris, d'un bleu éclatant et métallique chez le mâle, tandis que sa rarissime femelle est fauve, est une espèce de Golombie, surtout des environs de Santa-Fé de Bogota. Les Pavonia, autre type de l'Amérique (1) Lacordairc, Sor les /ui/jilw/es des Lépidoplcrcs IVtopaiocères de la Guyane frauraise {Ann. Soc. tntjin. France, 183o, t. H, p. 379). LÉPIDOPTÈRES. I'l9 du Sud, sont, au contraire des Morpho, à demi crépusculaires, au repos le jour sur les troncs d'arbres, les ailes rapprochées et voiant lourdennent le soir dans les broussailles, ou pendant le jour dans les fourrés épais et obscurs, et retombant se poser après quelques coups d'ailes. Aussi on capture très aisément à la Guyane les Pavonia Lloinrnœiis, Antoine- don, licrecynthus, Xunthus. Un fait remarquable, qui ressort de l'examen d'ensemble de la faune des Lépidoptères, c'est la grande uniformité de la plupart des types. Ainsi, d'une extrémité à l'autre du globe, toutes les Vanesses ont les ailes découpées sur les bords de la même manière. Les espt^ces à queue du genre Papiliu, les Dinuiis, les Euplœa, se retrouvent avec les mêmes caractères, au Mexique et aux Indes orientales. Les gigantesques Hété- rocères, aux antennes pectinées, du grand genre Altacus, se trouvent dans le monde entier avec le caractère des taches vitrées, en lunules ou subtrièdres, au milieu des ailes, qui les faisaient appeler Phalènes ininiirs par les vieux auteurs. Parmi eux, le sous-genre Actias, à ailes inférieures caudées, se retrouve partout, sauf en Australie: ainsi, dans ceux à queues médiocres, ne dépassant pas la longueur de l'aile, A. Isa- bellœ, du centre de l'Espagne et du Portugal, A. Selene, de l'Inde, A. Luna, de l'Amérique du Nord; enfin deux espèces à queues démesu- rées, A. Comètes, de Madagascar, et un autre du centre du Brésil. 11 y a certains groupes où la couleur semble elle-même rester spéciale : ainsi beaucoup de Papilio ont le fond jaime avec des dessins en marqueterie noire, analogues à ceux des espèces d'Europe, P. Machaon. Alexanor, Huspiton; les diverses nuances de brun et de fauve, avec des taches ocu- lées en dessous, se voient sur les ailes des Satyres du monde entier, dont les chenilles vivent de Graminées; les Thecla elles Lycœna se res- semblent en général partout, etc. 11 y a quatre régions du globe dont les Lépidoptères sont encore à peine connus : 1" Tartarie chinoise, Dzoungarie et Mongolie, sauf la lisière septentrionale explorée par les Russes ; 2" centre de l'Australie ; o° une grande région intérieure de l'Afrique comprise entre le tropique du (>ancer et 10 degrés de latitude S. ; k° la pointe de l'Amérique méridionale, au sud du rio Negro. On pourra consulter pour la faune des Lépidoptères un certain nombre de mémoires, soit généraux, soit la phipart locaux : Keferstein d'Erfurth, Sur les mœurs et les habitudes des Lépidoptères, trad. de VaWcm. (Revue entomolonique de Silbermann, lS3[i,i. II, 10'^^ livrai- son, p. lo7); lietrachtunfien, (jeknupfl an uieine Schmetterlinyssamniluiifi (Stettin entomol. Zeit.,iS6{t^ p.l91).Ges travaux ont surtout pour but de démontrer la liaison complète de la tlore avec la faune des Lépidoptères, en raison du régime végétal des chenilles. — Koch, Géographie générale den Lépidoptères (Revue géogr. de Pelermann, Gotha, 1870, livr. I et II, et Ann. Soc. eiitom.de Belgique, 18G9-1870, t.\!lI;C. R.,p.xx).— De Graslin, Sur l'entomologie de la France occidentale (Lépidopt. des côtes océaniques de 150 LÉPIDOPTÈRES. France) (inn. Soc. entom., I8Z18, t. VI, p. Zi9).— Lépidopt. des Alpes-mari- times (mélange ûngulier d'espèces du Nord et du Midi) (op. cit., même vol., Bull., p. XLiTi). — Pierret, Richesse entomol. dr Lanhj {Ann.Soc. entom. Fr., 18Ù5, t. III, Bull., p. lxxvi, et 18k6, t. IV, Bull., p. liv). — Lépidopt. d'Auvergne et des Alpes de la Provence {Anri. Soc. entom. Fr., 18û9, t. VII, Bull., p. Lxxi). — Lépidopt. de la foret de Compiègne, au commencement de juin {.inn. Soc. entom. Fr., 1852, X, Bull., p. xxxii). — Lefèvre et Duponchel, Lépidopt. nocturnes hyperboréens (A7in. Soc. entom. Fr., 1836, t. V, p. 389). — Pierret, Lépidopt. de Gavarnie, en juillet et août {Ann. Soc. entom. Fr., I8Z18, t. VI, p. 397). — Donzel, Sur des Lépidopt. de r Algérie [Ann. Soc. entom-. Fr., 18/|7, t. V, p. 528). — H. Lucas, Sur les Lépidopt. de l'Algérie (Ann. Soc. entom. Fr., 1850, p. 83). — Lépidopt. des Canaries (Ann. Soc. entom. Fr., 1866, t. IV, Bull., p. cxiv) (mélange d'es- pèces d'Afrique et d'Europe). — De Sélys-Longchamps, Sur les Lépidopt. des environs de Naples (Ann. Soc. entom. Fr., I8/4/J, t. II, Bull., p. xii). — De Graslin et Rambur, Lépidopt. curieux rencontrés en Andalousie (Ann. Soc. entom. Fr., 1836, t. V, p. 5i7 et 573). — Rambur, Faune entomolo- gique de V Andalousie. Paris, 1838-1839. — Zetterstedt, Insecta lappo- nica. LipsicO, 1860. — D' Boisduval, Lépidopt. de Madagascar (Nouv. Ann. du Muséum d'hist. natur., 1833, t. II, p. lZi9-'J70, pi. vu); Lépidopt. de la Californie (Ann. Soc. entom. Fr., 1856, t. Il, p. 755-759); Lépidopt. nou- veaux de la Nouvelle-Calédonie (Ann. Soc. entom. Fr., 1859, t. VII, Bull., p. 156-157); Lépidopt. nouveaux de la république Argentine {Ann. Soc. entom. Fr., 1859, t. VI[, Bull., p. 157-158). — E. Blanchard, Entomologie de la Sicile (Anii. Soc. entom. Fr., 1866, t. II, Bull., p. lxxix). — D' Bois- duval, Lépidopt. d'Odessa et du Caucase (Ann. Soc. entom. Fr., 1868, t. VI, Bull., p. xxvni). — E. Blanchard, Voijage au pôle Siul et dans VOcéanie de /'Astrolabe et de la Zélée, ZooL, Insectes, t. IV, Paris, 1853 (à citer notamment pour les Papillons diurnes de l'Océanie). — D"" Boisduval, Faune entom. de Madagascar, Bourbon et Maurice (Paris, Roret, 1833). — Voyage de I'Astrolabe, Faune entom., 1'" partie, Lépidoptères (Paris, Tastu, 1832). — De Graslin, Notice sur deux explorations entomologiques faites dans les Pyrénées-Orientales en 1867 et en 1857 (Ann. Soc. entom. Fr., 1863, p. 297). — G. Allard, Notes sur les Insectes de VAlgérie, t. I, Lépidoptères, pi. vi (Ann. Soc. entom. Fr., 1867, p. 311). — Maurice Girard, Note sur l'entomologie de l'Amérique du Nord, considérée spé- cialement au point de vue des espèces identiques et analogues à celles d'Europe (Ann. Soc. entom. Fr., 1868, p. 287). — P. G. Zeller, Sur les Microlépidoptères de l'Amérique du Nord (Verhandl. zool.-hotan. Gesellsch. in Wien, 1872, t. XXII, p. 667 à 566. — De l'Orza, les Lépido- ptères japonais à la grande exposition internationale de 1867. Paris, 1869. — E. Ménétriès, Lépidoptères de la Sibérie orientale, et en par- ticulier des rives de l'Amour, brochure in-6" avec 5 pi. col. (Saint- Pétersbourg, 1859). — Otto Bremer, Lepidopteren Ost-Sibiriens insbeson- dere des Amur-Landes [Mémoires de l'Académie impériale des sciences LÉPIDOPTÈRES. 151 Je Saint-Pétersbourg 7^ série, t. VIII, n'' 1, in-Zi", avec pi. col. (Saint- Pétersbouri,% 186/i. — A. Wallace, On the Habits ufthe Butterflies of the Amazon valleij (Trans. of the Entom. Soc. uf Lundun, new séries, 1852-53, t. II). — Edw. Nevvman, Charactns of a few Australian LepiJoptera (Trans. Soc. o/"Lonf/., new séries, 18où-56, t. III, p. 281 (Analogie des Microlépidoptères européens et antipodiques). — H. Joiian, Essai sur la faune de la Nouvelle-Zélande {Mém. Soc. impér. des se. natur. de Cher- bourg, 1869, t. XIV, et t. IV de la 2"= série, p. 215).— Brullé, Faune des îles (7ananV?5, explorât. Webb et Berthelot (Paris, 1836-ii). — HerrichSchoeffer, Sur les Lépidoptères nouveaux du musée Godeffroij, de Hambourg [Stettin entomol. Zeitung, 1869, p. 65). — Paul Mabillc, Notices entomologiques sur les Lépidoptères de fîle de Corse {Ann. Soc. entomol. de France, 1866, p. 545, pi. VIII ; 1867, p. 635, pi. xiv; 1869, p. 53, pi. ii); Recherches et Observations lépidoptérologiques {Ann. Soc. entom. Fr. 1872, pi. xv). — Ch. Oberthur, Etudes d'entomol., faune des Lépidoptères d'Algérie, juil- let, 1876 avec, U pi. col. (Rennes); Nouveaux Lépidoptères de la Chine^ novembre 1876, avec i pi. col. (Rennes); Etudes sur les Lépidoptères recueillis à Dorci (Nouvelle-Guinée) {Ann. del Museo civico di sloria naturale diGenova, t. .XII, p. 451). — Paul Mabille, Note sur une collection de Lépidoptères de Madagascar (le Naturaliste, n" 3, 1879). — A. Butler, On Heterocereous Lepidoptera collected in the Havxiian Islands (Entomol. monthly Magaz., t. XV, 269). — Roll, Ueber Dimorpliismus und Variation einiger Schmetterlinge Nord-Amerika's (Verhandlungen des Vereins fiir Natur. Unterh. zu Hamburg, 1876, p. 135). — Harpur Crevé, Note on the Lepidoptera of the Scilly isles (Entom. monthly Magaz., t. XIV, p. 163). — S. H. Scudder (1), Remarks on the distribution of Butterflies in North America (Proceed. Boston Soc. Nat. History, 1863, t. IX, p. 178); A List of the Bulterflies of New-England (Proceed. Essex Inst., 1863, t. III, p. 161- 1791); List of the Butterllies of Labrador (Proc. Boston Soc. Nat. History, 1866-1867, t. XI, p. 32-33); Notice of some new Butterflies from Jowa (Proc. Boston Soc. Nat. Hist., 1868, t. XI, p. ZiOl); Neiv Work on the Butterflies of New-England (Canadian Entomologiste 1869, t. I,p.82); The Butterllies of New-Enyland {American Saturalist, i86'.), t. 111, p. 212-213); Report upon a Collection of diurnal Lepidoptera made in Alaska by the scientific Corps of the Russo- American telegraph Expédition {Proceed. Boston Soc. Natur. Hist., IS69, t. XII, p. àOU-hOS); Food Plants of New-England Butterflies {American Naturalist, 1869 t. III, 330-331); On the embryonic larvœ of Butterflies (Entomol. monthly Magaz., 1871, t. VIII, p. 122-126); Rearing Butterflies from the Egg [Canadian Entomologist, 1 870, t. II , p. 1 57) ; A new Catalogue (if Ratter(lies (American naturalist, 1871, t. V, p. 788-789) (ce sont des remarques relatives au Catalogue des Lépidoptères diurnes de Kirby) ; A Systematic Revision of some of the American Butterflies, with (1) Nous réunissons ici un grand nombre des travaux du célèbre entomologiste américain relatifs à la faune des Lépidoptères de l'Amérique du Nord. 152 LÉPIDOPTÈRES. brief Notes on those known to occur in Essex County, Mass. (Fourth annual Report, 1871; Peabody Acad. Se. Salnn, Massachusetts, 1872, p. 2/i-33); The food Plants of Europœan Butterflies {Canadian Entomoloyist, 187/i, t. VI, p. 21-25 et 126-127); Description of some Labradorian Butterflies {Proceed. Boston Soc. Nat. H ist., 1875, t. XVII, p. 29[i-3ilx)\Edward's Butter- flies of North America (American Naturaliste 1876, t. X, p. 108-109); Anti- geny, or sexual Dimorphism in Butterflies {Proceed. Amer. Acad. Arts and Se, 1877, t. XII, p. 150-158); Notice of the Butterflies coUected by D' Ed- ward Palmer in the arid régions of Southern Utah and Northern Arizona during the summer of 1877 {Bull. Unit. St. Geol. Geogr. Surveij Territ., 1878, t. IV, 253-258). — Roland Trimen, Rhopalocera Africœ australis, 2 vol. in-S» (Gape-town, 18Zi2). — A. Gueiiée, Lépidoptères de l'île de la Réunion {Notes sur Vîle de la Réunion, par L. Maillard, t. II, Paris, 1863). — D'' }io\%(\\x\di\, Lépidoptères de la Californie {Ann. Soc. entom. Fr., 1875, t. X, p. 275). — 0. Staudinger, Lepidopterea des Russlaiids {Stettin entomol. Zeitung, 1879). — Crieger, Australian Rhopaloceren {Stettin entom. Zeit., 1879). — P. Mabille, Recensement des Lépidoptères liétérocères de Madagascar (Ann. Soc. entom. France, 1879, p. 291). Après la distribution géographique des animaux actuels se placent naturellement les formes fossiles, c'est-à-dire leur répartilion aux an- ciennes époques géologiques, souvent fort différente de celle d'aujour- d'hui, par suite de climats très divers. On comprend aisément que les Lépidoptères fossiles doivent être très rares, pour la même raison qui rend si peu abondants les fossiles d'Oiseaux. Ces insectes ne volent pas souvent au-dessus des eaux, et il n'y a que quelques sujets accidentel- lement tombés à Teau qui peuvent être enfouis dans les sédiments, quand ils ont échappé à une foule d'animaux aquatiques dont ils sont la proie. Les chenilles ne vivent pas dans l'eau, sauf celles du genre Hydrocampa, assemblant des feuilles de plantes aquatiques, et celle d'un Bombycien découvert à Cayenne par M. G. Bar. On éprouve en outre des difficultés à distinguer les empreintes alaires de Lépido- ptères de celles de Locustiens du groupe des Ptérocliroses, ou de cer- tains Libelluliens ou de Myrméléoniens, etc. Un des Lépidoptères fos- siles les premiers connus est un Nymphalicn, le Cyllo sepulta, Boisd., rencontré dans les marnes insectifères d'Aix en Provence. Ce genre est actuellement de Madagascar et du Mozambique, du Bengale, de Chine, des îles Sondaïques et d'Australie. Les Lépidoptères des anciennes épo- ques géologiques avaient les mêmes métamorphoses complètes que de nos jours. Dans l'ouvrage de M. S. Scudder sur les Papillons fossiles, cet auteur fixe à neuf le nombre d'espèces dont jusqu'ici des empreintes ont été retrouvées ; il ne mentionne aucun reste de chenille. Or, MM. Daudet et Goossens, en 1870, ont trouvé, dans les gypses des envi- rons d'Aix en Provence, dans un morceau d'argile fendu en deux par clivage, une empreinte, reproduite des deux côtés, d'une chenille à tête grosse, à poils courts et serrés, agglutinés en petits faisceaux par LÉPIDOPTÈRES. 153 l'action de l'eau. Ils y ont reconnu une chenille de Rhopalocère, pro- bablement d'un Satyridc, et M. Daudet a établi l'espùce sous le nom de Satyrites incertus, Daudet, On consultera pour les Lépidoptères fos- siles : D"" Boisduval, Rapport sur une empreinte de Lépidoptère fossile trouvée dans les marnes des environs d'Aix en Provence (Ann. Soc. entom. Fr., 18/iiO, t. IX, p. 371 et pi. vni). — H. Daudet, Description d'une che- nille fossile trouvée dans le calcaire d\'iix en Provence {Revue et Magasin de zool., 1876, p. /il5, pi. xvii). Un des travaux les plus complets et les plus récents sur ce sujet est : S. H. Scuder, Fossil Butterflies {Memoirs ofthe American Association, Salera, .Massachusetts, 1875). Il nous reste, pour terminer d'une manière utile aux entomolo- gistes les généralités sur l'ordre des Lépidoptères, à leur présenter une nomenclature des travaux les plus intéressants à consulter ; nous écartons, suivant l'habitude de cet ouvrage, les documents trop anciens, qui sont surabondamment indiqués dans la plupart des livres que nous citons. BiiiiUogi-aiiiiie génôraie. — Jacob Hubner, Sammlung europœischer Schnielterlinge (Aug^bourg, 1805); Geschichte europœischer Schmetterlinge (chenilles, chrysalides et plantes nourricières) (Augsbourg, 1796); Sammlung exotischer Schmetterlinge (Augsbourg, 1806j; divers Supplé- ments aux exotiques par C. tieyer (Augsbourg, 1818 à 1837), et des catalogues tirés de Hubner par C. Geyer (Augsbourg, 18'2'2). Ces ou- vrages sont accompagnés de nombreuses planches coloriées. — Pierre Cramer (texte iioUandais et français), Papillons exotiques des trois parties du monde : l'Asie, l'Afrique et l'Amérique', k ^ol., 1879, et un supplément par Stoll, 1790. — J. Christian Sepp, Beschouving der ]Von- deren Gods in de Minstgeachte Schepselen of Nederlandsche Insekten, 8 vol. petit in-/i", Amsterdam, sans date. C'est une iconographie de Papillons d'Europe, et de chenilles, chrysalides et œufs, eu hollandais, connnencée dès la fin du dix-huitième siècle, et encore en cours de publication par divers. — Ochsenheimer, Die Schmetterlinge von Eu- ropa, Leipzig, 1807-1816. — Treitschke, Die Schmettirlinge von Europa {Fortsetzung des Ochsenheimerschen Werk's), Leipzig, 1825 (c'est une suite et un complément d(! l'ouvrage précédent). — llavvorth, Lepi- doplera Britannica, London, 1803-1829. — .Meigen, Syslemalische Bear- beitung der europœischen Schmetterlinge, Aachen und Leipzig, 1829- 183-'. — M. J. A. Boisduval, Europœorum Lepidopterorum Iidex methodicus, pars prima, sislens gênera Papilio, Sphinx, Bombyx et Noctua, Linn.; Parisiis, 1829, Méquignon-Marvis et Crochard, in-S". — Godard et Duponchel (1), Histoire naturelle des Lépidoptères ou Papillons (1) Duponctiel, coiitinualeur de Godard, est l'auteur de la plus grande partie de eut ouvrage, à partir du tome VI, ouvrage qui est encore le plus important travail descriptif des Lépidoptères de France. 154 LÉPIDOPTÈRES. de France, Paris, Crevot, puis Méquignon-Marvis, 15 vol. in-S", avec fig. col., dont k de Supplément, 1821 à 18^2. — Duponchel, Icono- graphie des chenilles, 2 vol. in-S" : Diurnes, 1832; Crépusculaires et Noc- turnes, sans date ni pagination, Paris, Méquignon-Marvis; Catalogue méthodique des Lépidoptères d' Europe, 1 vol. in-8'', ISZiû, Paris, Méqui- gnon-Marvis. — Boisduval, Rambur et de Graslin, Collection iconogra- phique et historique des chenilles d'Europe, 1832-1 8/i3. Paris, Roret, inachevé, à fasc. de texte, Zi fasc. de pi. col. — J. J. Schott, Raupenka- lender, etc. (indication systématique des chenilles d'Allemagne), 8 pi., Francfort, 1829; Sc/imp^\.); Aniînaux nouveaux ou rares recueillis pendant l'expédition dans les parties centrales de l'Amérique du Sud, de liio-Ganaro à Lima et de Lima au Para : Entomologie, 1 vol. LÉPinOPTfeRES. 155 in-Zi" et un atlas de 18 pi., 1856 (dans cet ouvrage, deux planches sont consacrées aux Lépidopt.); Histoire physique, politique et naturelle de l'île de Cuba : Arachnides, Myriapodes, Lépiiloptèreset Hyménoptères, 1 vol. in-S" et un atlas in-folio, 1857, Paris, Arthus-Hertrand, libr.-édit. (les Lépidopt("'res, dans cet ouvrage, comprennent k pi.). — D'' Boisduval, Species général des Lépidoptères (Roret, Paris, Suites à Buffon), 1"'' vol. in-S", avec pi. col., 1836 (inachevé), comprenait dans les Rhopalocères une partie des Succincti, notamment les genres Ornithoptera, Papilio, Thais, Doritis, Parnassius, Leptalis, Leucophasia, Pieris, Zegris, Antho- charis, Rhodocera, Callidryas, Colias, etc. ; Species génér. des Lépidopt. (Suites à Buffon) ; Hétéroceres : Sphingides, Sésiides, Castnides, t. I""", avec pi. col., ISVZi. —A. Guenée, Species gén. des Lépidopt. {Suites à Buffon), Paris, Roret, 6 vol. in-8'', avec pi. col. : Noctuélites, t. I", 1852, t. II, 1852, t. III, 1S52; Uranides et Phalénides, t. h', 1857, t. II, 1857; Deltoïdes et Pyralid'S, 185'i (dans la tomaison générale, 5, 6, 7, 8, 9, 10). — A. Guenée, Essai sur une classification des Microlépidoptères (Ann. Soc. entom. Fr., 18Zt5). — H. T. Stainton, Insecta Britannica Lepi- doptira, London, 185^-1860; H. T. Stainton, avec collaboration de Zeller, Douglas et Frey, The Natural History of the Tineina, London, 1855, t. I à t. XII, 1870, en quatre langues : anglais, français, alle- mand et latin, avec nombreuses pi. col. (c'est un ouvrage classique pour les Microlépid.). — H. Frey, Die Schiveizerischen Microlepidopteren {Mit- theilungen der Schweiz. entomol. Gesellsch., Schaffhouse, 1867, p. 286. — E. Berce, Faune entomol. française (Lépidoptères, des Rh(jpalocères aux Phalénides, inclusivement, 5 vol. in-12, avec pi. col., 1867 à 1873, Paris, E. Deyrolle. — Maurice Sand et Depuiset, le Monde des Papil- lons, deux parties : Mœurs et Classification ; Paris, Rothschild. — A. Du- bois, les Lépidoptères de VEurope, leurs chenilles et leurs chrysalides, Paris, E. Deyrolle. — Pierre Millière, Iconographie et Description de chenilles et Lépidoptères inédits (extr. des Ann. Soc. Linnéenne de Lyon), 3 vol.: t. I, 1859 à 186Zi, t. Il, 186/i à 1868, t. III, 1869 à 1874. — E. Doubleday et J. 0. Westwood, The Gênera of Butterflies, or Diurnal Lepidoptera, comprising their generic Characters, a Notice of their habits and transformations, and a Catalogue of the Species of each. genus, illustrated loith 86 coloured plates from draioing by W. C. Hewitson, 2 vol., London, 18^6 à 1852. — W. C. Hewitson, Illustrations of neio Species of exiitic Butterjlies, selected from the collect. of W. Saunders and W. C. Hewitson (avec pi. col. et descriptions des espèces), 5 vol. in-Zi", London, 1851 à 1876 ; Illustrations of Diurnal Lepidoptera, London, 1862 à 1878. — Catalog. der Lepidopteren des europœischen Faunengebiets : Macrolepidoptera, par le D' 0. Staudinger ; Microlepidoptera, par le D' M. Wocke; Dresde, 1871, in-8". — W. E. Kirby, A Synonymie Catalogue of Diurnal Lepidoptera, in-S", London, 1871, et un supplément, 1877. — Cajetan Felder et Rudolph Felder, Lépidoptères du voyage de la No- vara: Rhopalocera, 1 vol. texte et 1 vol. pi., Wien, 186i à 1867 ; Ilete- 156 LÉPIDOPTÈRES. rocera, 1 vol. pi. seulement, avec collaboration de A. F. Rogenhofor, Wien, I86/1 à 1875. — S. H. Scudder, Historical Sketch of the gêner ic naines proposed fur Butter (lies {Proceedings of the American Academy of arts and Sciettces, Boston, vol. X, Salem, Massachusetts, 1875). — Ovven S. Wilson, The Larvœ of the British Lepidoptera and iheir fuod Plants, avec pi. col., î.oiidon, Reeve and C", 1879. Catalogues locaux. Cantener, Catalogue des Lépidoptères du Var, Roret, LevrauU, 1833; Histoire naturelle des Lépidoptères Rlwpalocéres, ou Papillons diurnes des départements du Haut et Bas-Bhin, de la Moselle, de la Meurthe et des Vosges, Paris, Roret, 183Z|. — Dujardin, Catalogue des Lépidoptères des environs d'' Amiens (bassin de la SommeJ, Abbeville, I8Z1O. — Bruand d'Uzelles, Catalogue systématique des Lépidoptères du Doubs, Besançon, 18kl\ à 1851 . — Rambur, Catalogue des Lépidoptères de la Corse {Ann. Soc. entom. de France, ISo^, t.I, p.2/i5,et l;<33,t. II, p. 7. — Abbé Désiré Pinart, les Papillons du département de l'Oise, catalogue méthodique des Lépido- ptères (autographie), Beauvais, 18/i7. — Depuiset et DeyroUe, Catalogue méthodique des Lépidoptères d'Europe, Paris. — Guillemot, Catalogue des Lépidopteresdu département du Puy-de-Dume, Clermont,185Zi, supplémeni, 1858 ; Observations sur les Lépidoptères du printemps des environs d'Hyères, comparés à ceux d'Auvergne. Vingt-cinq jours de chasse aux Lépidoptères à Barcelonnette et à Larc/ie (Basses-Alpes). — W. L. Kirby, Catalogue des Lépidoptères d'Europe, dont les chenilles ne sont pas connues ou r(e le sont qu'imparfaitement {Ann. Soc. entom. de Fr., 1855. p. 320). — G. Viret, Catalogue des Lépidoptères du département de la Seine-Inférieure : Bhopalocères, Rouen. 187/i; Hétéroceres, Rouen, 1876. --Le Roi, Cata- logue des Lépidoptères du département du Nord, Lille, 1871. — A. d'Aubusson, Catalogue des Lépidoptères de la Haule-Garonne {Bull. Soc. lust. nat. deTou- louse, 1868}. — W. J. Griffith, Catalogue raisonné des Lépidoptères du Morbihan {Soc. polymathique du Morbihan, Vannes, 1873). — A. Foucarl, Catalogue méthodique et raisonné des Lépidoptères des environs de Douai, Douai, 1876. — A. Guenée, Statistique scientifique des Lépidoptères d'Eure- et-Loir, Chartres, 1875. — Bellier de la Chavignerie, Observations sur les Lépidoptères des Basses-Alpes {Aim. Soc. entom. de France, 185/i, p. 29; 1856, p. 5; 1857, p. 587; 1859, p. 177); Observations sur quelques Lépidoptères d'Islande {Anîi. Soc. entom. de France, 1 857, p . 5) ; Observations sur la faune entom. de la Sicile {Ann. Soc. entom. de Fr.); Catalogue des Lépidoptères observés en Sicile {Ann. Soc. entom. de Fr., 1860, p. 705) ; Sur les Lépido- ptères observés en Auvergne {Ann. Soc. entom. Fr., 1858, p. 73). — Berce, Catalogue méthodique des Lépidoptères de France, décrits dans la faune française (ne comprend pas les Microlépidoplcres), Paris, L. Dcyrolle. — Trimoulet, Catalogue des Lépidoptères de la Gironde {Actes de la Soc. Linn- de Bordeaux, t. XII, 3' série, t. Il, 1''^ livraison, 1" avril 1858). — Bel- LÉPIDOPTÈRES. 157 lier de laChavignerie et Guillemot, Lépidoptères de la Lozère non signalés par Duponchel {Ann. Soc.entoin. de France, 1851, p. 631.) — A. Fauvel, Irs Lépidoptères du Calvados {sManuel descriptif, l'^ partie, Diurnes et Cré- pusculaires), br. in-/i, Cacn, I86.J. — G. Jourdheuille et J. Roy, Liste des Microlépidoptères recueillis dans le département de l'Aube, Troyes, 1865. — H. de Peyerimliofl', Catalogne des Lépidoptères d'Alsace, Juin 1862. — P. Minière, Catalogue raisonné des Lépidoptères des Alpes-Maritimes, 3 fasc, Cannes, 1871, 1873, 1876. — A. Gonstant, Catalogue des Lépido- ptères du département de Saône-et-Loirc (publication de la Soc. Educnne), Autun, 1866. — Paul MdhiWo, Catalogue des Lépidoptères de la côte occi- dentale d'Afrique (Sociéié zoologiquc de France, trois articles, 1877-78). — P. Minière, Iconographie et Description de Lépidoptères inédits, avec 1 planche col. {Ann. Société Linnéenne de Lyon, 1878j; Lépidoptérologie, avec 2 pi. col. {Mémoires de la Société des sciences nat. et hist., des lettres et des beaux-arts de Cannes, 1878;. — Maurice Sand, Catalogue raisonné des Lépidoptères du Bcrry et de l'Auvergne (France centrale), Paris, 1879, E. Deyrolie. Cet excellent catalogue contient de précieux renseignements sur les mœurs et les localités; il est très utile pour la liste fort étendue des Microlépidoptères. — C. Jourdheuille, Calendrier du Mirrolépido- ptériste : recherche des chenilles {Ann. Soc. entom. de France, 1869, t. IX, p. 533). — Marquis de Lafitole, Calendrier lépidoptérologique (Chenilles) [le Xaturalistc, 1879). — Catalogue des Lépidoptères de la Somme (Ann. Suc, Liiin. du Nord, 1877). — Roudaire, Catalogue des Lépidoptères de la Creuse. -De Sélys-Longchamps, Ènumération des Insectes lépidoptères de la Bel- gique {Mémoires de la Soc. royale des se. de Liège, 18Zi5j. — Divers auteurs. Catalogue des Insectes lépidoptères de la Belgique {Ann. Soc. entom. de Bel- gique, 1857, t. 1, p. 1). — De Fré, Catalogue des Microlépidoptères de la Belgique {Ann. Soc. entom. de Belgique, 1857, t. 1-% p. Zi5). — Gliiliani, Lepidopteri negli Stati Sardi, Y iivin, Imprimerie royale, 1851. — List of the Spécimens of Brilish Animais in the collection of the British Muséum : Lepidoplera, 1 lasc, J. Fr. Stephens, London, 185G; Micro- lepidoptera, 3 fasc, J. Edw. Cray, London, 1852-5/i. — D' Boisduval, Lépidoptères de la Californie {Ann. Soc. entom. de Belgique, t. Xll) ; Con- sidérai ions sur les Lépidoptères envoyés du Guatemala à M. de rOrza, 1870. — S. H. 'Scuddci , Sy nony mie List of the Butterjlies ofXurth America, JS'orlh of Mexico {Bull, of the Bujfalo Soc. of Saturai Science) : Nymphales, 1875; Rurales, 1876. — A. Curo, Saggio d(' un Catalogo dei Lepidoteri d'Italia {Bullttino délia Soc. enlomol. italiana, t. IX, 3" trira., p.:25'2; t. .\, 3' trim. , p. 189, suite; /i« trira., p. 229, suite). — Seebold, Catalogo de los Lepi- dopteros observadus en los alrededores de Bilbao, I pi. noÏTe {Anal, de la Soc. espaiiola de hist. natural, t. Vlll, p. 97. — 1)'' Seriziat, Catalogue des Lépidoptères des environs de Collo [Algérie). Nous citerons cnlin, pour terminer los généralités sur la classification des Lépidoptères, un important travail de Duponchel : Mémoire sur la i58 LÉPIDOPTÈRES. question de savoir si les caractères fournis par les chenilles des Lépido- ptères doivent prévaloir sur ceux tirés de l'insecte parfait dans une bonne classification de cet ordre {Ann. Société entomologique de France, 1837, t. VI, p. Ml, et 1838, t. VII, p. 2Zi7), et la réponse de M. A. Guenéc {op. cit., 1838, t. Vil, p. 231). Dans un traité élémentaire ces questions de philosophie naturelle ne peuvent trouver place ; notre opinion est que les caractères tirés des adultes doivent prévaloir, sauf de très rares cas de développement récurrent, que n'offrent pas les Lépidoptères. La polémique anciennement soulevée entre Duponchel et M. Guenéc se rapporte à une question générale, propre à tous les animaux à méta- morphoses. La forme adulte a l'avantage sur la forme larvaire de pré- senter les caractères sexuels, et en outre la séparation des sexes, presque toujours nulle chez les larves ; de là un élément de plus pour la distinction des espèces. Il faut remarquer que les caractères tirés de la reproduction, et par suite de la forme adulte, sont véritablement dominateurs dans toute la zoologie, soit pour distinguer les espèces, soit pour établir les groupes de divers degrés. Cela se comprend, en quelque sorte à priori, si l'on réfléchit que la reproduction est la fonction suprême des êtres vivants, à laquelle la nature a tout subor- donné. Comme les adultes sont en général plus consistants dans leurs téguments que les larves, ils sont dans de meilleures conditions pour la fossilisation (enfouissement sous les eaux), de sorte que les fossiles, si importants à comparer aux formes actuelles, appartiennent presque exclusivement aux états adultes. Enfin la récolte des adultes chez les Insectes, où ils sont seuls pourvus d'ailes, est plus générale et plus rapide que celle des larves; celles-ci, souvent molles et peu consistantes, se conservent mal. Pour ces raisons, presque tous les voyageurs ne rapportent des pays lointains que des insectes adultes; presque tous les genres et les espèces de Lépidoptères exotiques por- tent la mention : « Chenilles, et chrysalides inconnues » . Dans cet ouvrage nous donnons la préférence et en première ligne, pour les genres et pour les espèces, aux caractères de l'état adulte, puis à ceux des états larvaires en second rang. Nous n'avons pas besoin de dire qu'il faut réunir, quand on le peut, ces doubles caractères, et qu'on a ainsi une détermination meilleure et plus complète. CLASSIFICATION DES LÉPIDOPTÈRES I. — Légion des RIIOPALOCÈRES. Antennes plus ou moins renflées à leur extrémité. Les quatre ailes, ou au moins les supérieures, ordinairement conniventes, et relevées plus ou moins perpendiculaires au corps dans le repos. Point d'yeux lisses ou stemmatcs, sauf de très rares exceptions. Point de crin au bord antérieur des ailes inférieures. Vol diurne. CesPapillons se subdivisent assez naturellement, avec certaines excep- tions, en trois groupes, d'après la manière dont les chrysalides sont attachées par les chenilles dont elles proviennent. Les exceptions peu- vent être assez considérables pour les genres exotiques dont les méta- morphoses sont inconnues pour la plupart; nous conserverons toutefois ce groupement en prévenant qu'il s'applique surtout aux espèces euro- péennes. Les Succincts {Succinct i] ont les chrysalides attachées à la fois par la queue et par un lien en forme de ceinture, constitué par plu- sieurs fils de soie accolés. Ce sont les tribus des Papilioniens et des Lycéniens. Réaumur a décrit avec de grands détails les manœuvres des chenilles qui recourent à cette double fixation. La chenille file d'a- bord, à l'endroit où elle veut s'attacher, un petit faisceau de soie qui enveloppe les crochets des pattes anales elles retient. Puis la chenille, ainsi adhérente par ses dernières pattes, se tient seulement sur les autres pattes membraneuses et redresse le plus possible sa tète et le thorax ; portant alors la tète vers le flanc, à la hauteur de la première paire de pattes membraneuses, elle cherche un point où elle fixe un fil, dont la seconde extrémité sera établie à la même hauteur, de l'autre côté de son corps. Pour donner à cet anneau transverse le diamètre nécessaire, elle maintient le centre du fil sur ses pattes thoraciques jusqu'au moment où cette ceinture, par des additions successives de brins de soie, a acquis la solidité suftisante. C'est alors seulement que la chenille engage sa tête dans le lien demi-circulaire qu'elle a façonné, et parvient, par des mouvements de contraction, à l'élever jusqu'au milieu deson corps. Cet anneau maintiendra lachrysalide; assez souple pour ne pas gêner la nymphose, servant en outre de point d'appui pour l'adulte, lorsqu'il sort de la chrysalide. Lu autre groupe, les Sus[)en- dus (Suspcnsi), correspondauts à la tribu des .Nyraphaliens, présente les chrysalides suspendues seulement par le pinceau de fils de soie eau- 160 LÉPIDOPTfcRES. dal. Enfin les Enroulés (Involuti), qui formeront la tribu des Hespériens, offrent les chrysalides enveloppées dans les feuilles roulées, maintenues par un léger tissu comme une toile d'Araignée, attachées par la queue, et souvent, en outre, par un ou plusieurs fils transversaux. M. Guenée subdivise les Rhopalocères en deux grandes divisions, les Bicalcarati et les Quadricalcarati. Les premiers comprennent les tribus des INymphaliens, desLycéniens et des Papilioniens. Les papillons n'ont aux pattes qu'une seule paire d'éperons ; leurs antennes sont terminées par une massue sans crochet. Us volent en plein soleil, et au repos ils appliquent leurs quatre ailes l'une contre l'autre, dans le même plan. Les chenilles vivent généralement en plein air. L'ordre des tribus que nous adoptons pour les Bicalcarati n'est pas celui qui est le plus habituel aux collectionneurs de France, qui mettent en tête de leurs collections le genre Papilio, ce qui amène à commencer l'étude des Rhopalocères par la tribu des Papilioniens. En opérant ainsi, on est obligé d'intercaler une tribu de tétrapodes, à quatre pattes seulement propres à la marche (Nymphaliens), entre deux tribus /tea-opoc/fs (Lycéniens et Papilioniens), dont les six pattes servent à la locomotion sur le sol ou sur les appuis. On arrive enfin aux Hespériens, ou Quadricalcarati, Guenée, dont la place, à la fin des Rhopalocères, n'a jamais été mise en question. Or cette dernière tribu est hexapode. L'ordre que nous adoptons en com- mençant par les Tétrapodes groupe ensemble ensuite tous les Hexa- podes, ce qui amène naturellement aux Hétérocères, dont les six pattes sont toujours ambulatoires. Nous disposons les Papilioniens immédia- tement avant les Hespériens. Ceux-ci, en effet, ont des analogies mé- diocres par les espèces européennes; mais il en est autrement pour les exotiques, dont beaucoup ont de longues queues aux ailes infé- rieures, à la façon du genre Papilio. En outre les chenilles des Parnas- sius, dans les Papilioniens, s'enveloppent d'un léger réseau soyeux, lors de la nymphose, à la façon des chenilles des Hespériens. La divi- sion en Tétrapodes et Hexapodes est celle adoptée par M. G. Bar (1) dans un récent et remarquable travail; nous sommes d'accord avec cet auteur pour la plupart des familles, sans attacher du reste d'im- portance à ces détails. Ainsi nous laissons les Libythéides dans les ^ymphaliens, tandis que M. G. Bar les place avec les Erycinides, famille de la tribu des Lycéniens pour nous; notre excuse nous est fournie par M. G. Bar lui-même, page 29 : « Le genre Libytheaesl peut-être, de tous les Lé[iidoplères Rhopalocères, le plus inévitablement aberrant; c'est, comme je le dis ailleurs, une difficulté jetée comme à plaisir par la nature dans le champ des méthodistes : quelque part qu'on le place, il vient tout déranger. » (1) Constant Bar (de Cayenne), Note critique sur les différents systèmes de classification des Lépidoptères lihopalvcères, établis depuis l'époque de Latreille {A7m. Soc. eulom. de France, 1878, t. VII, p. 1 à 30). LÉPIDOPTÈRES. 1^1 liit'ii avant M. C. Bar, Bruaiidd'Uzellcs avaitproposé une, classificalion (les Lépidoptères Rhopalocères, de manière à ne pas avoir d'interrup- lion sériale sous le rapport des pattes ambulatoires (Procès-verbaux de la Société philomafhiquc, 185Zi, p. 31j. Il commence, comme M. C. Bar, la division à quatre pattes ambulatoires par les Satijridœ, puis les Nijmplialidœ et les Att/yiinidœ, à la fin desquels il laisse le genre aberrant des Libythea. Les Hhopalocùres à six pattes ambulatoires comprenneui les Polyommatidœ (genres Polyommatus, Lycœna, Thecla), les Pieridœ igenTe& Gonoptcryœ ou Rhodocera, Collas, Anthocharis, Zeqris, Leucophasia, /'/em, se terminantpar P/?r/s ou Leucunea Crata'yi), puis les Parnassidœ (genres />)or///s, commençant ])av immaciilatus formant passaget^;f!/'a/«'^/, Parnassius,Thais);cnRn\es Papilionidœ (genre Papilio), puis'les Hespe- ridœ. Comme on le voit, cette classification ne se rapporte qu'aux es- pèces européennes; les exotiques peuvent la modifier dans ses détails. Tribu des i\yiiphaliei%s ou tétrapodes. Cette tribu, composée de plusieurs familles fort distinctes, se trouve par suite dénuée de nombreux caractères généraux. A peu d'exceptions près, dans les deux sexes ou seulement chez les mâles, les pattes ambu- latoires sont au nombre de quatre seulement, les antérieures restant rudimentaircs et impropres à la marche. Cete tribu correspond aux Sus- pendus (Suspensi) du D' Boisduval, car les chrysalides pendent verli. calcment, attachées seulement au support par un faisceau soyeux au bout de la queue. Tête généralement plus étroite que le thorax ; massue des antennes allongée, peu épaisse et se 'confondant insensiblement avec la tige. Yeux glabres et bordés inférieurement d'une paupière blanche. Ailes inférieures ayant la cellule discoïdale ouverte le plus souvent, cl le bord interne plus ou moins profondément creusé en gouttière pour recevoir l'abdomen. — Chenilles à peau chagrinée, ayant tantôt des épines ou des tubercules épineux sur le dos, tantôt avec la tète épineuse seulement. — Chysalides plus ou moins carénées, portant généralement sur le dos une protubérance déprimée latéralement, quelques-unes ornées de taches métalliques. Les espèces de la tribu des Nymphaliens sont très nombreuses et paraissent répandues dans toutes les parties du monde, en bien plus grande quantité dans les régions chaudes. C'est aux Nymphalionsqu'ap- particiment les plus beau\ Papillons, et l'on peut dire les plus splen- dides insectes du monde entier, les Morplio, des pays les plus chauds de l'Amérique. En Europe, nous n'avons comparativement qu'une quantité restreinte d'espèces de Nymphaliens, mais c'est également à cette tribu que se rattachent les plus remarquables de nos Papillons diurnes par l'éclat de leurs couleurs. GIRARD. m. — 11 162 LÉPIDOPTÈRES. AGERONIDES. Palpes contigus, longs, ascemlants. Cellule discoïdale des ailes infé- rieures fermée; ailes inférieures ayant le bord abdominal 1res déve- loppé, enfermant complètement un abdomen court et peu épais. Les six pattes développées, les antérieures imparfaites, à tarses des mdles cou- verts de longs poils, subcylindriques, composés d'un seul article, sans crochets, tarses antérieurs de la femelle écaillcux, composés de cinq articles ; crochets des tarses un peu bifides. — Chrysalides allongées, mu- nies de prolongements épineux, suspendues par la queue et par un lien ceinturai. — Chenilles non décrites. La famille des Agéronides, de place zoologique difficile et incertaine, ne renferme que le genre Aueronia, Doubleday, (syn. : Peridromia, E. Blan- chard, Amphichlora, Boisduval, Nyinphalis, Godart). Il comprend une dizaine d'espèces, à ailes très tachetées de noir, de blanc, de vert, avec des bordures d'ocelles verts. Ces espèces, dont les principales sont .1. Feronia, Hubner, très commune à la Guyane près des habitations, A.formax, Hubn., ont pour patrie le Mexique, le Venezuela, lesGuyanes et le Brésil. Ce sont des Papillons doués d'un vol très rapide, mais de courte durée, accompagné d'un bruit qui peut être comparé au frôle- ment d'un parchemin sec. Ils fréquentent les bois d'Orangers et se plai- sent à se reposer à chaque instant sur les troncs de ces arbres, les ailes étalées, se laissant prendre à la main. Lacordairc fait remarquer que, contrairement à certains auteurs, le genre Ageronia o\\ les genres qui en dérivent doivent être retranchés de la tribu des Nymphaliens, parce que la cellule discoïdale des secondes ailes est fermée et que la chry- salide est suspendue et ceinturée par un iil, comme celle des Papilio; d'autre part, il y a un degré d'imperfection dans les pattes antérieures des milles, ce qui fait une exception en sens inverse. La place me paraît ad libitum. LIBYTHÉIDES. Massue des antennes peu distincte de la tige, qui va en grossissant de la buse au sommet. Palpes très longs, contigus dans toute leur éten- due et en forme de bec dépassant beaucoup la tête. Ailes anguleuses, à cellule discoïdale des inférieures ouverte. Pattes ambulatoires au nombre de quatre chez les mâles, de six chez les femelles. — Chenilles dépourvues d'épines, légèrement carénées. Celte famillcj anormale comme la précédente et de place naturelle fort difficile, ne présente qu'un seul genre, d'Kurope, d'Amérique, de Madagascar et des îles Sondaïques. I.IKVTlir..\, l'abr. — Corps court. Palpes quatre fois aussi lougs que la tête, droits et contigus, larges à leur base, assez l'ortemcnt aplatis, très velus, ayant le troisième artlcletiès petit et pointu; antennes un peu moins lonyucs que le LIBYTHEA. 163 corps, droites, épaisses, cjiiiulroïdes. Tète aussi large que le tliorax. Yeux gros, saillants. Thorax allongé^ robuste. Ailes graiules, plus ou moins dentelées, le*» supérieures ayant le sommet tronqué, fortement échancrées à leur boni posté- rieur, les inférieures régulièrement dentées. Pattes courtes, velues, assez épaisses ; jambes et tarses garnis en dessous de très petites épines; tarses à articles peu distincts, à crochets écartés, petits, recourbés. Abdomen très cumiirimé et caché entièrement par les deux bords internes des ailc's inférieuri's, ipii forinrut gouttière au repos. — Chenilles inermes, légèrement puhescentes, de forme allongée et cylindrique, avec la tète sphérique. — Chrysalides non anguleuses, carénées sur le dos, terminées antérieurement en pointe mousse, sans taches métalliques. Ce geiiiu; u'ollre, en Europe, qu'une cspècC;, qui est de l'Europe mé- ridionale. I>lle existe en I'>aiice, sur le pourtour méditerranéen, et paraît en mars, puis en juin : c'est le L. Coltis, Fahr., à ailes brunes, les supérieures avec cinq taches fauves. La chenille vit sur le Micocou- lier {Cdtis mtstralis), et probablement aussi sur d'autres arbres, car on peut la nourrir avec le Cerisier, et le papillon existe près de Florac (Lozère), où il n'y a pas de Micocouliers, et aussi au mont Cenis, ù une hauteur où cet arbre ne croît plus. — Cette chenille se trouve on avril et mai, puis en juillet. Elle varie de livrée en changeant de peau. Après sa dernière mue, elle est pubescente, offrant alors deux variétés : la première est verte en entier, y compris les pattes et la tète, avec trois lignes longiliulinales blanches, ui\e dorsale et deux latérales, entre les- quelles sont placés des points noirs, groupés deux par deux sur chaque anneau. Chez l'autre variété, la ligne blanche latérale est remplacée par une bande couleur de chair pointillée de brun, et, de plus, les pattes soni noires et la tète d'un jaune terne. — La chrysalide est ovale, à angles arroudis, avec une seule pointe oblusc à la tète. Elle est de couleur verte, les fourreaux alaires bordés de blanc, et une ligne blanche sur la carène du dos. UANAIDES. Tète ronde; antennes graduellement terminées en massue. \eux ovales, proéminents. Palpes divergents, relevés, dépassant à peine le front, distinctement de trois articles. Thorax médiocrement robuste. Ailes larges, les supérieures allongées, à cellule diseoïdale fermée, les inférieures subovales, à cellule discoïdale fermée et à gouttière abdo- minale toujours ample. Pattes assez robustes, sauf celles de la première paire, allongées; la première paire imparfaite, avec des variations sui- vant le sexe ; les paires 2 et 3 ayant les jambes épineuses et à éperons peu développés; tarses ayant les cinq articles tous épineux en dessous et les crochets simjjles. Abdomen assez grêle, presque aussi laiicc que 16^ LÉPIDOPTÈRES. le bord abdominal des ailes inférieures. — Chenilles robustes, cyliu- droïdes, amincies antérieurement, offrant sur un ou plusieurs de leurs segments une paire de longs tentacules, grêles, flexibles, charnus, non rétractiles. — Chrysalides suspendues, courtes, lisses, un peu ovoïdes, contractées vers la partie médiane. Les Danaïdes ne comprennent que quelques genres, presque tous de l'ancien monde, surtout des îles de l'archipel indien, des parties chaudes de l'Asie, d'Australie, de la ÎVouvelle-Guinée, de certaines îles du Paci- fique, des îles Maurice et i>ourbon, le genre Danais seul à .peu près également des deux continents. l>.%!l.%l$n>, Lalr. — Antennes de la longueur de la moilic du corps, se terminant graduellemcnl en massue ovalaire. Bord interne des ailes supérieures rcctilignc. Pattes do la première paire ayant les cuisses et les jamttcs de la même longueur ; les tarses plus courts, ceux du mâle vaguement partagés en deux articles, ceux des femelles composés de quatre articles, le dernier souvent peu distinct, tous armés d'épines sur les côtés; crochets des tarses des autres paires longs, à peine recourbés. — Chenilles subcylindri(iues, se rétrécissant vers la tète, présen- tant, sur les troisième et dernier segments et quel(}uefois sur le sixième, des tentacules longs, charnus, non rétractiles. — Chrysalides suspendues, ovoïdes, rétrécies vers le milieu, à abdomen très-court, ayant quelques taches dorées. L'ancien et le nouveau continent renferment une quarantaine d'es- pèces du genre Danais, fréquentant les fleurs, surtout celles de la famille des Asclépiadées. Chaque continent ofl'rc une espèce type, et les deux sont analogues par les couleurs noirâtres et fauves, une lx)r- dure de taches blanches aux ailes des deux paires, une série de grandes macules blanches transversales vers le sommet noirâtre des ailes supé- rieures. On trouve dans l'ancien monde Z>. Chrysippus, Liim., et var. Alcippiis, Godart, répandue dans toute l'Afrique jusqu'au Cap, et de l'Asie Mineure jusqu'en Chine, se trouvant aux îles Canaries. Elle a existé pendant plusieurs années, au commencement du siècle, dans les environs de Naples, mais a été détruite par l'hiver de 1808, qui fui très-rigoureux dans l'extrême midi de l'Lurope. La chenille, qui vit sur plusieurs Asclépiadées, est d'un blanc violâtre, annelée de jaime et de noir, avec six tentacules noirs, deux sur le cou, deux sur le milieu du dos, les deux autres vers la partie anale; la tête a trois raies noires, dont l'intermédiaire tachetée de jaune près du front. La chrysalide est d'un jaune pâle, avec quebfues points dorés. L'espèce^ fondamentale amréicaine est D. Archippus, Fabr., se trouvant du Canada au sud du Hi-ésil, partoutoùcroissentles Asclépiadées. — Lachenille, qui se nourrit burtuiit (le VAsclepias Curassavica, est blanchâtre, avec des bandes jaunes et des raies noires Irunsverses, portant deux tentacules noirs et four- chus, un vers le cou, l'autre \(!rs la partie anale; les pattes sont égale- ment noires. — L;i chrysalide est obtuse, d'un ver' pâle, avec des lâches HliLICONlA. 165 dorées; elle est suspendue verticalement et par la queue au bord des rcuillcs. C'est en mai que paraît l'adulte aux Élafs-IJnis. Nous représentons une esp(>ce de Java, D. Eunicp, dodarl (pi. i.xxx, iig. /( ; Il (I, corps vu de profil; /i /j, patte antérieure; ti c, paltc posté- rieure; /i (I, extrémité grossie du tarse postérieur). Celte riclie espèce a les ailes supérieures d'un bleu sombre, avec de petites taches d'un bleu azuré vers le sommet, et, sous la cellule discoïdale, une grande fâche bleue, en ellipse échancrée avec un trait blanc interne ; les ailes inférieures d'un brun violacé comme le corps, avec deux taches bleues près du bord externe; toutes les ailes finomcnt lisérées de taches blanches allongées. HÉIJCOiNIDES. Tête large; antennes allongées, terminées graduellement en mas- sue. Yeux volumineux, proéminents. Palpes largement écartés à leur base, non convergents, relevés, plus longs que la tète, distinc- tement triarticulés. Thorax assez grêle. Ailes supérieures allon- gées, presque toujours arrondies à leur bord externe, rarement sub- triangulàircs, à cellule discoïdale toujours fermée, les inférieures beaucoup plus courtes que les supérieures, transversalement allon- gées, ovales, à cellule discoïdale toujours fermée, dépourvues de gout- tière abdominale. Pattes de la première paire imparfaites, quelquefois plus développées dans les femelles que dans les mâles; pattes des paires 2 et 3 presque toujours peu développées, leurs tarses à crochets simples. Abdomen allongé, grêle, quelquefois terminé en massue légère ou au contraire bien accentuée, ordinairement de la même longueur que le bord abdominal des ailes inférieures, parfois même un peu plus long. — Chenilles inconnues. — Chrysalides lisses, sus- pendues par leur partie postérieure. A l'exception du genre Flamadriias, qui existe dans les îles les plus orientales de l'archipel indien, ainsi que dans celles de la Polynésie, les nombreuses espèces des lléliconides, divisées en plusieurs geiu'es, habitent les régions chaudes de l'Amérique méridioiuile et les Antilles. IIKI.IC'O.VIA, Latr. — Tète large; antennes allongées, environ de la longueur (lu corps, graduellement terminées en massue et à articles peu dislincls. Yeux ovales, trcs-proémiuents. Palpes dépassant beaucoup le front, écailleux, munis de poils allongés, disséminés çà et là. Thorax médiocrement robuste. Ailes supérieures allongées, à lionl antérieur arrondi et à peu prés deux fois plus long que le bord extérieur, ipii est généralement arrondi, parfois anguleux; bord interne plus long que l'externe, lecpiel est légèrement sinueux. .Viles inférieures plus ou moins subo